D’emblée, le texte est singulier – cela semble être la marque de fabrique des éditions du Sous-Sol, dont j’avais déjà dévoré deux pépites inclassables : Les naufragés du Wager (de David Grann) et Mon vrai nom est Elisabeth (d’Adèle Yon). Ici, l’écriture saccadée, le ton introspectif, le flottement des temps posent une voix fragile, en quête... Lire la Suite →
L’homme qui lisait des livres, de Rachid Benzine (Julliard, 2025)
Journaux télévisés, unes des journaux, pancartes brandies en ville : les images de Gaza nous renvoient à notre impuissance et à notre incapacité à saisir pleinement les drames qui s'y déroulent. À un photographe français en quête du cliché qui provoquera l’émotion dans son pays, Rachid Benzine oppose les mots d’un homme qui lit, sur le... Lire la Suite →
Les derniers jours de l’apesanteur, de Fabrice Caro (Gallimard, 2025)
« Les derniers jours de l’apesanteur ». Quelle jolie expression pour désigner ces dernières semaines de lycée, cette période qui précède le bac et l’envol vers la vie adulte ! Avec le sens de l’observation et l’humour qu’on lui connaît, Fabcaro raconte l’année de Terminale du jeune Daniel, à la fin des années 1980 : les dangers insoupçonnés de... Lire la Suite →
Un jeu sans fin, de Richard Powers (Actes Sud, 2025)
Richard Powers est joueur ! Il avance ses pions lentement mais sûrement, bien malin qui devinera la manière dont ils sont coordonnés. Ses différents fils narratifs progressent comme un banc de poissons : multiples, indépendants, chacun ancré dans un espace et un temps singulier, et pourtant gouvernés par une chorégraphie invisible qui, au terme de leurs... Lire la Suite →
Circé, de Madeline Miller (Pocket, 2019)
Pour avoir passé d'innombrables et merveilleuses soirées à lire en famille l’adaptation des textes homériques en feuilletons illustrés par Murielle Szac, je pensais connaître sur le bout des doigts l’histoire mouvementée de l’Olympe et des tribulations humaines entre Ithaque et Troie. Jusqu’à ce que je lise Circé, de Madeline Miller. Ce n’est pas tellement que... Lire la Suite →
The Every, de Dave Eggers (2021, traduction parue chez Gallimard sous le titre Le Tout en 2025)
Le Tout est une multinationale née du rachat, par un géant de la tech, du site de commerce en ligne nommé d’après une jungle sud-américaine (toute ressemblance…). Une sorte de monstre hégémonique aux têtes multiples et aux ambitions totalisantes. Un empire tentaculaire auquel les humains se soumettent volontairement, troquant leurs données, leur vie privée et... Lire la Suite →
Code 93, de Olivier Norek (Éditions Michel Lafon, 2013)
Lors de la dernière rentrée littéraire, j’ai été prise de court par Les Guerriers de l’Hiver, captivant roman historique signé Olivier Norek, ancien flic devenu écrivain. J’ai donc profité d’une envie de polar pour remonter à la source. Code 93 est son premier roman, mais on sent immédiatement qu’il connaît son affaire en tant qu’ancien... Lire la Suite →
Fictions, de Jorge Luis Borges (Folio, édition de 2018)
Qu’est-ce qu’une fiction ? Un mensonge – légitime ? Un miroir déformant du réel ? Une distraction ? Une échappatoire ? Un jeu ? Une invention pure, un récit sans ancrage ? Ou bien une manière de faire apparaître une vérité plus profonde ? Comment d’ailleurs démarquer la fiction du “non-fictionnel” ? Où situer les témoignages, les savoirs, les livres... Lire la Suite →
L’œuvre du serpent, de Norman Jangot (Éditions Héloïse d’Ormesson, 2024)
Au départ, j’étais très emballée par le registre, à la frontière entre polar et roman post-apocalyptique. J'en oublie certainement mais à chaud, sur ce créneau stimulant, je ne vois que Chien 51, de Laurent Gaudé. Norman Jangot creuse ce sillon original avec des accents écolos, critiques des dérives du capitalisme et du productivisme, imaginant qu'elles... Lire la Suite →
Mon vrai nom est Elisabeth, d’Adèle Yon (Éditions du sous-sol, 2025)
« La colère peut-elle être un attribut féminin ? » Qui était Betsy ? Pourquoi la chronique familiale reste-t-elle si floue quant à sa personne ? Les membres de la (très nombreuse et très bourgeoise) famille d’Adèle Yon se montrent assez rétifs à évoquer cette arrière-grand-mère née en 1916 qui les hante pourtant comme un fantôme : réticence de principe à... Lire la Suite →