Combien de traces laisserons-nous, nous qui vivons à l’ère numérique ? Une infinité ? Aucune ? En attendant, les flux continus de communication et la gestion « intelligente » du quotidien font partie intégrante de nos existences : on se souvient à peine comment on a fait sans. Thomas frôle ainsi la panique le jour où il découvre que son téléphone... Lire la Suite →
La tache, de Philip Roth (traduction française parue chez Gallimard en 2002)
« Mais en Amérique en général, ce fut l’été du marathon de la tartuferie : le spectre du terrorisme, qui avait remplacé celui du communisme comme menace majeure pour la sécurité du pays, laissait la place au spectre de la turlute ; un président des États-Unis, quadragénaire plein de verdeur, et une de ses employées, une drôlesse de... Lire la Suite →
Le ciel est immense, de Feurat Alani (Lattès, 2025)
« Toutes les familles ont un secret », « un silence qui prend discrètement de la place », « un souterrain », « un fantôme » écrit Feurat Alani en prologue. Et ce pan refoulé inspire grandement les écrivains contemporains : Adèle Yon, Laurent Mauvignier ou Emmanuel Carrère, pour ne citer qu’eux, ont en commun de se risquer à la lisière de l’histoire familiale,... Lire la Suite →
Pastorale américaine, de Philip Roth (Gallimard 1999, pour la traduction française)
L’écrivain Nathan Zuckerman se souvient à quel point, au lycée déjà, tout réussissait à Seymour Levov : fils d’immigrés juifs surnommé « le Suédois », blond et beau, athlétique, adulé par les filles, intelligent (et modeste avec ça !). Avec le temps, sa success story l’élève presque au niveau du mythe, sa vie ressemble à une « pastorale... Lire la Suite →
Au loin, de Hernan Diaz (La Croisée, 2018)
Dès la première page, j’ai eu le sentiment de plonger dans un film : une banquise dont la blancheur se fond avec celle du ciel et entre, comme seule interruption, un trou. Une béance dont surgit un être titanesque à barbe blanche dont on ne sait pas très bien s’il est humain ou mythologique mais dont... Lire la Suite →
Les éléments, de John Boyne (Lattès, 2025)
Quatre voix, quatre drames liés chacun à un élément – eau, terre, feu, air – qui pourraient chacun tenir seul, comme nouvelle indépendante. Mais les coutures sont bien là : les lignes narratives se croisent, des visages familiers réapparaissent, éclairés sous un autre angle, ce qui semblait clos peut se rouvrir et connaître un autre dénouement,... Lire la Suite →
La maison vide, de Laurent Mauvignier (Les éditions de Minuit, 2025)
La maison vide est une demeure d’un autre temps. Érigée sur les flancs d’un village à l’époque où la ville était un horizon lointain. Les lieux sont désormais déserts et il y a longtemps que la demeure n’est plus habitée que par un imposant piano et par quelques reliques. Des photos dont certaines portent les... Lire la Suite →
La lumière vacillante, de Nino Haratischwili (Gallimard, 2024)
Au crépuscule des années 1980, une amitié incandescente lie quatre filles au seuil de la vie. Chacune avec sa personnalité, ses rêves et ses démons, mais toutes animées d'une même soif de vivre. Ça aurait pu donner un coming of age novel, comme on dit aux États-Unis. Mais leur pays, la République socialiste de Géorgie,... Lire la Suite →
Quitter la vallée, de Renaud de Chaumaray (Gallimard, 2025)
« Ici, les paysages racontaient sans ambage l’affrontement qui opposait l’eau à la pierre. En résultait un territoire tout en compromis : soit la Vézère prenait ses aises, élargissait les fonds de vallée et creusait la roche comme du beurre, soit le calcaire résistait et contraignait la rivière aux détours et aux cingles. » Cette vallée du Périgord... Lire la Suite →
Aimer, de Sarah Chiche (Julliard, 2025)
« Comme Alexis, Margaux avait neuf ans. » Un garçon, une fille, la promesse du titre : toutes les bases sont posées pour une histoire d’amour… … mais pas trop vite, mais pas tout de suite. Les deux protagonistes ne sont encore que des écoliers aux prises avec leurs préoccupations (plus ou moins) enfantines. Sarah Chiche prend son... Lire la Suite →