Ours à New York, de Gaya Wisniewski (Éditions Memo, 2020)

Vous souvenez-vous ce que vous rêviez de devenir lorsque vous étiez enfant ? Certains rêves s’effilochent sans qu’on s’en rende compte : on se retrouve à flotter à travers sa vie, à porter un costume et à suivre son bonhomme de chemin dans le petit couloir étroit que les circonstances nous laissent. Aleksander est l’un de ces enfants devenus « quelqu’un de sérieux », presque transparent dans la jungle urbaine de New-York. Mais un beau jour, sur le chemin du travail, un ours immense surgit au coin d’une rue et lui bloque la route…

Gaya Wisniewski réalise-t-elle un rêve d’enfant en étant devenue autrice-illustratrice ? Cet album nous fait découvrir une autre facette de son talent. Ses peintures célébrant la douceur des teintes hivernales nous avaient déjà envoutés (voir ici et ), nous voilà sous le charme de ces fresques new-yorkaises grand format réalisées au feutre noir. Quelle justesse et quelle sensibilité dans la représentation de l’entassement des gratte-ciel et de la solitude qui transpire des rues bondées ! Quelle virtuosité pour explorer la morosité du train-train citadin en cinquante nuances de gris ! Quelle surprise réjouissante d’y voir surgir cet ours étrange et réconfortant, monumental et tranquille, doux et déterminé !

Extrait (source: site de Gaya Wiesniewski)

La leçon de vie est peu trop explicite à mon goût, mais elle n’en donne pas moins envie, quel que soit son âge, de prendre soin de ses chimères enfantines. Et les illustrations sont si belles qu’on se passerait presque du texte.

L’avis de Chlop

Lu à voix haute en février 2021 – Éditions MeMo, 18€

L’incroyable machine à liberté, de Kirli Saunders et Matt Ottley (Kaleidoscope, 2021)

Quand de lourds nuages barrent l’horizon, quand le monde est gris, morne et « couturé de frontières », heureusement, il y a ces incroyables machines à liberté qui nous transportent, nourrissent nos rêves et font battre notre cœur. Elles demandent persévérance et soins quotidiens pour apprendre à résister aux secousses, mais elles sont d’autant plus vitales et merveilleuses que la vie est dure…

Cet album enchanteur célèbre la magie de l’imagination et de…, et bien vous verrez par vous-mêmes, il y a des indices çà et là au fil des pages (y compris un clin d’œil à l’album Là-bas, illustré également par Matt Ottley, qui nous avait déjà soufflés). Quelle belle idée en tout cas de représenter cela sous forme de machines à la mécanique étrangement belle, reflet fascinant de l’imaginaire de leur conducteur : rondes ou pointues, ramassées ou élancées, simples ou alambiquées. Les mots déploient des univers entiers dans notre esprit ; les illustrations, belles à couper le souffle, donnent envie, comme la petite fille de l’histoire, de partir à la découverte de ses propres mondes imaginaires.

Un concentré de grâce, d’espoir et de réconfort !

L’avis de Pépita

Lu en février 2021 – Kaleidoscope, 13€

Papillons illusions, de Julie Brouant et Bernard Duisit (Hélium, 2020)

Quels as de l’illusion, ces papillons ! Nous savions que ces épatantes bestioles naissent d’une improbable métamorphose, nous connaissions leur grâce délicate et colorée, mais nous étions loin de soupçonner leurs dons pour le camouflage et le transformisme !

Cet album donne à voir les merveilles produites par la sélection naturelle dans leurs dimensions les plus spectaculaires. Les ocelles des uns impressionnent les prédateurs qui croient voir les yeux d’un hibou. D’autres jouent de motifs mimétiques permettant de passer pour une abeille ou de se fondre dans le décor de feuilles ou de bois. Ni vus ni connus, les papillons bi-face passent du vert au bleu d’un battement d’aile.  Ces prodiges composent un numéro de haute volée. Les mots et la typographie donnent envie de déclamer comme le discours d’un Monsieur Loyal ; les pop-up font surgir les lépidoptères les plus extraordinaires sous nos yeux ravis.

L’index final recense utilement les espèces rencontrées en indiquant leur répartition. L’occasion de les passer en revue et de déterminer nos préférés ! Verdict ? Pour Hugo qui adore les records, le géant atlas, papillon nocturne pouvant atteindre jusqu’à 28 cm que vous pouvez croiser en Asie. Pour moi, le craqueur turquoise, équilibriste d’Amérique latine qui joue de ses ailes splendides pour frapper bruyamment les troncs d’arbres et effrayer les importuns.

Un documentaire feel-good, beau et réjouissant !

Lu en février 2021 – Hélium, 23,90€

Frères, d’Isild Le Besco, illustrations de Krassinsky (L’école des loisirs, 2020)

Vous qui lisez en famille, vos ressentis tendent-ils à être unanimes, ou certaines lectures donnent-elles lieu à des débats passionnés ? Curieuse de découvrir l’avis des garçons, je fais toujours attention à leur laisser le temps de le former avant d’exprimer le mien. Cela dit, nos verdicts sont le plus souvent convergents. Une fois n’est pas coutume, ça n’a pas été le cas pour ce petit conte initiatique.

Ce sont les merveilleuses illustrations de Krassinsky qui m’ont donné envie de lire cette histoire à voix haute. Elles nous entraînent au creux d’une forêt de conte, entre ombre et lumière. Le texte, quant à lui, nous transporte au pays de l’enfance, avec ces six frères tout à leur joie de vivre et à leur insouciance. Si insouciants d’ailleurs qu’ils ne voient pas que leur mère douce et aimante s’épuise à la tâche et ne prennent pas au sérieux ses mises en garde quant à la bête effroyable qui sévirait dans les bois. Pour retrouver leur mère et leur existence bénie, les six frères doivent faire preuve de débrouillardise et de courage, apprendre à se connaître et à s’entraider…

J’ai rapidement été agacée par un propos que j’ai perçu comme trop explicite, voire moralisateur*, prenant le pas sur l’intrigue. J’aime que les livres interrogent sans suggérer la réponse, ou transmettent un message subtil, par exemple par le biais de fables ou de métaphores. Là, on se croirait presque dans un manuel de développement personnel :

« Tu sais, Hamza, tu as en toi la grâce, une force d’union qui soude ton entourage. La graine qui doit germer en toi est celle de l’unité. Quand tu es là, les autres se sentent mieux. Ta présence est importante : pour moi comme pour tes frères. Je vais t’aider à devenir toi-même. Écoute et laisse-toi guider… »

Et bien, figurez-vous que Hugo, lui, a bien aimé Frères. Lui qui déteste se séparer de l’un de ses parents, il y a vu l’histoire d’un cheminement vers l’autonomie et a aimé cette idée d’apprendre au contact de la nature. L’avenir nous dira si cette lecture l’incitera à participer plus activement aux tâches ménagères et à respecter au pied de la lettre les consignes parentales !

* J’ai trouvé curieux, à cet égard, que l’autrice donne à deux des frères le nom de ses propres fils, à qui ce livre est dédié, tandis que la mère des illustrations lui ressemble à s’y méprendre…

Lu en décembre 2020 – L’école des loisirs, 9€

La fabuleuse histoire de la Terre, de Aina Bestard (Saltimbanque, 2020)

Splendide format à l’italienne, couverture tissée épaisse sous la main, mise en page spectaculaire et ces illustrations étrangement désuètes évoquant les gravures du 19ème siècle qui suscitèrent tant de passions scientifiques… Avant tout, c’est cet objet-livre hors du commun qui m’a attirée de façon magnétique. Cela dit, c’est bien d’une histoire prodigieuse qu’il s’agit. Celle de notre planète Terre, de la formation de l’univers et du système solaire au développement de la vie jusqu’au règne des mammifères. Une aventure racontée comme une histoire, certes assez détaillée, mais passionnante – le livre se lit d’ailleurs très bien à voix haute avec de grands enfants qui s’intéressent au sujet.

Le chapitre sur la formation de la lune, moins connu que d’autres, nous a laissés bouche-bée devant cette illustration suggérant comment nous aurions vu ce satellite lorsqu’il était 16 fois plus près qu’aujourd’hui. On découvre également comment collisions, éruptions, frémissements et dérives des continents ont modelé notre planète. Puis le monde microscopique des premiers être vivants qui muent sous nos yeux ébahis en organismes plus complexes. Au fil des pages, l’album explique comment les paléontologues reconstituent cette généalogie, en revenant en détail sur l’analyse des strates terrestres et des fossiles, avec des rabats révélant à quoi ressemblaient ces bestioles avant de se fossiliser.

Il faut savoir que la mise en page est parfois un peu touffue, avec une profusion de stimuli et d’informations en différentes tailles de police dans lesquelles je n’ai pas toujours trouvé aisé de me repérer.

Mais pour moi, le charme de cet album reste entier dans la mesure où j’y ai vu un livre d’art plutôt qu’un documentaire au sens classique. Aina Bestard réinvente le genre en étoffant cette immense frise temporelle de dessins à la fois minutieux et spectaculaires, savants et poétiques.

Un album hors du commun qui ravit la rétine et nous rappelle au passage l’éphémérité de notre espèce et notre responsabilité quant à la suite de cette « fabuleuse histoire »… 

Lu en décembre 2020 – Saltimbanque, 19,90€

Nuit étoilée, de Jimmy Liao (HongFei, 2020)

Dès la couverture sombre et lumineuse, comme le tableau de Van Gogh auquel elle rend hommage, on tombe sous le charme des illustrations de l’auteur taïwanais Jimmy Liao. En entrant dans l’album, impossible de résister à l’envoutement du texte, tout en retenue, et surtout des peintures mêlant la poésie et la géométrie, le réalisme et la magie. Ces pages ont beau venir de l’autre bout du monde, elles nous vont droit au cœur par la justesse avec laquelle l’histoire de cette petite fille fait résonner des choses universelles : la solitude, la mélancolie, le sentiment d’être décalé par rapport à l’étrangeté du monde. Mais aussi les pouvoirs de l’imaginaire qui enchante et élargit le quotidien, la douceur de l’amitié qui germe lorsqu’on ne l’attendait plus, la saveur des rêves d’évasion et la beauté des étoiles qui brillent dans les ténèbres…

Chaque double-page est en elle-même toute une histoire, un tableau qui laisse une impression durable sur la rétine. Au fil des relectures se révèlent des détails intrigants, des clins d’œil à des toiles célèbres, des symboles que chacun interprétera peut-être différemment, mais qui parleront à tout le monde. Quelle prouesse de maintenir un tel niveau de perfection et une telle subtilité dans la composition des illustrations sur 144 pages !

Un chef d’œuvre auréolé de magie et étrangement réconfortant : jamais tristesse n’a été aussi belle !

L’avis de Pépita

Lu en décembre 2020 – HongFei, 19,90€

J’ai vu un magnifique oiseau, de Michal Skibiński, illustrations de Ala Bankroft (Albin Michel Jeunesse, 2020)

La collision entre l’enfance et l’horreur insondable de la guerre nous a laissés silencieux et abasourdis. Elle est d’autant plus poignante que Michal Skibiński s’en tient à l’essentiel, comme les enfants de huit ans savent si bien le faire.

« J’attends la venue de Maman. »

En cet été 1939, en Pologne, le garçon s’acquitte de son devoir d’écrire une phrase par jour, de sa petite écriture appliquée. Ses mots déploient un univers enfantin organisé, comme il se doit, autour des promenades, des jeux, des petits motifs quotidiens d’émerveillements, une montgolfière, une grosse chenille, des moments partagés avec ses proches. Et soudain, cette phrase terrible qui fait tout basculer : « la guerre a débuté ».

« Je me suis caché à l’approche des avions. »

Michal ne s’étend pas plus après qu’avant : une phrase, pas plus. Mais chaque mot résonne, nous fait pressentir le bouleversement irrémédiable de sa vie.

Difficile de prendre la mesure de ce qui s’est passé, essentiel d’entretenir cette mémoire. Ce cahier, conservé pendant toutes ces années, devait être publié et traduit. Ala Bankroft donne vie à ces instants avec beaucoup de sensibilité, dans de très belles peintures impressionnistes en double-page, sans les départir de leur résonance universelle. Le jardin, la forêt, la maison, le ciel où passe un planeur, que l’on voit à travers le regard du narrateur – ce pourraient être ceux de notre enfance. Impensable d’imaginer cela sombrer dans les ténèbres qui envahissent les pages au fur et à mesure qu’on les tourne. Les révélations des dernières pages sur l’histoire de la famille sont bouleversantes.

Une lecture partagée que jamais nous n’oublierons.

Pour en savoir plus : l’avis de Sophie van der Linden et l’émission France Inter L’as-tu lu mon petit loup ? sur cet album.

Lu en décembre 2020 – Albin Michel Jeunesse, 14,50€

Le Grand Voyage de Rameau, de Phicil (Éditions Soleil, 2020)

L’objet-livre annonce la couleur, cossu comme un salon victorien : format majestueux, couverture opulente avec des motifs dignes des tapisseries d’époque, titre imprimé en relief doré et dans le médaillon central, la petite Rameau et le chat Scotty sur fond de gravure londonienne…

Le prologue plante un décor de racines et de feuilles, de mousses et de champignons où l’on découvre l’existence du peuple des Mille Feuilles, communauté inséparable d’êtres minuscules mi-humains, mi-souris, fidèles au « grand tout », au collectif, à la famille. Une harmonie organique à mille lieux du monde des humains qui s’entassent dans la « Ville monstre » de Londres – un monde aussi effrayant que fascinant, dont les Mille Feuilles font le serment de se tenir à bonne distance. Jusqu’au jour où la jeune Rameau, qui rêve de liberté, de rubans et de belles étoffes, franchit la lisière du bois. Condamnée à s’exiler pour découvrir ces humains qui l’attirent tant, elle amorce un incroyable périple initiatique à travers l’Angleterre victorienne…

Toute la famille est sous le charme de ce mélange de rebondissements et de cascades, de dialogues tour à tour drôles et piquants, et de clins d’œil à l’époque victorienne, de Lewis Caroll à Beatrix Potter en passant par Oscar Wilde et Jack l’Éventreur. À hauteur de Mille Feuilles, on descend la Tamise à dos de poisson, on survole le Château de Windsor à dos de canard, et on pose un regard neuf sur les travers des humains qui, hier comme aujourd’hui, oppriment leurs semblables, méprisent les animaux et se laissent obnubiler par les sirènes consuméristes… lorsqu’ils ne crèvent pas de faim.

Les graphismes mêlent avec bonheur des clins d’œil aux gravures et peintures de l’époque à un trait malicieux qui tire parfois sur le grotesque – ils peuvent faire penser à ceux de Claude Ponti (les arbres), de Gustave Doré (le décor) ou encore de Pef (le nez des Mille-feuilles !). Tenir cette qualité et un tel souci du détail sur 200 pages, cela force l’admiration.

Cette BD captive et divertit, mais elle n’en pose pas moins d’excellentes questions sur l’opposition très actuelle qui est faite entre liberté et solidarité, mais aussi sur le coût de notre « babiolite aiguë ». Une belle réussite !

Lu en novembre 2020 – Éditions Soleil, 26€

Pikkeli Mimou, d’Anne Brouillard (L’école des loisirs, 2020)

Les premiers gels sont là, dans notre région allemande. Le moment était venu de découvrir Pikkeli Mimou emmitouflés sous un plaid et près d’une théière fumante. Quel plaisir de retrouver les protagonistes de la série du pays des Chintiens ! Plus courte, cette histoire raconte les premières journées de neige et l’équipée de Killiok à travers le lac gelé et la forêt de bouleaux pour une visite d’anniversaire chez Pikkeli Mimou…

Plaisir d’être au chaud dans son fauteuil lorsque tombe la neige. Plaisir de préparer une surprise pour un ami. Plaisir d’entendre crisser la neige sous ses pas et chanter les étoiles. Plaisir des retrouvailles et du partage. Plaisir de lire des pages pleines de poésie près du poêle. De petits plaisirs qui n’ont peut-être jamais été aussi essentiels, qu’Anne Brouillard sublime par un texte dont chaque mot déploie tout un monde dans notre imaginaire – et surtout par des illustrations absolument merveilleuses dans lesquelles on rêve de pouvoir entrer…

Une gourmandise au charme scandinave, que nous avons prolongée en cuisinant la recette du gâteau aux épices de Killiok dont vous pourrez constater qu’il est assez fidèle à l’original !

Lu en novembre 2020 – L’école des loisirs, 12,50€

Einstein. Le fantastique voyage d’une souris dans l’espace-temps, de Torben Kuhlmann (NordSud, 2020)

« L’imagination est plus importante que le savoir, car le savoir est limité », dit Albert Einstein. Torben Kuhlmann montre qu’on aurait bien tort d’opposer les deux. Ses albums initient en effet ses jeunes lecteurs aux plus grandes révolutions scientifiques (en l’occurrence, la théorie de la relativité, après les débuts de l’aviation, la première expédition sur la lune et l’invention de l’électricité), en imaginant que ces avancées aient été le fait… de souris.

L’idée est prodigieuse : les ingénieuses petites bestioles de Kuhlmann ont une soif de comprendre le monde toute communicative. Le problème peut sembler insoluble : comment remonter le temps pour parvenir à temps à LA fête du fromage ? Voilà notre petite souris qui cogite, trafique l’aiguille du réveil, les autres horloges de la maison et même l’heure du clocher de la ville. Tirant des leçons de ses expériences ratées, la voilà qui mène l’enquête chez un horloger, puis à l’Office des Brevets de Berne où travailla, il y a plus d’un siècle, un certain Albert Einstein…

Comme dans les tomes précédents, la forme est vraiment à mi-chemin entre l’album illustré et le roman : le texte est étoffé, avec une belle intrigue piquée de clins d’œil malicieux (notamment à Stephen Hawkins et à la mythologie grecque !), mais indissociable des splendides illustrations. Tout au plaisir de suivre notre minuscule scientifique dans son investigation, on remarque à peine qu’on apprend une foule de choses sur le temps, l’heure, la Suisse, la vie d’Einstein et sa fameuse théorie. Mais surtout, foi de chercheuse : je ne connais pas de livre qui restitue mieux que ceux de Kuhlmann le plaisir de poser de bonnes questions, de formuler des hypothèses et de progresser pas à pas vers la solution. Ce cheminement scientifique est mis en scène comme une aventure, impliquant l’exploration de lieux fascinants (et incommensurables, vus à hauteur de souris !), des bonds vertigineux et la fuite devant de redoutables prédateurs… Des péripéties sublimées par le crayon de Kuhlmann qui brosse le décor avec un sens méticuleux des détails vintage et ses adorables petites héroïnes de façon très expressive.

On referme le livre partagé entre l’envie de questionner le monde et celle de déguster un savoureux morceau de fromage. Un album qui mélange aventure, documentaire et fantaisie : pour les futurs amateurs de science fiction !

Lu en novembre 2020 – NordSud, 20€