N’oublie pas ton rêve, de Simon Philip & Kate Hindley (Little Urban, 2019)

N'oublie pas ton rêve

Cet album a beau nous entraîner dans un monde de lapins (et pas de moutons), il faut bien admettre que les marges pour se singulariser, sortir du rang et des sentiers battus y sont minimes. Ces lapins-là se ressemblent tous, travaillent, remuent et agitent leurs oreilles de concert, unissant harmonieusement leurs forces autour d’un ambitieux projet de construction…

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Tous assortis, conformes, orthodoxes. Jusque dans leurs songes, puisque ces mignonnes bestioles rêvent toutes de carottes ! Toutes ? Pas tout à fait. Bernard, lui, se sent décalé, voire franchement minoritaire. Voyez-vous, les carottes, très peu pour lui. Ce qui le fait vraiment vibrer d’enthousiasme, c’est… la disco, les paillettes et les heures à se déhancher sous le feu des projecteurs ! Osera-t-il un jour s’affirmer tel qu’il est et affronter le regard des autres ?

 

Cet album pétillant est raconté et dessiné avec un mélange réjouissant de gaieté, de fantaisie et d’ironie. Et quel plaisir de voir Bernard prendre joyeusement son pied en ondulant, dans son costume bigarré, au rythme de la musique ! Derrière l’humour se découvre une leçon de vie qui invite à rêver et vivre au-delà des conventions. Et une réflexion très juste sur les vertus émancipatrices de ceux qui osent être différents – et qui, d’une certaine manière, rendent service à tous les autres. Le conformisme et la peur d’être rejeté du groupe à cause de ses singularités sont des préoccupations essentielles des enfants (et des plus grands !). N’oublie pas ton rêve ne manquera pas de parler à toutes et tous à partir de trois ans.

N’hésitez pas à lire l’avis de Chlop !

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« Je me suis toujours comporté comme un lapin doit se comporter.
Je faisais ce que je pensais devoir faire.Je remuais le nez.Je dressais les oreilles.Je mangeais de l’herbe et je creusais des trous dans les champs, parce que c’est ce que les lapins font habituellement.Et que je n’étais pas occupé à faire tout cela, j’essayais simplement d’avoir l’air le plus mignon possible. »

« Quand ils dormaient, je dormais aussi.
Et comme eux, je rêvais.
Mais MES rêves n’étaient pas les mêmes que ceux des autres.
Ils étaient moins… lapinesques.
Et plus… insolites. »

Lu en février 2020 – Little Urban, 13,50€

Animains, de Silvia Lopez et Guido Daniele (Éditions du Genévrier, 2019)

Animains

La nature est époustouflante : prenez le prodigieux camouflage du caméléon, le bec flamboyant du toucan, les couleurs du canard mandarin, les motifs fascinants des rayures du zèbre, ou la délicatesse du papillon « monarque » ! Cet album rend hommage à toute cette beauté, sublimée par le format à l’italienne et le pinceau minutieux de Guido Daniele. Le support est pour le moins inhabituel, puisque l’artiste milanais esquisse ces seize splendides animaux non pas sur une toile ou une feuille de papier, mais sur… des mains ! Paume, doigts, plis et ongles permettent à merveille de reproduire becs, écailles, rides, pelage, nervures, oreilles et pupilles… Une manière originale de symboliser la responsabilité des humains qui tiennent pour ainsi dire dans leurs mains le futur du monde animal.

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L’album est de ceux qui se prêtent à plusieurs lectures. Chaque double-page présente une espèce, dont on peut admirer les singularités que Guido Daniele jubile manifestement à représenter dans leurs moindres détails. Certaines des peintures sont vraiment stupéfiantes de réalisme ; à première vue, on ne soupçonnerait pas que ces animaux sont peints ! Les textes de Silvia Lopez sont à la fois concis et riches d’anecdotes qui témoignent bien de la diversité des façons dont les espèces s’adaptent à leur environnement. Et bien sûr, une fois le principe compris, Antoine et Hugo ont pris beaucoup de plaisir à repérer les mains humaines (parfois nombreuses) qui se camouflent derrière les illustrations.

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Animains_panda géant

A mi-chemin entre livre d’art et documentaire, Animains est une lecture à la fois plaisante et instructive. Seules réserves : on ressent bien la tendresse des auteurs pour chacune des espèces présentées, mais on en apprend finalement peu sur ce qui les rendent vulnérables. Les risques d’extinction ne sont évoqués que sur une double-page finale (dont la mise en page me semble assez rébarbative…), ce qui est dommage étant donnée l’ambition affichée par cet album de sensibiliser ses lecteurs à la préservation de la biodiversité. Par ailleurs, à moins de poser l’album sur une table, son format à l’italienne ne facilite pas la consultation des illustrations « verticales » (comme celle du panda ci-contre), heureusement peu nombreuses.

À faire découvrir à celles et ceux qui aiment l’art, la nature et… le camouflage !

Pour en savoir plus sur le handpainting de Guido Daniele, n’hésitez pas à consulter son site.

 

Extraits

« Dans certains pays d’Asie, les canards mandarins sont considérés comme un symbole d’amour et de fidélité, parce que mâle et femelle restent ensemble toute leur vie.
Le mâle est considéré comme l’un des plus beaux canards au monde. Ses plumes sont une explosion de couleurs et de motifs, contrairement à celles de la femme qui n’ont rien de spectaculaire. Mais il y a une bonne raison à cela.
La femme mandarin dépose ses œufs dans des creux d’arbres hauts placés. Ses plumes unies se mêlent aux ombres, dissimulant le nid aux prédateurs tels que les serpents, les chouettes ou les putois. »

« Un pygargue à tête blanche plane au-dessus d’un lac scintillant, ses immenses ailes déployées, à quelques 1000 mètres d’altitude. Même à cette hauteur, l’oiseau peut repérer un poisson nageant au loin. Les paupières de l’aigle produisent des gouttelettes huileuses qui enduisent ses yeux et atténuent le reflet de l’eau. L’expression « œil d’aigle » n’a jamais été plus appropriée. » 

Lu en janvier 2020 – Éditions du Genévrier, 16€

Petits tigres, de Jo Weaver (Kaleidoscope, 2019)

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« Petits tigres » : sur cette splendide couverture brille un titre qui sonne comme un oxymore, tant la réputation du tigre est terrible. Notre imaginaire a tendance à classer cet animal avec les loups et les lions, parmi les prédateurs les plus redoutables. Les tigres sont majestueux, fauves, terrifiants, mais on ne les voit habituellement pas comme petits. Et pourtant, le tigre est une espèce animale vulnérable, poussée dans ses retranchements par les humains…

Jo Weaver a donc mille fois raison de renverser les clichés avec ces petits tigres adorables qu’elle esquisse avec une tendresse communicative. L’intrigue est simple, mais palpitante : deux tigreaux et leur mère doivent fuir la présence des hommes et chercher un nouvel abri dans la jungle – une tanière chaleureuse et abritée de l’humidité et des autres animaux… Parviendront-ils à trouver refuge avant la tombée de la nuit ?

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Nous avons tourné les pages avec avidité, soucieux du devenir des félins et époustouflés par la beauté du décor digne des meilleures pages de Rudyard Kipling, sublimé par le trait de l’autrice. Ces dessins réalisés au fusain sont une merveille, un véritable hymne à la beauté de la nature sauvage ! Les trois tigres, qui se détachent grâce au jeu sur les couleurs, sont tout simplement irrésistibles et représentés avec beaucoup de sensibilité ; la préoccupation de la mère, la gaieté insouciante et la soif d’exploration des petits sont palpables.

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Petits tigres

Un hommage touchant à l’amour maternel et à la chaleur réconfortante des liens familiaux. Qui nous dit aussi, avec une douceur infinie, l’importance essentielle d’avoir un foyer – et la vulnérabilité terrible de ceux qui n’en ont pas.

Un merveilleux condensé de beauté et d’émotions, à partager en famille, en ronronnant de plaisir !

L’avis de Pepita est disponible ici.

Lu à voix haute en janvier 2020 – Kaleidoscope / L’école des loisirs, 13€

Les Zarnaks, de Julian Clary, illustré par David Roberts (ABC Melody, 2016)

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C’est qu’ils passeraient presque inaperçus, dans leur tranquille banlieue londonienne… Une famille qui déborderait certes d’énergie, dont les membres pourraient bien paraître un peu plus velus et dentus que la moyenne, mais alors vraiment en y regardant de près… La seule chose qui pourrait bien les trahir, c’est leur propension irrépressible à hurler de rire à la moindre occasion. Car oui, mais que cela reste entre nous, hein ! La vérité, c’est que les Zarnak sont une famille de hyènes !

Il souffle un vent de fantaisie et de bonne humeur sur ce petit roman dont la loufoquerie est toute britannique. Pour une raison qui m’échappe, les auteurs anglais semblent avoir la recette de ce type de romans à la fois follement extravagants et parfaitement plausibles, drôlissimes et corrosifs.

Zarnak_concombreCe charme singulier opère dès la couverture qui tourne en dérision les clichés de la petite famille traditionnelle et invite à se laisser aller à éclater (bruyamment) de rire ! Hugo et moi n’avons fait qu’une bouchée du roman à voix haute, ne nous interrompant pratiquement que pour nous tenir les côtes. Les péripéties des Zarnaks qui peinent à ne pas attirer l’attention, le comique de situation et les blagues intempestives de M. Zarnak ont ravi Hugo – ce n’est pas pour rien qu’il est un grand fan des blagues d’Astrapi… Mais le plus drôle, selon moi, ce sont les illustrations pleines d’ironie du talentueux David Roberts. Je ne suis pas étonnée qu’à la suite de Quentin Blake et Anthony Browne, il ait reçu le prestigieux prix Childrens’ Laureate. Rien que l’illustration ci-contre a fait s’esclaffer Hugo pendant cinq bonnes minutes !

Une telle dose de gaieté et d’entrain arrive à point nommé en cette période de grisaille. Mais le roman ne se limite pas à cela. Les tribulations des Zarnaks nous interrogent, certes sur le mode du rire, mais sur des sujets profonds et essentiels : les stéréotypes (car voyez-vous, les hyènes ne sont bien vues ni des hommes, ni des autres animaux), l’aliénation des humains passée au révélateur du regard des hyènes, leurs liens avec le monde animal, l’anticonformisme et la valeur de la tolérance.

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Un livre à proposer sans hésitation aux jeunes enfants qui, comme Hugo, aiment l’humour et les animaux. Le découpage en chapitres courts, la police relativement grande, le jeu sur les typographies et les illustrations faciliteront la lecture des apprentis-lecteurs. On en redemande !

Extraits

« Alors vous pouvez me croire quand je vous dis que l’histoire que je vais vous relater ici est RIGOUREUSEMENT VRAIE. Il est primordial que vous n’ayez aucun doute là-dessus dans la mesure où il s’agit d’une histoire tout à fait extraordinaire. Et drôle. Drôlement bizarre. Très drôle et très bizarre en fait.
Mais véridique. Chaque mot est vrai. »

« La première chose que vous devez comprendre avant que je ne commence mon récit, c’est qu’au fil des ans, les humains sont devenus plutôt présomptueux et qu’ils se croient maintenant très supérieurs à tous les autres êtres vivants.
C’est faux. Ce n’est pas parce que les humains savent lire et écrire ou parce qu’ils se servent de couteaux, de fourchettes et d’ordinateurs, qu’ils sont plus intelligents que les animaux. C’est même stupide ! Saviez-vous qu’un écureuil peut cacher dix mille noix dans les bois et se rappeler où est dissimulée chacun d’entre elles ? Alors je vous pose la question : pourriez-vous vous rappeler où vous auriez caché dix mille noix ?
Les grenouilles peuvent dormir les yeux ouverts. Et vous ?
Un chat peut se lécher le derrière ! Vous ne trouvez pas ça fort ? »

« – J’ai lu dans un journal que les gens avaient ce qu’ils appellent un « boulot », annonça un jour Amelia.
– Ce ne serait pas un truc qui se mange ? demanda innocemment Fred. Quelque chose qui se boulotte ? »

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Lu à voix haute en janvier 2020 – ABC Melody, Collection MeloKids+ (8 ans et plus), 13,50€

Histoires de fleuves, de Timothy Knapman, illustré par Ashling Lindsay et Irène Montano (Sarbacane, 2019)

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Les fleuves offrent un fil conducteur prodigieux pour explorer le monde ! À la fois frontière, lieu d’échanges et trait d’union entre des régions parfois distantes de milliers de kilomètres, ils sont aussi des écosystèmes, des lieux chargés d’histoire où résonnent légendes, mémoire des civilisations qui se sont succédé sur leurs rives et écho de mille et une aventures… Tirant partie de cette richesse, Histoires de Fleuves nous invite à une série d’expéditions captivantes dans les méandres de cinq fleuves mythiques.

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Au fil des pages, le Nil, le Mississippi, le Rhin, le Yangtsé et l’Amazone se déplient (littéralement) sous nos yeux, de la source à l’embouchure, restituant délicieusement les sensations et les couleurs d’un vrai voyage. Les illustrations sont luxuriantes. Non seulement elles rendent hommage à la géographie, l’histoire et la biodiversité de chaque fleuve, mais elles invitent à rêver d’évasion, d’aventures, d’explorations… Au fil de l’eau, on s’arrête à l’envi pour découvrir les anecdotes, les histoires et légendes charriées par chaque fleuve et l’on apprend une foule de choses : le Mississippi, par exemple, nous entraîne des terres gelées du Minnesota au golfe du Mexique, nous murmurant en route la légende d’un monstre mystérieux et l’histoire de peuples amérindiens et de la guerre de Sécession, avant de faire résonner la musique de la Nouvelle-Orléans…

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Au passage, cette lecture nous a fait prendre conscience de l’importance des fleuves en littérature, nous donnant le plaisir d’évoquer de belles lectures faites ensemble. Comment sillonner les rives du Mississippi sans penser aux aventures de Tom Sawyer et Huckleberry Finn, ou encore au Célèbre catalogue Walker & Dawn ? Celles de l’Amazone et du Nil sans évoquer L’explorateur et La déesse indomptable ? Le Yangtsé nous était moins familier, mais nous n’avons pris que plus de plaisir à le découvrir.

Un album stimulant qui ravit aussi bien les yeux que l’esprit et l’imaginaire !

Extraits

« Que le spectacle commence ! De 1830 à la fin des années 1930, de véritables théâtres flottants naviguaient sur le Mississippi, vers le sud comme le nord. Ils faisaient escale dans les villes bordant le fleuve et présentaient des spectacles musicaux, des ballets ou du cirque avec de vrais chevaux. Certains pouvaient accueillir jusqu’à 3400 spectateurs ! »

« LORELEI, LE ROCHER CHANTANT. Un jour, un homme prétendit avoir été ensorcelé par une belle jeune fille. Alors qu’on l’emmenait en prison, elle se jeta dans les eaux tumultueuses du Rhin. Depuis, les marins parlent d’une femme assise sur un « rocher chantant ». Envoûtés à leur tour par la beauté du chant, ils perdent le contrôle de leur bateau et chavirent. »

Lu en janvier 2020 – Sarbacane, 18,50€

Le Cirque Amicus, de Éric Sénabre et Christel Espié (Didier Jeunesse, 2019)

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Cette couverture attire l’œil comme une affiche de cirque. Approchez donc, faites un bon dans le temps jusqu’à l’année 1912 et suivez le jeune Collins dans les rues de Londres jusqu’au chapiteau du Cirque Amicus !

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N’hésitez pas, le spectacle vaut assurément le détour… Sous vos yeux ébahis se succèderont tours de force, clowneries et acrobaties. Mais le clou de la représentation est sans doute l’incroyable numéro exécuté par le dompteur Chapman, son lion et son ours. Du moins jusqu’au jour tragique où les deux bêtes se volatilisent inexplicablement, mettant en péril l’avenir du cirque. L’astucieux Collins n’hésite pas un instant et se met en quête d’indices…

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Antoine et Hugo sont toujours ravis d’avoir l’occasion de lire des albums. Notamment ceux qui, par leur texte plus étoffé, la teneur ou la complexité de leur propos, s’adressent à de « grands » enfants comme eux. Ils ont été captivés par l’enquête de Collins qui leur a donné l’occasion de retrouver un auteur dont nous ne manquons aucune publication depuis Sublutetia et une illustratrice dont nous avions déjà énormément apprécié le coup de pinceau dans Le visiteur de minuit.

Un décor fascinant, quelque part entre la Londres d’Oliver Twist et un univers de cirque fellinien, des personnages troublants, une intrigue menée tambour battant, portée par l’écriture vive d’Éric Sénabre et les illustrations flamboyantes de Christel Espié… Tout cela contribue à faire opérer le charme, de la première à la dernière page. Un album à faire découvrir sans hésiter aux amateurs d’enquêtes et de péripéties !

Cirque Amicus

 

Extraits

« Quand le jeune Collins vit la tente du chapiteau se gonfler au loin, près des docks de Londres, il frotta ses mains sales, ajusta sa casquette et boutonna le col de sa chemise. Il tâta la poche de sa veste élimée ; une seule pièce, même pas une deuxième pour lui tenir compagnie. Pour un gamin des rues comme lui, habitué à vivre de petits boulots, des renseignements qu’il marchandait à la police, l’arrivée d’un cirque était une opportunité à ne pas manquer. ‘Mars 1912 : la chance te sourit peut-être enfin, mon brave Collins !’ pensa-t-il en se mettant en route. »

« Tout le monde finit par s’éloigner, à l’exception de Collins, toujours à l’affût d’un indice. C’est alors qu’il remarqua un petit bout d’étoffe au milieu de la cage. N’ayant pas le bras assez long pour l’atteindre, il se procura une perche pour le faire glisser jusqu’à lui. C’était un bout de toile épaisse, bleu foncé, qui semblait avoir été déchiré. Collins le fourra dans sa poche, et inspecta les environs. »

Lu en décembre 2019 – Didier Jeunesse, 15,90€

Curieux mammifères, de Florence Guiraud (Saltimbanque, 2019)

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N’y allons pas par quatre chemins : Curieux mammifères est le plus beau documentaire qu’il nous ait été donné de lire depuis longtemps. Époustouflantes, les immenses illustrations de Florence Guiraud rendent grâce à la beauté et à la diversité des membres de la grande famille des mammifères. Leurs compositions attirent intelligemment notre attention aux étonnantes formes de nez, trompes, cornes, queues, pelages et autres cuirasses qui permettent aux différentes espèces de s’adapter à leur environnement. Mais surtout, elles restituent comme aucune autre les frémissements, la douceur, la vulnérabilité aussi, de ces animaux dont elles nous font sentir si proches…

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Ces graphismes émouvants vaudraient à eux seuls le détour. Cela dit, la qualité du texte est à la hauteur – il ne nous arrive pas souvent de lire (et relire !) un documentaire de bout en bout ! Florence Guiraud propose des éclairages complémentaires, combinant informations sur l’évolution, anecdotes historiques et restitution de croyances et mythes relatifs à certains animaux… On ne peut qu’être ébahi des super pouvoirs des différentes espèces. Il y a celles qui voient à des kilomètres dans le désert, celles qui plongent à 900 mètres de profondeur, celles qui réalisent des bonds fabuleux, celles qui disposent d’un radar naturel pour se mouvoir de nuit… Ce documentaire sort des sentiers battus en nous faisant découvrir de nombreux animaux dont nous ignorions jusqu’à l’existence : une mine d’informations aussi stupéfiantes que réjouissantes !

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Cet enthousiasme est à la mesure du désarroi ressenti en constatant que l’histoire est toujours la même. La recherche du profit et les superstitions alimentent le braconnage, le commerce d’ivoire, de fourrures, de cornes, contribuant ainsi à faire disparaître ces espèces une à une. À l’image du pangolin, au bord de l’extinction : traqué pour sa viande et ses écailles, il s’immobilise enroulé lorsqu’il se sent menacé et les braconniers n’ont plus qu’à se pencher pour le ramasser…

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Un majestueux cabinet de curiosité dont chaque double page charrie sa dose de grains dans le sablier de notre conscience. Indispensable !

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Extraits

« Les cornes ont plusieurs fonctions. Tout d’abord, c’est un signe de reconnaissance. Dans la savane, elles permettent aux antilopes et aux gazelles de se distinguer entre espèces. Elles sont aussi un atout de séduction et un signe de supériorité : les femelles préfèrent les mâles qui possèdent les plus grandes cornes. Celles-ci sont également un moyen de défense. »

« Il y eut jusqu’à 300 espèces d’éléphants, mais aujourd’hui il n’en reste plus que trois : l’éléphant de forêt, l’éléphant de savane et l’éléphant d’Asie. »

« Dans ces régions désertiques, les prédateurs abondent. Heureusement, le suricate possède une vue incroyable qui lui permet d’identifier un ennemi à des kilomètres de distance. Alors que certains membres du groupe cherchent la nourriture, d’autres surveillent et se tiennent prêts, pour les avertir, à pousser des cris stridents, sortes de vocalises bien spécifiques. L’organisation dans leur société est basée sur l’entraide et l’altruisme. Tout repose sur la coopération et le partage du travail. Chacun contribue à la protection du groupe, à l’entretien du terrier, à la surveillance des petits. Et même la défense contre des prédateurs, comme le cobra, se fait à plusieurs. Prédateurs, ils n’hésitent pas à s’attaquer à plusieurs à ces serpents venimeux ou à des scorpions dont ils se délectent. »

Lu (et déjà relu !) en décembre 2019 – Saltimbanque, 22€