« Ma volonté me sert de tour de contrôle. Elle me permet de maintenir à leur juste place mes exaltations, mes affres, mes angoisses. Je ne conteste ni n’ignore les contretemps, les entraves, les blessures : je me contente de les tenir à distance, je garde le cap, j’avance, je fonce. Du moins m’y suis-je efforcée toute mon... Lire la Suite →
Rentrée littéraire : La dernière des Wilberforce, de Julia Kerninon (L’Iconoclaste, 2026)
Pourquoi la mère de Waldo convoque-t-elle une fête ? Ce n’est pas dans ses habitudes et voilà que sans motif évident, elle organise les choses en grand. Pourquoi l’atmosphère est-elle si étrange ? Au fur et à mesure que les préparatifs avancent et que les invités arrivent, les souvenirs affleurent, la dynamique se précise et les pièces... Lire la Suite →
Je suis Romane Monnier, de Delphine de Vigan (Gallimard, 2026)
Combien de traces laisserons-nous, nous qui vivons à l’ère numérique ? Une infinité ? Aucune ? En attendant, les flux continus de communication et la gestion « intelligente » du quotidien font partie intégrante de nos existences : on se souvient à peine comment on a fait sans. Thomas frôle ainsi la panique le jour où il découvre que son téléphone... Lire la Suite →
La tache, de Philip Roth (traduction française parue chez Gallimard en 2002)
« Mais en Amérique en général, ce fut l’été du marathon de la tartuferie : le spectre du terrorisme, qui avait remplacé celui du communisme comme menace majeure pour la sécurité du pays, laissait la place au spectre de la turlute ; un président des États-Unis, quadragénaire plein de verdeur, et une de ses employées, une drôlesse de... Lire la Suite →
Haute-Folie, d’Antoine Wauters (Gallimard, 2025)
« Qu’importe si celui qui s’apprête à briser le silence, si celui qui parle après que toute sa ligne s’est tue, si celui-là est pris pour un menteur ou pour un fou. À ce moment de mon histoire, moi, je ne pouvais plus faire autrement. » Quelle est cette voix qui s’exprime de manière aussi urgente, donnant... Lire la Suite →
Pastorale américaine, de Philip Roth (Gallimard 1999, pour la traduction française)
L’écrivain Nathan Zuckerman se souvient à quel point, au lycée déjà, tout réussissait à Seymour Levov : fils d’immigrés juifs surnommé « le Suédois », blond et beau, athlétique, adulé par les filles, intelligent (et modeste avec ça !). Avec le temps, sa success story l’élève presque au niveau du mythe, sa vie ressemble à une « pastorale... Lire la Suite →
Les éléments, de John Boyne (Lattès, 2025)
Quatre voix, quatre drames liés chacun à un élément – eau, terre, feu, air – qui pourraient chacun tenir seul, comme nouvelle indépendante. Mais les coutures sont bien là : les lignes narratives se croisent, des visages familiers réapparaissent, éclairés sous un autre angle, ce qui semblait clos peut se rouvrir et connaître un autre dénouement,... Lire la Suite →
Vers le paradis, de Hanya Yanagihara (Grasset, 2022)
Au départ, j’ai été appâtée par l’ambition de cette uchronie. Imaginez un peu le chemin qu’auraient pu prendre les États-Unis au 19e siècle s’ils n’étaient pas devenus un État fédéral mais un conglomérat de grandes régions dont certaines auraient établi un contrat social singulier. Tout ne serait pas différent, il y aurait les villes et... Lire la Suite →
The Nix, de Nathan Hill (traduit Les fantômes du vieux pays chez Gallimard, 2017)
Évaporée quand Samuel avait onze ans, sa mère refait surface vingt ans plus tard de la plus fracassante des manières – en attaquant, à coups de gravillons, un candidat populiste à la présidentielle américaine. L'affaire est sur tous les écrans, sidération chez Samuel : s’agit-il vraiment de sa mère ? Peut-il lui venir en aide ? Pour cela,... Lire la Suite →
Ulysse & Cyrano, de Stéphane Servain, Xavier Dorison et Antoine Cristau (Casterman, 2024)
Ce roman graphique a déjà beaucoup fait parler de lui, raflant éloges et récompenses un peu partout. À mon tour, j’ai adoré remonter le temps jusqu’aux années d’après-guerre et suivre Ulysse, jeune héritier d’une famille d’industriels du secteur du ciment promis à une voie toute tracée – aussi morose qu’inéluctable. Sauf que le garçon n’a... Lire la Suite →