Des vacances timbrées, de Mathilde Poncet (Les fourmis rouges, 2020)

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Quelle merveille que ce premier album de Mathilde Poncet ! Serait-elle un peu sorcière ? En quelques pages, elle parvient à condenser des rêves entiers, des trésors de fantaisie, d’incroyables mondes imaginaires !

Écriture

Le texte écrit d’une écriture ronde pourrait être celui d’une carte postale envoyée par une petite fille à sa grand-mère. Elle raconte le voyage en train, l’animatrice, les autres enfants, le campement, les baignades, les rencontres, les jeux et les veillées… Chacun des ces mots est sublimé par les illustrations qui les revisitent, les fondent et les modèlent pour nous entraîner dans un univers fabuleux : l’animatrice et les camarades sont des créatures dignes d’un film de Miyazaki, le transport est assuré par un crapaud géant et par une sorte de monstre du Loch Ness à la crinière bleue, le paysage fourmille de surprises, de clins d’œil et d’étrangetés qui se révèlent un peu plus à chaque lecture.

Extrait 1

Extrait 2

 

On pourrait se dire que la rédactrice de la lettre a eu de la chance de séjourner dans un endroit aussi extraordinaire.

Nous avons plutôt vu dans ces pages un hymne à l’imagination et à l’esprit de l’enfance qui peuvent donner une dimension merveilleuse à un simple feu de camp, une cabane construite dans un arbre, une plongée dans les eaux intrigantes d’un lac ou même à la magie de pouvoir envoyer une missive en la glissant dans la boîte aux lettres.

 

 

Nous étions donc déjà complètement sous le charme de cette colonie de vacances lorsque la petite fille a posé le point final de sa lettre. Nous n’étions pourtant pas au bout de nos surprises ! La réponse de la grand-mère, dans les dernières pages, nous ont pris de court de façon toute réjouissante.

Cet album est drôle, tendre et splendide. Un vrai régal pour les yeux et pour l’imaginaire. Une invitation séduisante à rêver en grand format, à s’émerveiller de tout et… à écrire des lettres. C’est un coup de cœur familial et nous allons suivre de très près les parutions de Mathilde Poncet !

Lu en août 2020 – Les fourmis rouges – 17,90€

Horribles énigmes, de Victor Escandell et Anne Gallo (Saltimbanque, 2020)

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Hugo, neuf ans, adore jouer au détective : il se délecte des petites énigmes d’Astrapi, des jeux d’escape game et des livres ludiques proposant au lecteur de mener son enquête. Ces derniers temps, il aime aussi les « histoires qui font peur » – celles qu’il se raconte avec son frère et celles que nous lisons ensemble. Pendant le confinement, le splendide roman graphique Thornhill et Le cas étrange du Dr Jekyll et de Mr Hyde leur ont fait forte impression, et la nouvelle édition de Dracula illustrée par François Roca figure très haut sur notre liste d’envies. Logiquement, donc, Hugo a eu immédiatement envie de se plonger dans l’album Horribles énigmes, paru récemment aux éditions Saltimbanque.

L’idée est excellente : raconter l’histoire d’une dizaine de créatures monstrueuses, en terminant à chaque fois par une énigme soumise à la sagacité du lecteur.

Horribles énigmes_loup garou

Les premières pages nous font entrer dans le rôle du détective avec une série de conseils pour devenir un enquêteur hors-pair. Elles plantent aussi le décor et invitent à s’y immerger, en découvrant ce livre dans la pénombre (à l’aide d’une lampe de poche !), en diffusant un fond musical lugubre et adoptant un ton de circonstance – conseils que nous avons évidemment suivis à la lettre, pour le plus grand plaisir de Hugo ! On peut ensuite choisir un monstre dans l’alléchant menu qui est proposé – de Frankenstein aux sorcières, en passant par le comte Dracula, Mr Hyde et le monstre du Loch Ness, toutes les stars du genre y sont.

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Chaque chapitre comprend une petite introduction documentaire sur l’histoire de l’histoire (par exemple l’écriture de Frankenstein par Mary Shelly il y a deux siècles, ou la chasse aux sorcières au Moyen-Âge). Suit un effrayant petit récit illustré de la vie de la créature en question, conclu par une énigme à résoudre grâce aux indices. On peut ensuite vérifier ses intuitions en décryptant le texte des solutions grâce à la clé fournie.

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J’ai trouvé que cet album offrait une alternative divertissante à l’histoire du soir classique, plus interactive grâce à la mise en place de l’ambiance et aux cogitations pour résoudre chaque mystère. Les énigmes se sont révélées un peu faciles pour nous. Cela n’a pas vraiment altéré le plaisir du jeu et du partage, mais pour cette raison, je conseillerais donc cet album plutôt à des lecteurs du début de l’école primaire – enfin à ceux qui n’ont pas froid aux yeux ! Cela dit, les lecteurs plus grands apprendront plein de choses sur l’histoire des « monstres ». Seule chose à savoir : les histoires dévoilent des aspects-clé de romans célèbres (dénouement compris) et il vaut peut-être mieux éviter si vous avez prévu d’en lire un prochainement.

Un livre-jeu au sens large du terme, parfait pour aiguiser son sens de l’observation et de la logique – et pour apprivoiser ses peurs !

Extraits

« La logique sera ta principale alliée dans ces énigmes. Qui a eu un comportement suspect ? Qui a eu un comportement suspect ? Qui correspond aux descriptions d’un témoin ? Qu’est-ce qui pourrait faire tomber des soldats de plomb ? La logique te permet de faire des listes de réponses possibles.
L’observation est aussi un sens très développé chez les enquêteurs. Un objet qui a changé de place, un récipient mystérieusement vide, une expression inhabituelle sur un visage ? Tu devras être attentif aux détails ! »

« Avec des amis, une toile de tente dans un jardin est un lieu parfait pour se flanquer une bonne frousse pendant l’enquête. »

« Au Moyen-Âge, les gens croyaient aux sorcières, des femmes qui auraient signé un pacte avec le diable. Elles pouvaient ainsi détruire des récoltes ou causer des épidémies d’une simple formule magique. Une femme vivant seule et connaissant les secrets des plantes était immanquablement suspectées de sorcellerie. Elles furent des centaines d’innocentes à être condamnées à mort alors qu’elles n’essayaient que de soigner les gens avec des potions. »

Julian est une sirène, de Jessica Love (2018 pour l’édition originale en anglais, 2020 pour la traduction française parue chez Pastel)

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On a tous une lubie chérie, une chimère secrète, un rêve qui nous tient particulièrement à cœur. Julian, lui, adore les sirènes. Quel plaisir rien qu’à l’idée d’ondoyer gracieusement dans l’eau turquoise et d’évoluer dans un arc-en-ciel de poissons multicolores et scintillants ! Une idée si enthousiasmante que Julian décide un jour de la vivre… Mais quelle sera la réaction de l’imposante Mamita ?

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Les personnages sont touchants d’expressivité, le décor plein de petits détails et clins d’œil qui se révèlent au fil des lectures… Nous avons eu un immense coup de cœur pour les illustrations de cet album qui célèbrent les charmes de la Mermaid Parade, défilé de sirènes qui illumine Brooklyn chaque année : un vrai festival de couleurs chaudes comme le soleil des tropiques, de fourrures, d’écailles, de perruques et autres parures qui donnent envie de laisser libre cours à ses envies les plus folles ! Une ode à l’élégance, d’autant plus enthousiasmante qu’elle s’épanouit par-delà les normes et les carcans. Et un magnifique message d’amour – de ceux qui transcendent toutes les différences et tous les jugements.

Samba !

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Lu en juin 2020 – Pastel, 13€

Amoureux, de Hélène Delforge et Quentin Gréban (Mijade, 2020)

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Beaucoup de mots ne devraient se décliner qu’au pluriel. Prenez « Amour », par exemple : ce mot unique recouvre en réalité un kaléidoscope d’expériences singulières qu’il serait très dommage de cantonner aux clichés : « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants… » Oui, certes, mais parlons aussi du flirt, du coup de foudre, de la complicité construite pendant toute une vie, et du spectre infini que l’on peut imaginer entre ces pôles. Des amours euphorisantes et joyeuses. Des amours tendres, dévorantes, sensuelles, coquines. Des amours vacillantes, tourmentées, nostalgiques. Amours adolescentes, amours surgies au crépuscule d’une vie quand on ne les attendait peut-être plus. Amours de marins, amours de serveuses, amours de soldats, amours de femmes…

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Ce sont ces saveurs douces et amères que ce très bel album célèbre en grand format. Multitude d’histoires racontées et illustrées avec poésie, souvent condensées en une pensée, une impression fugace.

Je ne lis pour ainsi dire aucune romance, et peu de livres conceptuels : il ne m’arrive pas souvent d’apprécier une lecture s’il n’y a pas une intrigue bien construite qui m’emporte de la première à la dernière page. Pourtant, j’ai été touchée par ces histoires que j’ai lues comme une ode à la vie. Qui rappellent aussi à quel point l’essentiel est précieux et éphémère. Des messages qui résonnent particulièrement en cette période qui nous bouscule dans nos certitudes et nous invite à nous recentrer sur l’essentiel. Une parenthèse hors-sol, une onde de douceur qui font du bien.

Le charme vintage des illustrations qui évoquent les années folles, la Libération et les Trente Glorieuses explique sans doute l’envie irrésistible que me donne cet album de fredonner des airs connus de Brel, de Piaf, de Brassens ou de Barbara. Je termine donc cette chronique en musique !

« Voilà combien de jours, voilà combien de nuits
Voilà combien de temps que tu es reparti
Tu m’as dit cette fois, c’est le dernier voyage
Pour nos cœurs déchirés, c’est le dernier naufrage
Au printemps, tu verras, je serai de retour
Le printemps, c’est joli pour se parler d’amour
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris
Et déambulerons dans les rues de Paris. »
(Barbara)

Les avis de Linda et de Chloé

Lu en mai 2020 – Mijade, 20€

Non ! de Jeanne Ashbé (L’école des loisirs, 2008)

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Ce soir, je vous parle d’un temps où je n’avais pas de blog…

On me demande souvent à quel moment nous avons initié nos lectures du soir. Et bien, pratiquement depuis la naissance d’Antoine. Impatiente de partager cela avec lui, j’ai très vite pris l’habitude de ce moment quotidien autour de premiers livres qui nous sont restés très chers. Les garçons aiment encore les relire, surtout pour le plaisir de se souvenir. À l’époque, je (re-)découvrais la richesse de l’univers de la littérature jeunesse, mais je me souviens très bien de ce que je recherchais : des livres maniables qui ne craignent pas d’être manipulés et mis à la bouche. Des textes qui sonnent pour le plaisir du rythme et de la musicalité des mots, pour des lectures qui bercent. Et surtout: de vraies histoires, avec ce qu’il faut de tension dramatique. Et oui, même quand on s’adresse à un bébé : en quelques pages, c’est possible ! Plus vite qu’on ne le pense, les petits peuvent savourer le charme des histoires. Elles sont sublimées lorsqu’elles sont explorées ensemble, à voix haute sans hésiter à les jouer un peu…

Certains albums offrent tout cela à la fois. Dans notre collection, ceux de Jeanne Ashbé occupent une place particulière. Prenons Non ! par exemple, l’un des tous premiers livres de la bibliothèque d’Antoine. Un récit plein de suspense (même à la centième relecture, je peux en témoigner !) qui se noue en quelques pages : petit poisson rouge a faim, enfin faim d’un bonbon. Mais grand poisson rouge a dit non, déclenchant un rapport de force qui monte en intensité… jusqu’au dénouement final qui donne envie de se tomber dans les bras.

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Le texte rythmé et rimé, presque musical, entraînant comme une comptine. Et l’objet-livre n’est pas en reste : petit format carré parfait pour les menottes d’un bébé, jolis graphismes colorés qui accrochent l’œil, pages cartonnés qui résistent aux usages éprouvant d’un dévoreur de livres en herbe.

Des années ont passé, chacune marquée par ses lectures. Mais nous connaissons encore par cœur les albums de ce temps-là.

Lu et relu – L’école des loisirs (Pastel), 6€

Là-bas, de Rebecca Young et Matt Ottley (Éditions Kaléidoscope, 2020)

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Les éditions Kaléidoscope ont eu mille fois raisons de traduire de l’anglais cette pépite d’album et de nous faire découvrir par la même occasion les illustrations extraordinaires de Matt Ottley. Cet auteur-illustrateur très populaire en Australie a signé une vingtaine d’albums qui semblent tous plus beaux les uns que les autres. Il était temps de permettre aux lecteurs francophones de s’y plonger et j’espère que d’autres suivront très bientôt !

On dirait un conte : un garçon doit quitter son pays, avec pour tout bagage une gourde, une couverture, un livre et une petite tasse pleine de sa terre natale. Sa petite barque l’entraîne au large, dans l’immensité de l’océan. Parviendra-t-il un jour à toucher terre ? Un beau jour, l’espoir renaît, prenant la forme d’une petite pousse germée dans sa tasse…

Le texte de Rebecca Young est d’autant plus fort qu’elle en pèse chaque mot, laissant la poésie opérer et les illustrations prendre le relai. Il faudrait dire les tableaux ! Les peintures à l’huile de Matt Ottley nous ont coupé le souffle. Quel hommage à la beauté intimidante de la nature, à la majesté de la mer, aux mondes merveilleux qui frémissent sous la surface de l’eau !

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Et quel talent pour dessiner l’appréhension, les souvenirs qui assaillent, le désarroi et le réconfort.

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Comme tous les contes, Là-bas parle de beaucoup de choses universelles : de l’exil, évidemment, mais aussi de l’épreuve de devoir quitter ce qu’on connaît pour aller vers l’inconnu. On pourrait aussi y lire une histoire sur l’épreuve de grandir. Chacun y trouvera ce qui lui parlera le plus, toutes et tous seront réconfortés par le beau message d’espoir porté par cet album.

On referme ce livre apaisé et enivré par tant de beauté. Enchanteur !

Lu en mai 2020 – Kaléidoscope, 13€

Métamorphoses, de Frédéric Clément (Seuil Jeunesse, 2015)

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Concours de circonstance, il se trouve que Antoine et Hugo ont tous les deux au programme de cette année la reproduction des insectes et des batraciens. Pendant le confinement, ils doivent donc regarder chacun des reportages vidéo, lire des entrées d’encyclopédies, remplir des fiches et des schémas et imaginer des expériences en lien avec cette thématique. J’ai eu envie de leur proposer d’appréhender le sujet différemment avec cet album qui invite à s’émerveiller des innombrables petits miracles de la nature…

Le fil conducteur est donc celui des métamorphoses, des changements de forme parfois prodigieux que connaissent certains êtres vivants : moustique, grenouille, champignon, papillon, etc.

« Patientez deux ou trois jours, loupe à l’œil, car l’œuf de moustique est minuscule.
Tout à coup, déclic, l’œuf se secoue, se tortille. En sort, sous l’eau, une créature étrange et translucide,
LA LARVE. »

L’auteur jubile, à l’évidence, en racontant chacune de ces transformations comme une histoire pleine de suspense ! La narration est émerveillée, le texte rythmé comme une poésie dont on a envie de faire résonner chaque mot. Surtout les termes magiques que les enfants aiment répéter rien que pour leur sonorité et leur mystère : nymphe, sporophore, mycélium, chrysalide, monocotylédone…

« Pas un mouvement. Proche d’un sommeil de Belle au bois dormant. Même un être aussi petit que moi, Pisello Petit-Pois, peine à percevoir sa faible respiration par les minuscules trous de sa fine cuirasse de chrysalide. Pourtant, à l’intérieur tout bouge, tout se transforme. Secrètement. Minutieusement. Formidablement. »

Cet émerveillement est prolongé par les illustrations. On reste bouche bée en voyant la nymphe de moustique s’extirper de sa carapace, le pistil d’une fleur enfler et s’arrondir pour devenir une poire, la tulipe s’épanouir à partir d’un insignifiant petit bulbe… Chaque illustration est un tableau. Un hommage émouvant à une nature fascinante, frémissante de vie, mais fragile et éphémère.

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Un grand merci à Colette qui nous a offert cet album hors-classe, entre documentaire et livre d’art, récit et poésie. Un spectacle qui a captivé toute la famille ! De quoi nous donner envie de découvrir Parades et Camouflages, du même auteur.

Ida. L’extraordinaire histoire d’un primate vieux de 47 millions d’années, de Jørn Hurum, Torstein Helleve et Esther van Hulsen (Albin Michel Jeunesse, 2013)

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C’est un documentaire d’un genre unique que voilà !

Ce grand format évoque l’Éocène, une époque fascinante, vieille de presque 50 millions d’années : les dinosaures ont disparu depuis un bon bout de temps, mais les mammifères, eux, ont survécu grâce à leur petite taille. C’est d’ailleurs à travers la perspective d’une petite primate que l’on découvre une jungle située dans une région qui deviendra un jour… l’Allemagne. La forêt est luxuriante, frémissante de bruits, de vie et de créatures inattendues, comme celle du Gastornis, un oiseau si gigantesque et massif qu’il était incapable de voler…

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Je m’égare ! Si je disais que ce documentaire se distingue, c’est qu’il est très malin dans sa construction. La première moitié du livre raconte la vie d’Ida sous forme d’histoire richement illustrée. On y entre facilement, comme dans une fiction, et il y a quelque chose de très émouvant à la voit naître, grandir, trembler, explorer, puis mourir…

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… l’histoire ne s’arrête pas là !

Les pages suivantes expliquent de façon très précise comment les chercheurs, à partir d’indices comme le corps fossilisé d’Ida, peuvent reconstituer l’histoire qui vient d’être racontée : faune, flore, chaîne alimentaire… C’est absolument passionnant de découvrir, schémas et illustrations à l’appui, chacune des étapes du travail des paléontologues qui ont examiné le fossile d’Ida. On ressent aussi intensément la fièvre qui s’empare d’eux face à une découverte d’une telle importance ! Le documentaire monte progressivement en généralité en abordant la dérive des continents, les grandes transformations climatiques, la théorie de l’évolution, l’évolution des primates et même… les désaccords entre scientifiques et les zones d’ombres qui subsistent.

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Cerise sur le gâteau, les dernières pages proposent d’apprendre à dessiner Ida, de préparer une salade à base de végétaux de l’époque, de faire sa gym avec notre primate préférée et de jouer à reconnaître les animaux de la première partie dans les photos de leurs fossiles. De quoi susciter des vocations scientifiques !

Lu et relu – Albin Michel Jeunesse, 14,50€

Je suis un animal, d’Alfredo Soderguit (Didier Jeunesse, 2018)

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Affirmation troublante à première vue : « Je suis un animal ». Mais quand on y pense…

Je suis un animal

C’est là toute la proposition de ce bel album qui suscite une réflexion vertigineuse sur la base d’un principe pourtant simple : de grandes doubles pages colorées avec, à gauche, des états parmi les plus familiers (« quand j’observe », « quand j’écoute », « quand je mange », « quand je dors »…) et à droite, une illustration représentant un animal. Mots et images s’entrechoquent, nous interrogeant sur notre animalité.

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Car qui parle ? L’affirmation « Je suis un animal » revient plusieurs fois et le narrateur, dont on ne distingue initialement que l’extrémité de la crinière, se révèle petit à petit…

Les lecteurs de tous âges y retrouveront leur compte avec ce livre. Il est un peu imagier, avec ses illustrations stylisées pleines de classe, composant un bestiaire où l’on retrouve, à côté des suspects habituels, une chauve-souris, un perroquet ou encore un flamand rose… Le suspense est aussi au rendez-vous car il faudra attendre la dernière page pour connaître le fin mot de l’histoire. Les plus grands se laisseront volontiers inviter à réfléchir à la question passionnante de la démarcation pas si évidente entre humains et animaux. L’occasion de prendre conscience de notre part d’animalité… mais aussi de réaliser que les animaux, comme nous, dansent, rient, jouent et rêvent.

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Un album stimulant pour réveiller son côté sauvage !

Les avis de Pépita et de Chlop

Lu et relu depuis février 2019 – Didier Jeunesse, 20€

Nico et Ouistiti explorent les fonds marins, de Nadine Brun-Cosme et Anna Aparicio Català (ABC Melody, 2019)

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Quoi de plus de grisant en ce moment que d’imaginer pouvoir ouvrir une trappe et se laisser glisser vers un univers infini ? Ce premier tome des aventures de Nico et de Ouistiti, son ami singe, prend une dimension particulière dans la période d’enfermement que nous vivons…

Hugo et moi n’avons pas résisté au charme enfantin des illustrations d’Anna Aparicio Català dont je continuerai à suivre les publications avec beaucoup de curiosité. À l’évidence, l’illustratrice espagnole s’amuse à imaginer un univers steampunk de machines toutes plus intrigantes les unes que les autres.

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Puis à déployer sous nos yeux émerveillés tout un monde marin, lorsque Nico et Ouistiti partent en exploration. Il y a de quoi se sentir impressionné face à l’immensité de cette fresque ondulante de créatures aquatiques multicolores ! Pourtant, nos deux aventuriers, s’ils osent se jeter à l’eau, pourraient bien, si minuscules soient-ils, avoir un rôle à jouer…

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Cet album a de quoi faire rêver les enfants. Qui n’adorerait pas avoir un singe pour compagnon, passer ses journées à bricoler des engins géniaux et partir en expédition dans les contrées les plus reculées de notre planète ? La destinée de Nico et Ouistiti invite à se lancer vers l’inconnu et la promesse de mille splendeurs inattendues. Cela dit, l’intrigue nous a laissés un peu sur notre faim. J’apprécie ce que propose Nadine Brun-Cosme dont j’ai déjà eu l’occasion de parler ici, mais j’ai trouvé que cette histoire-ci était racontée en naviguant à vue (sans mauvais jeu de mot !) et qu’un peu de tension narrative aurait été bienvenue.

Un très joli album tout de même, à proposer à toutes celles et ceux qui aiment s’imaginer d’incroyables univers marin sous la surface de l’eau…

Lu en mars 2019 – ABC Melody, 16€