« Toutes les familles ont un secret », « un silence qui prend discrètement de la place », « un souterrain », « un fantôme » écrit Feurat Alani en prologue. Et ce pan refoulé inspire grandement les écrivains contemporains : Adèle Yon, Laurent Mauvignier ou Emmanuel Carrère, pour ne citer qu’eux, ont en commun de se risquer à la lisière de l’histoire familiale,... Lire la Suite →
La sorcière de Londres, de Nina Six (Sarbacane, 2025)
Stella Benson aurait pu faire partie des Culottées de Pénélope Bagieu : née en Angleterre à la fin du 19ème siècle, elle vécut en pionnière et en aventurière, se découvrant une vocation d’écrivaine dès l’enfance, militant pour le droit de vote des femmes, voyageant aux États-Unis et rêvant de… vivre seule. Amie de Virginia Woolf, elle... Lire la Suite →
Pastorale américaine, de Philip Roth (Gallimard 1999, pour la traduction française)
L’écrivain Nathan Zuckerman se souvient à quel point, au lycée déjà, tout réussissait à Seymour Levov : fils d’immigrés juifs surnommé « le Suédois », blond et beau, athlétique, adulé par les filles, intelligent (et modeste avec ça !). Avec le temps, sa success story l’élève presque au niveau du mythe, sa vie ressemble à une « pastorale... Lire la Suite →
Kairos, de Jenny Erpenbeck (Gallimard, 2025 pour la traduction française)
Quelques jours après la mort d'un certain Hans parviennent à Katharina deux cartons au contenu troublant : lettres, notes, photos et objets divers réveillent le souvenir intense et douloureux de sa relation avec Hans, dans le monde révolu du Berlin-Est de la fin des années 1980… Entre la jeune femme de dix-neuf ans et l’écrivain de... Lire la Suite →
Au loin, de Hernan Diaz (La Croisée, 2018)
Dès la première page, j’ai eu le sentiment de plonger dans un film : une banquise dont la blancheur se fond avec celle du ciel et entre, comme seule interruption, un trou. Une béance dont surgit un être titanesque à barbe blanche dont on ne sait pas très bien s’il est humain ou mythologique mais dont... Lire la Suite →
Kolkhoze, d’Emmanuel Carrère (P.O.L., 2025)
Encore un roman tourné vers l’histoire personnelle et/ou familiale de l’auteur – rien que dans la sélection finale du Goncourt, ils étaient quatre sur quatre cette année, avec toutes les questions que cela pose : pourquoi préférer la chronique de son propre vécu à la fiction pure ? Pourquoi partir du principe que sa vie et... Lire la Suite →
Les éléments, de John Boyne (Lattès, 2025)
Quatre voix, quatre drames liés chacun à un élément – eau, terre, feu, air – qui pourraient chacun tenir seul, comme nouvelle indépendante. Mais les coutures sont bien là : les lignes narratives se croisent, des visages familiers réapparaissent, éclairés sous un autre angle, ce qui semblait clos peut se rouvrir et connaître un autre dénouement,... Lire la Suite →
Je voulais vivre, d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre (Grasset, 2025)
Adélaïde de Clermont-Tonnerre l’a réalisé bien après avoir dévoré ado les écrits d’Alexandre Dumas : la figure démoniaque de Milady masque une femme en chair et en os dont l’histoire est bien plus fascinante que celle que les hommes, à commencer par l’auteur, ont voulu retenir. L’hypothèse défendue dans la note qui clôt Je voulais vivre... Lire la Suite →
Le Bel Obscur, de Caroline Lamarche (Seuil, 2025)
En ouvrant le Bel Obscur, je ne savais pas où j’avais mis les pieds mais j’ai d’emblée soupesé ces pages gorgées de nostalgie, de solitude et d’une colère dont fera tragiquement les frais un buddleia à la « beauté trompeuse ». Quelle est cette aura particulière qui imprègne les lieux ? Pourquoi ce jardin qui semble avoir abrité... Lire la Suite →
La maison vide, de Laurent Mauvignier (Les éditions de Minuit, 2025)
La maison vide est une demeure d’un autre temps. Érigée sur les flancs d’un village à l’époque où la ville était un horizon lointain. Les lieux sont désormais déserts et il y a longtemps que la demeure n’est plus habitée que par un imposant piano et par quelques reliques. Des photos dont certaines portent les... Lire la Suite →