Qu’est-ce qu’une fiction ? Un mensonge – légitime ? Un miroir déformant du réel ? Une distraction ? Une échappatoire ? Un jeu ? Une invention pure, un récit sans ancrage ? Ou bien une manière de faire apparaître une vérité plus profonde ? Comment d’ailleurs démarquer la fiction du “non-fictionnel” ? Où situer les témoignages, les savoirs, les livres... Lire la Suite →
Un avenir radieux, de Pierre Lemaitre (Calmann-Lévy, 2025)
Le bien-nommé Pierre Lemaitre a encore frappé. Avec une verve et une maîtrise intactes, il apporte une nouvelle pièce à sa fresque historico-familiale. On retrouve les Pelletiers rassemblés en région parisienne, où les trajectoires des uns et des autres se croisent, se mêlent, bifurquent. Quel plaisir ! Plaisir du feuilleton où l’on finit par connaître... Lire la Suite →
Badjens, de Delphine Minoui (Seuil, 2024)
La voix de la narratrice claque : celle d’une adolescente indocile qui adore ses copines, la K-pop et les friandises, une jeune fille qui – comme des milliers d’autres à son âge – voit son corps changer. Ce qui différencie Badjens, c’est qu’elle vit en Iran, un pays où les femmes sont reléguées à la sphère... Lire la Suite →
Conque, de Perrine Tripier (Gallimard, 2024)
La plume de Perrine Tripier, 25 ans, m'a bluffée dès les premières lignes – limpide, chaque mot ciselé, semblant cristalliser à lui seul un monde n’appartenant qu’à elle. Me voici donc dans un pays tout entier sous la coupe despotique d’un empereur. Martabée, historienne de renom, est appelée à travailler sur ce qui se profile... Lire la Suite →
Houris, de Kamel Daoud (Gallimard 2024)
Un roman célébré mais qui, à moi, m'a semblé interminable : l'épreuve de cette rentrée littéraire ! Depuis sa parution au mois d’août, je tournais autour. J’avais déjà apprécié l’inventivité de Kamel Daoud dans Meursault, contre-enquête, entendu que son nouveau roman racontait une guerre civile algérienne récente dont je n’avais aucun souvenir, puis observé sa... Lire la Suite →
Les guerriers de l’hiver, de Olivier Norek (Michel Lafon, 2024)
Un peu à la manière de Ken Follett, Olivier Norek offre un récit romancé et incarné de la guerre d’Hiver qui opposa la Finlande à la Russie entre novembre 1939 et mars 1940. En lisant ces pages, on vit à hauteur de soldat, d’infirmière, de dignitaire ou de petite souris infiltrée dans l’état-major russe les... Lire la Suite →
Charlotte, de David Foenkinos (Gallimard, 2014)
En couverture, Charlotte Salomon nous toise gravement. Les lignes sont claires, le visage las et mélancolique, les couleurs expressives. À lui seul, cet autoportrait pique la curiosité : on mesure tout le talent de la peintre, mais on aimerait comprendre ce qui la rend si pensive. Grâce à David Foenkinos, j’ai maintenant l’impression d’avoir connu Charlotte... Lire la Suite →
Le rêve du jaguar, de Miguel Bonnefoy (Rivages, 2024)
Pour conquérir le cœur d’une jeune fille, le protagoniste du Rêve du jaguar collecte auprès des passants une myriade d'histoires d’amour extraordinaires qu’il rassemble dans un cahier. Miguel Bonnefoy donne l’impression de s’être, lui aussi, posté dans les rues de Maracaibo, toutes oreilles ouvertes, puis d’avoir tissé une mosaïque de destins romanesques : dans ces pages,... Lire la Suite →
Vous êtes l’amour malheureux du Führer, de Jean-Noël Orengo (Grasset, 2024)
Le genre de l’autofiction est florissant mais en matière d’écriture de soi, nul n’arrive à la cheville d’Albert Speer, architecte du IIIe Reich, protégé intime de Hitler qui en fit son ministre de l’armement. Comment un homme aussi compromis parvint-il, après guerre, à échapper à la potence et à imposer son récit au point de devenir... Lire la Suite →
Madelaine avant l’aube, de Sandrine Collette (Lattès, 2024)
Rentrée littéraire, huitième lecture ! Pas le moindre interstice, la plus infime marge ou fissure susceptible de laisser un peu de jeu : le monde imaginé par Sandrine Collette est verrouillé jusqu’au dernier centimètre carré, sous le joug des maîtres. On ignore si on a glissé dans un régime féodal du passé ou dans la noirceur d’un... Lire la Suite →