Akita et les grizzlys, de Caroline Solé et Gaya Wisniewski (L’école des loisirs, 2019)

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Dans le grand blanc sauvage qui règne sur la forêt polaire, une petite fille de sept ans, ça paraît minuscule ! Il ne faudrait pas qu’une bête gigantesque et féroce ne vienne à surgir. Je sais bien comment vous envisagez la situation, mais je vous arrête tout de suite, vous n’y êtes pas du tout. Akita est petite, certes, mais elle est aussi et surtout redoutable. Et les grizzlys du titre ne sont pas les prédateurs attendus, mais plutôt d’effrayants démons intérieurs. Pour tenter de les apprivoiser, Akita doit se rendre au fond des bois, chez la mystérieuse vieille femme qui vit dans la glook glacée…

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« La glooglooka la jettera-t-elle dans une marmite de graisse de phoque brûlante ? »

Akita_extrait 2Akita est un merveilleux petit texte, une pépite à faire découvrir aux jeunes lecteurs qui commencent à lire des romans. Tout y est ravissant, à commencer par les illustrations à l’aquarelle de Gaya Winsniewski. Dans la continuité de ses albums précédents, la talentueuse illustratrice continue de nous régaler de scènes hivernales qui font la part belle à la nature, aux émotions et à l’imaginaire. Et à un univers polaire traversé par la magie du feu, des traineaux et des aurores boréales.

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Le texte de Caroline Solé n’est pas en reste, piquant notre curiosité, nous prenant par la main pour nous entraîner au plus profond de la grotte de la glooglooka dont on se demande bien si Akita parviendra à ressortir indemne. De façon métaphorique, l’histoire montre, comme nulle autre, les sentiments si difficiles à dompter qu’ils peuvent terroriser, les contradictions parfois douloureuses qu’implique l’acte de grandir, et le pouvoir de l’imaginaire et (aussi lointain que le monde d’Akita puisse paraître) de la psychologie pour y faire face. Tout cela en 80 pages à peine !

Une lecture merveilleuse qui laisse un goût réconfortant de sirop de bouleau sur les lèvres…

L’avis de Pepita est disponible par ici.

Extrait : « Quand Akita ressent une colère noire, son corps devient chaud, tremblant comme s’il était parcouru par une vague incontrôlable et qu’un monstre allait sortir de sa bouche.
La première fois qu’elle a ressenti cette force mystérieuse et menaçante, il y a quelques mois, elle a pensé à un animal sauvage, celui qu’elle guette par la fenêtre : l’ours, le mammifère le plus puissant sur Terre. »

Lu à voix haute en mars 2020 – L’école des loisirs, 8€

Tekenika, de Daniel Hénon (L’école des loisirs, 2019)

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Capture d’écran 2019-10-14 à 22.28.02Dans son dernier album, paru au mois de septembre, Daniel Hénon s’inspire d’une nouvelle de l’écrivain chilien Francisco Coloane pour nous conter en quelques mots évocateurs l’histoire d’une petite fille inuit. Comme souvent dans les contes, la vie n’épargne pas Tekenika : son père n’est jamais rentré de sa dernière pêche, comme englouti par les eaux glacées, laissant sa mère désemparée. Mais la fillette ne se laisse pas abattre et prend les choses en main : « Maintenant qu’il n’est plus là, c’est Tekenika qui rapportera le poisson. » Alors oui, la fillette est encore petite et la mer pleine de surprises dépassant tout ce que l’on pouvait imaginer… Mais quand on fait les bonnes rencontres, une dose solide de courage et de ténacité peut avoir raison des situations les plus désespérées !

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Le grand format de l’album et la concision du texte font la part belle au charme des illustrations peintes à l’aquarelle par Daniel Hénon. Toutes ne sont pas à la hauteur de la magnifique couverture, mais c’est dans l’ensemble un vrai plaisir pour l’œil qui se régale des paysages polaires et des ténèbres des fonds marins, en fort contraste avec la chaleur du foyer et des vêtements de fourrure. On s’attendrait presque à ce que Tekenika se détache du papier et prenne vie tant sa tristesse, sa détermination, sa colère, sa frayeur et son espièglerie sont expressives.

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Un vent d’aventure venu du grand nord souffle sur cet album qui porte un joli message d’espoir en forme d’invitation à repousser ses limites. Même quand on est une toute petite fille !

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Pour une autre aventure en mer, n’hésitez pas à découvrir aussi Le secret du rocher noir, chez le même éditeur.

Lu à voix haute en septembre 2019 – L’école des loisirs, 12,70€