Maniac est un roman des plus déroutants. Comment expliquer ? Un physicien dépressif se tire une balle, un génie des maths prend conscience de tout le potentiel des technologies humaines, puis une machine met l’humanité échec et mat au 37e coup – vous avez suivi ? Le livre détonne par sa forme semi-fictionnelle et kaléidoscopique, un triptyque... Lire la Suite →
Jour de ressac, de Maylis de Kerangal (Verticales, 2024)
Il y a des coups de fil qui vous submergent. La narratrice de Jour de ressac est littéralement percutée par celui de la police judiciaire du Havre et peine à retrouver son équilibre : "nous aimerions vous entendre dans le cadre d’une affaire vous concernant". Que peut-elle avoir à faire avec le corps retrouvé deux jours... Lire la Suite →
Célèbre, de Maud Ventura (L’Iconoclaste, 2024)
J’avais adoré Mon mari au point de passer commande du nouveau roman de Maud Ventura sans même en avoir lu le résumé. Malheureusement, la jubilation espérée n’a pas été au rendez-vous. Comme dans le premier roman, la narratrice de Célèbre est outrancière, obsessionnelle, hors du commun dans l’énergie qu’elle est capable de déployer au service... Lire la Suite →
Les derniers jours du Parti socialiste, de Aurélien Bellanger (Seuil, 2024)
En remontant le fil de l’histoire du Mouvement du 9 décembre, double de papier du Printemps Républicain fondé en réaction aux attentats de 2015, Aurélien Bellanger sonde les dérives de mobilisations qui, au nom de la défense d’idéaux laïcs et républicains, auraient brouillé les frontières entre droite et gauche, voire enterré cette dernière en lui... Lire la Suite →
Jacaranda, de Gaël Faye (Grasset, 2024)
Huit ans après Petit Pays, le nouveau roman de Gaël Faye était l’un des plus attendus de cette rentrée littéraire. Il va sans dire que j’avais repéré de longue date sa belle couverture poétique et que j’étais sur les rangs pour le lire dès sa sortie. Jacaranda sonde les failles laissées par le génocide au... Lire la Suite →
Le Bastion des Larmes, de Abdellah Taïa (Julliard, 2024)
Six sœurs, trois frères. Dans cette société marocaine qui cloisonne largement l’existence des hommes et des femmes, c'est de ses sœurs que Youssef se sent proche. Elles forment un cercle soudé et fascinant qu’il désespère de pouvoir rejoindre. À l’occasion d’une visite dans la ville de leur enfance, Salé, pour vendre l’appartement de leur mère,... Lire la Suite →
Arcadie, de Emmanuelle Bayamack-Tam (POL, 2018)
La voix de Farah s’impose d’emblée – ce ton tonique et implacable d’ado dont on ne sait pas complètement s’il témoigne d’un sens de l’observation redoutable ou d’une ironie plus féroce encore. Il faut dire que la communauté de Liberty House offre à Farah un terrain propice. Ce havre en retrait du monde abrite un... Lire la Suite →
Calme et tempête, de Maeva Rubli (Joie de Lire, 2024)
Calme et tempête est de ces albums qui se lisent dans les deux sens. Recto l’histoire d’un garçon au visage étrangement bleuté et aux boucles tendres. Verso celle d’un enfant livide. Deux mouflets donc a priori on ne peut plus différents. Sauf qu’à voir leurs sourires timides et leurs regards qui en disent long, on... Lire la Suite →
Le Sang des innocents, de S.A. Cosby (Sonatine, 2024)
Titus Crown a fort à faire à l’approche de la Foire d’automne. L’élection de l’ex-agent du FBI comme shérif du bien-nommé comté de Charon galvanise les suprémacistes locaux qui ne se remettent pas qu'un homme noir occupe ce poste. En face, au contraire, les contre-manifestants comptent sur lui pour endiguer les violences racistes – y... Lire la Suite →
De délicieux enfants, de Flore Vesco (L’école des loisirs, 2024)
« Une bouche pleine se tait, alors qu’une bouche vide… Ah ! ça oui, ils parlent ! » De délectables pages que celles mijotées par Flore Vesco ! L’as de la littérature ado n’a pas son pareil pour pulvériser les contes pour mieux en révéler les partis pris et les petites morales pénétrantes. Dès l’annonce de ce nouveau titre,... Lire la Suite →