Le faucon déniché, de Maxe L’Hermenier et Steven Dupré, d’après le roman de Jean-Côme Noguès (Nathan, Jungle Pépites, 2021)

Après avoir beaucoup apprécié La quête d’Ewilan, nous avons découvert avec curiosité ce nouveau titre de la collection Jungle Pépites qui adapte de grands romans en bande-dessinée. Cette fois, nous n’avions pas lu le texte original mais l’intrigue nouée autour d’un jeune serf qui enfreint la loi en dénichant un faucon réservé aux chasses du seigneur a captivé et ému toute la famille. Toujours preneurs de récits liant humains et animaux, nous n’avions encore jamais lu d’histoire de faucon – et quelle histoire !

Le décor moyenâgeux de champs, de monastère et de forteresse, de chasse et de complots m’a semblé très réussi. Les illustrations, de facture classique, représentent tout cela d’un trait net et dans les moindres détails – jusqu’à la moindre brindille du nid de faucons… On sent que Steven Dupré s’est documenté pour dessiner l’intérieur de la chaumière du protagoniste, le château, les habits d’époque et les scènes de bataille.

Cela dit, les visages m’ont semblé curieux, un peu figés, et ne m’ont pas parlé. Ce type de dessin réaliste n’est pas celui que je préfère – c’est vraiment une question de goût. Même chose pour les infographies et quizz des pages finales permettant d’en savoir plus sur l’époque et de tester « si on a bien lu » : pour ma part, je n’aime pas trop quand le propos devient trop explicitement didactique dans ce qu’on aurait envie d’aborder avant tout comme une « lecture plaisir ».

Un récit plaisant et riche en péripéties, à faire lire aux enfants qui s’intéressent au Moyen-Âge.

L’avis de Linda

Lu en mars 2021 – Nathan (Jungle Pépites), 14,95€

Chat noir, tome 1 : Le secret de la tour Montfrayeur, de Yann Darko (Gallimard Jeunesse, 2013)

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Premier tome d’une trilogie, Chat noir nous entraîne à Deux-Brumes, décor médiéval fait de murailles, de superstitions, de castes figées et de mots avec le suffixe –asse… Et aussi plusieurs étrangetés qui pourraient d’abord paraître insignifiantes (un calendrier singulier, des rites mortuaires inhabituels…) mais se multiplient et suscitent des interrogations croissantes : sommes-nous dans une cité moyenâgeuse européenne, ou dans un monde fantastique ?

L’intrigue se noue autour du personnage de Chat noir, brigand insaisissable qui parvient toujours à s’échapper grâce à ses mystérieuses griffes lui permettant d’escalader toutes les murailles. Le seigneur de Deux-Brumes, exaspéré, a mis sa tête à prix et le jeune Sasha voit ici l’occasion rêvée de gagner la considération, et surtout la main de Phélina de Belorgueil. Qui est Chat noir ? Un malfaiteur doté de super-pouvoirs ? Une sorte de robin des bois ? Ou encore autre chose ? Sasha parviendra-t-il à l’attraper ? Le garçon est loin de soupçonner les conséquences de la traque qu’il amorce…

Hugo et moi avons lu Chat noir en quelques jours, pris par les nombreux rebondissements qui s’enchaînent sans répit. Ces péripéties font évoluer ce texte d’un roman historique vers une enquête, puis un roman d’aventures qui se renouvelle encore sur la fin, pour tendre vers quelque chose qui relèverait plus du fantastique et qui prend probablement des contours plus nets dans les tomes suivants. J’ai été, pour ma part, un peu déboussolée par ces mutations successives (après tout, le roman ne fait que 241 pages), mais cela n’a pas semblé perturber Hugo plus que cela. Pas plus qu’il n’a été dérangé par des personnages que j’ai trouvés un peu caricaturaux. Il a donc ri de bon cœur de la vanité de Phélina de Belorgueil (qui porte bien son nom !) ou de l’odeur pénétrante et du langage fleuri de Cagouille, l’ami de Sasha aux origines modestes mais à la loyauté sans faille.

Chat noir mise sur une intrigue construite pour tenir en haleine ses jeunes lecteurs. Aux prochains tomes de nous fournir les éléments qui nous manquent encore pour comprendre le comportement des alliés et des ennemis de Sasha, et voir où tout cela nous mène…

L’avis de Pépita est disponible ici !

Extraits

« Oyez ! Chat Noir aura les mains tranchées et jetées au feu ! Ses yeux seront arrachés, donnés aux chiens, et trois onces de plomb fondu seront coulées sous ses paupières ! Oyez ! Puis il sera pendu par le cou ! Le bourreau tranchera ses figues et les réduira en cendres dans un brasier ! »

« Mon pauv’ Sasha, va ! dit ironiquement Cagouille. T’es toujours aussi naïf. À supposer que quelqu’un touche cette prime un jour, chaque sou qui sortira du trésor pour la payer sera remplacé par de nouveaux impôts. Chat Noir vivant, il coûte surtout cher aux riches. Mais si on le tue, la récompense, elle, coûtera cher aux pauvres. »

« Deux-Brumes est une très grande ville qui se targue d’être au pinacle de la civilisation. Mais il fut un temps lointain où cette cité n’était qu’un petit village de pêcheurs aux mœurs sauvages. De cette époque oubliée, la coutume de confier les morts à l’océan a été préservée. »

Lu à voix haute en décembre 2019 – Gallimard Jeunesse, 11,90€