La plume de Perrine Tripier, 25 ans, m'a bluffée dès les premières lignes – limpide, chaque mot ciselé, semblant cristalliser à lui seul un monde n’appartenant qu’à elle. Me voici donc dans un pays tout entier sous la coupe despotique d’un empereur. Martabée, historienne de renom, est appelée à travailler sur ce qui se profile... Lire la Suite →
Échappées, de Manon Jouniaux (Grasset, 2024)
Ce premier roman nous transporte dans un lieu étrange, la châtaigneraie où, à l’abri d’une forêt dense, des femmes ont trouvé refuge avec leurs enfants. Ce n’est pas un texte facile. Le rythme est lent, l’atmosphère onirique et déstabilisante, le registre essentiellement descriptif. Les chapitres s’égrènent et déroulent des scènes chargées de sens – fête,... Lire la Suite →
Ilaria ou la conquête de la désobéissance, de Gabriella Zalapi (Zoe, 2024)
L’histoire de ce père qui enlève sa fille à sa mère résonne avec certains faits divers. Mais ici, la cavale est racontée à hauteur d’enfant – une enfant qui voit son quotidien et ses repères voler en éclats. Direction : l’Italie des années de plomb, avec ses autoroutes, ses tunnels, ses stations-service, ses cafés et ses... Lire la Suite →
Les guerriers de l’hiver, de Olivier Norek (Michel Lafon, 2024)
Un peu à la manière de Ken Follett, Olivier Norek offre un récit romancé et incarné de la guerre d’Hiver qui opposa la Finlande à la Russie entre novembre 1939 et mars 1940. En lisant ces pages, on vit à hauteur de soldat, d’infirmière, de dignitaire ou de petite souris infiltrée dans l’état-major russe les... Lire la Suite →
La petite bonne, de Bérénice Pichat (Les Avrils, 2024)
Certain.e.s auteur.ice.s me sidèrent par leur capacité à développer une intrigue à partir de presque rien : un quasi huis-clos borné par une maison bourgeoise des années 1930, un trio de personnages – la petite bonne qui donne son titre au roman, son maître, sa maîtresse – et un élément perturbateur qui aurait pu rester insignifiant :... Lire la Suite →
Madelaine avant l’aube, de Sandrine Collette (Lattès, 2024)
Rentrée littéraire, huitième lecture ! Pas le moindre interstice, la plus infime marge ou fissure susceptible de laisser un peu de jeu : le monde imaginé par Sandrine Collette est verrouillé jusqu’au dernier centimètre carré, sous le joug des maîtres. On ignore si on a glissé dans un régime féodal du passé ou dans la noirceur d’un... Lire la Suite →
Le Sang des innocents, de S.A. Cosby (Sonatine, 2024)
Titus Crown a fort à faire à l’approche de la Foire d’automne. L’élection de l’ex-agent du FBI comme shérif du bien-nommé comté de Charon galvanise les suprémacistes locaux qui ne se remettent pas qu'un homme noir occupe ce poste. En face, au contraire, les contre-manifestants comptent sur lui pour endiguer les violences racistes – y... Lire la Suite →
De délicieux enfants, de Flore Vesco (L’école des loisirs, 2024)
« Une bouche pleine se tait, alors qu’une bouche vide… Ah ! ça oui, ils parlent ! » De délectables pages que celles mijotées par Flore Vesco ! L’as de la littérature ado n’a pas son pareil pour pulvériser les contes pour mieux en révéler les partis pris et les petites morales pénétrantes. Dès l’annonce de ce nouveau titre,... Lire la Suite →
La prophétie de Beatryce, de Kate DiCamillo (Seuil, 2023)
« Answelica était une chèvre dont les dents reflétaient les qualités d’âme – elles étaient solides, acérées et résolues ». Dès la première ligne, nous étions ravis. Les fidèles lecteurs de ce blog savent que nous sommes des amis des bêtes ! Et ce personnage de chèvre obstiné et imprévisible dont les moines de l’ordre des Chroniques... Lire la Suite →
Plastok, tome 1 : L’empoisonnement, de Maud Michel et Nciolas Signarbieux (Glénat, 2023)
Si vous demandez aux insectes, ils vous diront que les humains ressemblent à des dieux géants qui auraient tendance à s’autodétruire à coup de plastique et de produits toxiques. Si cela vous donne le bourdon, changez donc de perspective et venez butiner à Hexapoda ! Vous verrez qu'à cette échelle microscopique non plus, les développements géopolitiques... Lire la Suite →