« Qui a tué mon père ? À cette question, je crois pouvoir répondre : personne. Non pas en raison d’un jeu de mots aussi retors que celui d’Ulysse, mais en vertu de ce que mon père lui-même a dû se dire, pour peu qu’il se soit senti mourir et qu’il ait vu en face son assassin. Car... Lire la Suite →
Minuit Passé, de Gaëlle Geniller (Delcourt / Mirages, 2024)
Tout, dans ce volume, respire le vieux manoir anglais : tranche aux allures de tapisserie florale, dorures du titre, décoration chargée aux accents victoriens, portraits aux murs qui semblent nous suivre du regard… Et cette odeur de poussière – bon, pas vraiment, mais on jurerait presque la sentir en tournant les pages. On devine tout le... Lire la Suite →
Cœur, de Thibault de Montaigu (Albin Michel, 2024)
Un livre peut en cacher un autre. Il y a d’abord l’histoire que le père de l’auteur lui demande d’écrire – celle de Louis, son propre grand-père, capitaine des hussards mort en 1914 dans une charge chevaleresque contre l’artillerie allemande. Épopée héroïque, roman à énigme, quête familiale ? Thibault de Montaigu ne sait pas très bien... Lire la Suite →
Washington Square, de Henry James (1880)
Pendant notre séjour new-yorkais, nous avons eu la chance de pouvoir séjourner chez mon frère qui habite Washington Square, au cœur de Greenwich Village. C’est là que débute la célèbre 5e avenue qui longe l’Empire State Building que l’on distingue au nord. Au sud, on marche rapidement vers NoHo, SoHo et le quartier financier. Agrémentée... Lire la Suite →
Ilaria ou la conquête de la désobéissance, de Gabriella Zalapi (Zoe, 2024)
L’histoire de ce père qui enlève sa fille à sa mère résonne avec certains faits divers. Mais ici, la cavale est racontée à hauteur d’enfant – une enfant qui voit son quotidien et ses repères voler en éclats. Direction : l’Italie des années de plomb, avec ses autoroutes, ses tunnels, ses stations-service, ses cafés et ses... Lire la Suite →
Bien-être, de Nathan Hill (2024)
Elle est virevoltante, distinguée, brillante. Il est artiste et transporte à la fois une délicatesse infinie et une manière bien à lui d’assumer son individualité. Vous le voyez venir : leur rencontre, dans un quartier Bohème du Chicago des années 1990, porte en germe un sensationnel coup de foudre. Mais rien n’étant ce qu’il semble dans... Lire la Suite →
Rosa candida, de Auður Ava Ólafsdóttir (Zulma, 2010)
Un jeune homme quitte l’Islande, son vieux père et son jumeau autiste avec pour tout bagage un deuil terrible, les souvenirs entêtants d’une naissance et des boutures de rosier. Quel est le sens de ce voyage ? Ce dernier ne se révèle qu’à petites touches, comme une rose effeuillée pétale par pétale. Les personnages sont fragiles... Lire la Suite →
Nord sentinelle, de Jérôme Ferrari (Actes Sud, 2024)
Connaissiez-vous North Sentinel ? Rien que pour m'avoir fait découvrir cet îlot abritant l’une des dernières populations totalement coupées du monde moderne, le nouveau roman de Jérôme Ferrari valait son pesant de cacahuètes. Figurez-vous que les guerriers Sentinelles ne plaisantent pas, ceux qui osent mettre le pied sur leur île se font trucider. Un procédé radical... Lire la Suite →
La volonté de changer. Les hommes, la masculinité et l’amour, de Bell Hooks (Éditions divergences, 2021)
Nous sommes tous des féministes potentiels – oui, aussi et surtout vous les hommes ! Rien de tel pour s’en convaincre que de lire Bell Hooks. Partant du constat que le féminisme n’atteindra pas ses objectifs sans impliquer les hommes et que, par ailleurs, ils pourraient avoir plus à gagner qu’à perdre dans cette affaire, la... Lire la Suite →
Le Club des enfants perdus, de Rebecca Lighieri (P.O.L., 2024)
Il paraît que les chiens ne font pas des chats. Il n’empêche que la protagoniste du nouveau roman de Rebecca Lighieri, Miranda, est aussi frêle et transparente que ses parents sont flamboyants. Quel patrimoine génétique insoupçonné s’est-il donc combiné en cette fille qui semble subir tout ce qui lui arrive ? « Mais qu’est-ce qu’elle a, cette... Lire la Suite →