L’oiseau de vérité. Un conte musical, interprété par Jean-Jaques Fdida et Jean-Marie Machado. Illustrations de Régis Lejonc

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Lors d’une chasse en forêt, un prince rencontre trois belles jeunes filles qui évoquent à voix haute leur vie rêvée. Exauçant le vœu de chacune, il épouse la plus jeune qui lui donne deux fils et une fille dont le front est orné d’une étoile ou d’une lune d’or. Mais à la naissance de chacun, la mère du roi, qui n’accepte pas ce mariage, jette le nouveau-né par la fenêtre et le remplace par un animal. Adoptés par une famille pauvre, les enfants grandissent et se posent de plus en plus de questions sur leurs origines. Un seul moyen de percer le mystère : parvenir à trouver et à interroger l’oiseau de vérité. Une quête longue et périlleuse…

L’oiseau de vérité est incontestablement l’un de nos livres lus préférés. L’interprète est un conteur hors-pair qui sait nous happer dès les premières secondes d’écoute. Et surtout, le merveilleux accompagnement au piano porte le récit avec beaucoup de force. Un livre-CD incontournable, que nous avons réécouté d’innombrables fois !

Sauveur & fils, Saison 1 (de Marie-Aude Murail, 2015)

Ça y est ! Depuis le temps que j’entendais parler de lui… J’ai enfin fait la connaissance de Sauveur. Il faut dire que ce psychologue martiniquais à la carrure impressionnante et au cœur tout aussi immense est à la hauteur de sa réputation : on l’observe en action lorsqu’il reçoit, avec tant de bienveillance, des familles désorientées, des adolescents et des parents désemparés et des enfants qui souffrent. On se sent bien dans l’intimité de son cabinet qui se révèle, page après page, comme un lieu où se cristallisent les grandes questions sociales et où se construit, sans jugement, l’apprentissage de la tolérance.

En réalité, nous ne sommes pas les seuls à assister à ces échanges supposés rester strictement confidentiels : Lazare, le fils que Sauveur élève seul suite à la mort de sa femme, suit lui-aussi ces conversations qu’il perçoit de sa perspective de petit garçon de huit ans. Il faut croire que Sauveur, qui sait si bien guider les autres, ne parvient pas toujours à être suffisamment présent auprès de son fil qu’il aime pourtant tendrement, et à lui parler de leur histoire. Pourtant, celle-ci pourrait bien les rattraper…

Les différents fils de l’histoire (des patients et de Sauveur lui-même) m’ont happée et j’ai dévoré les 385 pages d’un seul trait. S’il est question de sujets graves, je trouve que Marie-Aude Murail parvient très bien à en parler de manière simple, juste et optimiste. Ce roman fait du bien dans la morosité et la perte de repères de la période actuelle. Porté par de belles valeurs, il agit comme un remède qui panse les plaies et met du baume au cœur, nous faisant passer des larmes au rire et à l’émerveillement. Et il va de soi que j’ai envie de savoir ce que deviennent les protagonistes et que je me procurerai le prochain tome à la prochaine occasion ! En revanche, j’attendrai un peu avant de partager cette lecture avec mes garçons qui sont encore un peu jeunes.

PS : Si vous n’avez pas encore lu Sauveur, vous vous demandez très certainement pourquoi ce hamster sur la couverture ? Et bien, sachez que cette petite bête sympathique joue un rôle central dans l’intrigue. Vous ne tirerez rien de plus de moi, vous n’avez qu’à lire le livre pour savoir !

N’hésitez pas à lire aussi les avis de Linda et des copinautes du Grand arbre : Alice, Bouma, Sophie, Pepita et les lectures lutines !

Lu en juin 2019 – École des loisirs, collection Medium Poche, 7,80€

L’Estrange Malaventure de Mirella (de Flore Vesco, 2019)

L'estrange malaventure de Mirella

En voilà une idée merveilleuse : revisiter l’un des contes les plus célèbres du canon des bibliothèques enfantines – j’ai nommé : le joueur de flûte de Hamelin ! Une revisite à la fois irrévérencieuse, réjouissante et moderne.

Irrévérencieuse, car Flore Vesco prend des libertés avec le conte d’origine, nous livrant une version alternative de l’histoire dans laquelle le rôle principal revient à Mirella, une jeune fille rousse de quinze ans. Pleine d’aplomb, de discernement et de générosité, Mirella est aussi une incarnation vibrante de la liberté et de l’émancipation, dont la trajectoire incroyable a passionné toute la famille. Et puisque les contes ont toujours une morale, il y en a une ici, mais concoctée à la sauce de l’autrice :

« Laissez les jeunes filles danser et, parées ou dévoilées, circuler dans la cité, ou bien il pourrait vous en coûter. Suivez les enfants inconscients, qui jamais ne doutent, n’hésitent ni ne tremblent. Et méfiez-vous des contes. Qui sait, derrière ces badines historiettes, quelles terribles vérités sont cachées ? »

Réjouissante car Flore Vesco écrit dans une langue fleurie qui évoque un vieux français digne des meilleurs passages du film Les visiteurs, teinté de termes germaniques puisque nous l’intrigue nous entraîne au creux du St Empire. L’autrice nous ravit également en donnant de l’épaisseur à l’histoire, prenant le temps de brosser des personnages et un Moyen-Âge hauts en couleurs : de l’organisation politique à l’hygiène en passant par les rites et superstitions, tout est tellement évocateur qu’on a l’impression d’y être. Et si effroyable, restitué avec tant d’ironie, que la lecture en devient… réjouissante.

« Et le prêtre de raconter les vies et les exploits de saint Hilarion et sainte Rictrude, qui fatiguaient leurs bourreaux, pouvant passer des heures à endurer les coups de pique en gardant le sourire, soupirant d’aise lorsqu’on les rôtissait sur le grill, changeant eux-mêmes de côté afin que leur chair soit partout dorée et craquante. »

Moderne tant ce détour par le Moyen-Âge donne à penser aux misères et turpitudes contemporaines : qu’il s’agisse de la domination masculine, de la chasse aux sorcières et de la recherche de boucs émissaires, des superstitions ou des effets de foule, les parallèles sont troublants et entre deux éclats de rire, j’ai bien vu que cette lecture donnait beaucoup à réfléchir aux garçons. Le détour de Moyen-Âge permet finalement d’évoquer des choses parfois très dures qu’il serait difficile d’aborder frontalement avec de jeunes lecteurs.

Nous n’avons fait qu’une bouchée des aventures de Mirella qui ont été un grand moment de lecture à voix haute. Après avoir ri et pleuré de la noirceur du Moyen-Âge, le dénouement de l’histoire a été véritablement jubilatoire ! Un roman émancipateur, pétillant d’intelligence et débordant de vérité, à découvrir sans hésiter.

Si vous n’êtes pas encore parti(e) pour la librairie la plus proche, finissez-donc de vous convaincre en lisant les critiques de Pepita, de Hashtagcéline, d’Andrea et de Linda !

Lu à voix haute en mai 2019 – L’école des loisirs, 15,50€

Robot Sauvage (de Peter Brown, 2017)

Robot sauvageUn cargo, un naufrage, une caisse rescapée du désastre qui échoue sur une île perdue… S’en extrait Rozzoum 7134, robot intelligent, capable de se déplacer, de communiquer et d’apprendre à améliorer l’exécution des missions qui lui sont confiées – mais pas vraiment conçue pour les aléas de la vie sauvage. Cela dit, ayant été activée pour la première fois sur l’île, elle n’imagine pas un seul instant qu’elle n’y est pas à sa place. Et elle est dotée de toutes les ressources pour apprendre de ses erreurs et de l’observation de la nature !

 

« Comme tu le sais, cher lecteur, Roz avait toujours aimé rester aussi propre que possible. Mais elle tenait encore plus à rester en vie qu’à rester propre, alors notre robot décida qu’il valait mieux se salir. Roz allait se fabriquer un camouflage. »

 

Mais quel joli roman que celui-ci… Rien que l’oxymore du titre et l’intrigante couverture nous ont fait chavirer ! Cette robinsonnade moderne est écrite dans une belle langue imagée qui fait de ce livre un bonheur de lecture à voix haute et un bel hommage aux merveilles de la nature. À travers les mésaventures et l’initiation de Roz, Peter Brown soulève des questions véritablement passionnantes : sur l’entraide au-delà des différences (puisque les animaux surmontent leurs réactions farouches, voire hostiles vis-à-vis de cette créature qui leur semble d’abord monstrueuse) ; sur la nature et l’humanité (dans quelle mesure un robot peut-il, par mimétisme et par des déductions itératives, s’approprier les comportements que les être vivants adoptent instinctivement ?) ; mais aussi sur la manière dont l’intelligence artificielle peut déborder au-delà de tout ce qu’on pouvait imaginer, en détournant les règles suivant lesquelles elle a été programmée (« Le système d’exploitation du robot l’empêchait d’être violent, mais rien ne lui interdisait d’être agaçant. »).

Les personnages (enfin, les animaux et le robot !) sont très attachants et leurs dialogues pleins d’humour. Par exemple lorsque Roz, désemparée, se fait expliquer comment « jouer la maman » par une vieille oie :

« – Tu veux qu’il survive, n’est-ce pas ? fit l’oie.
– Oui, je veux qu’il survive, assura Roz. Mais je ne sais pas comment jouer la maman.
– Oh, ce n’est rien : il suffit de donner de la nourriture, de l’eau et un refuge à l’oison, de faire en sorte qu’il se sente aimé sans trop le couver, de le protéger du danger et de veiller à ce qu’il apprenne à marcher, à parler, à nager, à voler, à bien s’entendre avec les autres et à se débrouiller tout seul. C’est tout. Le rôle de maman, ce n’est pas compliqué ! »

 

Grâce aux illustrations qui parsèment le texte et à des chapitres très courts, le texte est accessible à de jeunes lecteurs. Impatient, Hugo (qui est actuellement en CE1) a d’ailleurs sans problème dévoré les 50 dernières pages tout seul… Lui qui adore les romans animaliers, il est complètement entré dans l’histoire et a été très ému par le destin de Roz. Antoine, qui est un peu plus grand et actuellement plutôt porté sur la fantasy, n’a pas été transporté. Moins intéressé que son frère par l’expérience de l’initiation du robot à la vie sauvage, il a trouvé que l’intrigue était trop lente à démarrer et s’est agacé de la brièveté des chapitres.

De mon point de vue, ce roman n’en reste pas moins éminemment original, à la fois intelligent et plein de tendresse et de surprises – jusqu’à la toute fin !

Retrouvez l’avis de Linda qui a eu mille fois raison de nous inciter à rencontrer Roz…

Lu à voix haute en avril 2019 – Gallimard Jeunesse, 13,50€

Pombo Courage (d’Émile Cucherousset et Clémence Paldacci, 2019)

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Pantoufles et tomahawk en forêt !

Une couverture ravissante, une histoire en forme de conte, un roman dans lequel on entre avec le sentiment réjouissant de renouer intensément avec l’enfance – son insouciance, son imagination et sa créativité sans bornes…

 

 

 

 

 

Les deux protagonistes de l’histoire ne pourraient pas être plus différents l’un de l’autre, mais nous rappellent forcément des personnes rencontrées dans la vraie vie ! D’un côté, Pombo, incorrigible pantouflard qui préfère vivre ses aventures en imagination, confortablement installé dans son fauteuil à bascule ; de l’autre, Java le casse-cou qui ne tient pas en place et ne recule devant aucun défi. Justement, sa dernière lubie a de quoi donner le vertige à Pombo : il s’agit de construire une cabane au sommet d’un chêne. Leur amitié résistera-t-elle à ce projet téméraire ?

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Nous le savions depuis Truffe et Machin: avec son écriture vive et limpide, Émile Cucherousset n’a pas son pareil pour évoquer les jeux enfantins – nous avons pris autant de plaisir à le lire qu’à dévorer les romans d’Astrid Lindgren qui en parle si bien. Les illustrations douces et tendres de Clémence Paldacci donnent un charme irrésistible au roman et rendent joliment hommage à la forêt comme merveilleux terrain de jeux. On regretterait presque de ne plus avoir l’âge de construire de cabanes et de grimper aux arbres !

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Les dialogues débordent d’humour et d’esprit :
« – Java, pourquoi faudrait-il que ta cabane se trouve perchée tout là-haut ? Elle est très bien au sol.
– C’est pour voir le lointain, Pombo.
– Le lointain, je n’ai qu’à fermer les yeux pour le voir, Java.
– Ce n’est pas le lointain que tu vois. C’est le fond de ton imagination.
– Si tu crois que mon imagination a un fond… »

Ode au jeu et aux bonheurs simples de l’enfance, le roman célèbre aussi et surtout l’amitié qui transcende les différences, convainc de faire des concessions et peut fournir des ressources insoupçonnées pour parvenir à se dépasser…

Une merveilleuse lecture à voix haute ou un texte à lire seul. Émile Cucherousset parvient en effet à proposer un texte à la fois littéraire et accessible aux plus jeunes lecteurs. Nous vous mettons au défi de ne pas fondre de tendresse !

Un grand merci à Chloé Mary et à l’auteur pour l’envoi d’un exemplaire dédicacé qui m’est parvenu le jour de mon anniversaire !

Par ici pour les avis de Pepita, de Hashtagcéline et d’Aurélie

Lu à voix haute en avril 2019 – Éditions MeMo (Petite Polynie), 9€

Aristote et Dante découvrent les Secrets de l’Univers (de Benjamin Alire Saenz, 2015)

Grâce à Pepita et à son merveilleux Swap d’anniversaire, j’ai eu le plaisir de découvrir ce week-end ce très joli roman – 444 pages dévorées en une fois, force est de constater que je me suis laissée emporter !

Benjamin Alire Saenz évoque l’âge de l’adolescence avec beaucoup de justesse, à travers les expériences initiatiques, les questionnements métaphysiques et les échanges des bien-nommés Ari et Dante, 15 ans. Les deux garçons sont différents – l’un ordonné, tourmenté et introverti, l’autre plus sûr de lui et optimiste, maniant aussi bien le verbe que l’ironie. Mais ne dit-on pas que les contraires s’attirent ? Et en y regardant plus près, Ari et Dante partagent aussi énormément : le goût de la discussion, l’amour du désert aux confins entre les Etats-Unis et le Mexique et surtout un sentiment de différence et d’altérité – vis-à-vis de la communauté des Mexicains d’El Paso, mais aussi des autres Américains, de leur génération, de la gent masculine et, à certains égards, des membres de leur famille. Face aux normes sociales, aux écueils de la déviance, au poids des non-dits familiaux et des attentes parentales, la relation très forte qui se noue entre Ari et Dante se révèle cruciale dans leur quête de sens et d’identité. Une quête douloureuse et laborieuse, tant il est difficile de s’accepter, de s’affirmer et de trouver sa place lorsque l’on se sent différent…

Ce roman m’a beaucoup touchée en restituant avec sensibilité le mélange d’audace, de curiosité, de réflexivité et de vulnérabilité qui caractérise l’adolescence. En tant que parent, même si mes enfants sont plus jeunes que les protagonistes, j’ai été particulièrement émue par les parents d’Ari et de Dante qui peuvent être maladroits et aux prises avec leurs propres tourments, mais brillent par leur humanité, leur ouverture, leur bienveillance et leur tendresse constantes. Si certains passages sont durs, le livre s’achève sur une tonalité optimiste et pleine d’ondes positives.

Une lecture importante pour les adolescents et leurs parents. Pour la profondeur de ce roman, l’intensité de son écriture et pour un message de tolérance qu’il est urgent de porter !

N’hésitez pas à lire également les avis de Pepita, d’Alice et de Linda !

Extraits

« J’étais donc le fils d’un homme qui portait tout le Vietnam en lui. J’avais de quoi m’apitoyer sur mon sort. Et avoir quinze ans n’aidait pas. Parfois je me disais qu’avoir quinze ans était la pire tragédie qui soit. »

« Dante était un professeur précis et un nageur accompli. Pour lui, la natation était un mode de vie. L’eau était un élément qu’il aimait et respectait. Il en comprenait la beauté et les dangers. Il avait quinze ans. Il avait l’air un peu fragile, mais ne l’était pas. Il était discipliné, fort, cultivé, drôle et ne faisait pas semblant d’être idiot ou normal. Il n’était ni l’un ni l’autre. »

« Mon père feuilletait le livre.
À l’évidence, il lui plaisait énormément. Et, grâce à cet ouvrage, j’ai appris quelque chose sur lui. Avant de s’enrôler dans l’armée, il avait fait des études d’arts plastiques. Cela ne correspondait pas à l’idée que je me faisais de lui, mais cette information m’a plu.
Un soir, il m’a appelé.
– Regarde, a-t-il dit en désignant une page. C’est une fresque d’un peintre qui s’appelait Orozco.
J’ai fixé la reproduction, mais j’étais plus intéressé par son doigt qui tapotait sur le livre en signe d’admiration. Ce doit avait appuyé sur la gâchette d’un fusil pendant la guerre. Ce doigt avait caressé ma mère d’une façon qui m’échappait. Je voulais dire quelque chose, poser des questions. Mais les mots sont restés coincés dans ma bouche. Je me suis contenté de hocher la tête.
Je n’avais jamais imaginé mon père s’intéressant à l’art. Je le voyais comme un ancien Marine, devenu postier après la guerre du Vietnam, et qui n’aimait pas beaucoup parler.
J’aurais pu lui poser des questions, mais quelque chose dans ses yeux, son visage et son sourire en coin m’en a empêché. Je crois qu’au fond il ne voulait pas que je sache qui il était. Je me contentais donc de collecter des indices. Le voir lire ce livre en était un de plus. Un jour, tous les indices formeraient un tout et je percerais le mystère qui entourait mon père. »

Pocket Jeunesse, édition Poche de 2018, 7,90€

Aristote et Dante

Hamaika et le poisson, de Pierre Zapolarrua (illustrations d’Anastasia Parrotto, 2018)

« Un petit poisson, un petit oiseau
S’aimaient d’amour tendre
Mais comment s’y prendre
Quand on est dans l’eau

Un petit poisson, un petit oiseau
S’aimaient d’amour tendre
Mais comment s’y prendre
Quand on est là-haut. »

Il y a plus de cinquante ans, Juliette Greco chantait déjà avec humour les obstacles aux relations unissant les êtres trop différents. Et de fait, les volatiles comme les animaux aquatiques préfèrent généralement rester entre semblables, méconnaissant et craignant les autres espèces. Mais heureusement, il y aura toujours des passeurs, des individus ouverts et curieux qui s’accommodent mal des frontières… Hamaika, par exemple : cette poule maigrichonne aux yeux clairs, plus intéressée par l’exploration du monde que par les grains à picorer dans la cour. Déterminée, elle sent pourtant bien à quel point elle est singulière parmi ses consœurs. Mais un beau jour, elle fait la rencontre d’un poisson. Un poisson tout aussi singulier… C’est le début d’une amitié qui est loin d’être une évidence, mais les deux compères débordent de créativité pour surmonter les petits obstacles pratiques !

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JonasCette fable de haute fantaisie est un concentré, en 70 pages à peine, de tout ce que nous aimons : des personnages drôles et attachants, des trésors d’imagination, des propos philosophiques à hauteur d’enfant et des aventures palpitantes. Les illustrations pleines de couleurs sont un plaisir pour l’œil et ont beaucoup parlé aux enfants (avec une palme pour le poisson qui tente de retenir sa respiration, qui les a fait rire aux éclats !). C’est un vrai roman arc-en-ciel que voilà ! Vous imaginerez aisément que nous n’en avons fait qu’une bouchée, ne boudant pas notre plaisir de voyager une fois encore en Petite Polynie, grâce à Chloé Mary que nous remercions chaleureusement pour cette nouvelle pépite.

Hashtagcéline et Pepita ont elles aussi aimé ce livre. N’hésitez pas à lire leurs avis ! 

 

Extraits

« Il en va des poules comme des autres animaux. Chacun préfère rester entre soi, entre poules en l’occurrence, sans souci de ce qui se passe ailleurs.
Mais il est quelques individus, parfois, un peu différents.
Hamaika était de ceux-là. »

« Elle voulait simplement aller plus loin, juste pour voir, savoir. Elle était curieuse de tout. Tout l’étonnait, l’enchantait. Tout était digne d’intérêt, d’observation minutieuse. »

« Plusieurs solutions furent discutées. Faire venir les autres poules sur la plage. Mais elles auraient trop peur, et auraient certainement refusé. Trouver un caillou creux rempli d’eau et le traîner avec Jonas jusqu’à la ferme. Hamaika n’en aurait pas la force. Entourer Jonas d’algues… C’était plus léger que le caillou mais ça ne permettrait pas à Jonas de respirer. Creuser un tunnel qui s’emplirait d’eau à marée haute et propulserait Jonas, comme porté par le souffle d’une baleine, au milieu de la cour de la ferme. Beaucoup trop long ! Et le tunnel se serait écroulé sous l’effet de la marée.
Alors Jonas essaya de retenir sa respiration à l’air libre pour voir combien de temps il pouvait ainsi tenir. Hamaika compta scrupuleusement ces essais d’apnée, mais ce n’était pas suffisant pour rejoindre la ferme. »

Lu à voix haute en mars 2019 – Éditions Memo (Petite Polynie), 9,50€

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