La plume de Perrine Tripier, 25 ans, m'a bluffée dès les premières lignes – limpide, chaque mot ciselé, semblant cristalliser à lui seul un monde n’appartenant qu’à elle. Me voici donc dans un pays tout entier sous la coupe despotique d’un empereur. Martabée, historienne de renom, est appelée à travailler sur ce qui se profile... Lire la Suite →
Tout le bruit du Guéliz, de Ruben Barrouk (Albin Michel, 2024)
Ce premier roman revient sur une étrange équipée dans le quartier du Guéliz, à Marrakech, pour venir en aide à la grand-mère de l’auteur. Cette dernière est aux prises avec un intrus. Un cambrioleur ? vous demanderez-vous peut-être. Un visiteur importun ? Un démarcheur ? Un insecte envahissant ? Non, ce qui tourmente la vieille dame au point de... Lire la Suite →
Houris, de Kamel Daoud (Gallimard 2024)
Un roman célébré mais qui, à moi, m'a semblé interminable : l'épreuve de cette rentrée littéraire ! Depuis sa parution au mois d’août, je tournais autour. J’avais déjà apprécié l’inventivité de Kamel Daoud dans Meursault, contre-enquête, entendu que son nouveau roman racontait une guerre civile algérienne récente dont je n’avais aucun souvenir, puis observé sa... Lire la Suite →
Les guerriers de l’hiver, de Olivier Norek (Michel Lafon, 2024)
Un peu à la manière de Ken Follett, Olivier Norek offre un récit romancé et incarné de la guerre d’Hiver qui opposa la Finlande à la Russie entre novembre 1939 et mars 1940. En lisant ces pages, on vit à hauteur de soldat, d’infirmière, de dignitaire ou de petite souris infiltrée dans l’état-major russe les... Lire la Suite →
Le syndrome de l’Orangerie, de Grégoire Bouillier (Flammarion, 2024)
Comment allez-vous, par les temps qui courent ? Est-ce que vous aussi, ça vous chatouille, voire vous gratouille désagréablement ? Pour me remettre de l’élection présidentielle américaine ou au moins tenter de me changer les idées, j’ai décidé de lire le nouveau roman de Grégoire Bouillier (alias le détective Bmore comme chacun sait). Qui, figurez-vous, souffre, lui... Lire la Suite →
Terres promises, de Bénédicte Dupré La Tour (Les éditions du Panseur, 2024)
Les Terres promises sont celles du grand ouest, ces contrées réputées vierges où au 19e siècle, aventuriers, maudits et désespérés cherchaient à prendre un nouveau départ. Les promesses étaient dorées, la réalité d’une noirceur inimaginable à l’encre de laquelle Bénédicte Dupré La Tour nourrit sa plume. Ayant tout récemment dévoré Mémoires sauvées de l'eau, de... Lire la Suite →
Mémoires sauvées de l’eau, de Nina Leger (Gallimard, 2024)
L’exploration des grands espaces américains, la conquête de l’Ouest et la ruée vers l’or ont souvent été traitées dans les films et la littérature comme une période exaltante. Pourtant, on en connaît aussi la noirceur. La première découverte d’or au milieu du 19ème siècle a charrié des meutes de pionniers qui ont partagé le territoire... Lire la Suite →
Le rêve du jaguar, de Miguel Bonnefoy (Rivages, 2024)
Pour conquérir le cœur d’une jeune fille, le protagoniste du Rêve du jaguar collecte auprès des passants une myriade d'histoires d’amour extraordinaires qu’il rassemble dans un cahier. Miguel Bonnefoy donne l’impression de s’être, lui aussi, posté dans les rues de Maracaibo, toutes oreilles ouvertes, puis d’avoir tissé une mosaïque de destins romanesques : dans ces pages,... Lire la Suite →
Vous êtes l’amour malheureux du Führer, de Jean-Noël Orengo (Grasset, 2024)
Le genre de l’autofiction est florissant mais en matière d’écriture de soi, nul n’arrive à la cheville d’Albert Speer, architecte du IIIe Reich, protégé intime de Hitler qui en fit son ministre de l’armement. Comment un homme aussi compromis parvint-il, après guerre, à échapper à la potence et à imposer son récit au point de devenir... Lire la Suite →
La petite bonne, de Bérénice Pichat (Les Avrils, 2024)
Certain.e.s auteur.ice.s me sidèrent par leur capacité à développer une intrigue à partir de presque rien : un quasi huis-clos borné par une maison bourgeoise des années 1930, un trio de personnages – la petite bonne qui donne son titre au roman, son maître, sa maîtresse – et un élément perturbateur qui aurait pu rester insignifiant :... Lire la Suite →