Truffe et machin (d’Emile Cucherousset et Camille Jourdy, 2018)

truffe et machin_extraitQu’arrive-t-il quand nos chères têtes blondes ont quelques heures devant elles, sans rien de particulier à faire ? Ces moments d’inaction, d’ennui, de désœuvrement, désormais trop rares, souvent réduits à une peau de chagrin par des rythmes de vie effrénés… Quoiqu’il en soit, tous ceux qui ont lu Fifi Brindacier, Les aventures de Tom Sawyer ou encore celles de Tom-Tom et Nana vous le diront : dans telle situation, les mouflets ne manqueront évidemment pas de concevoir toutes sortes d’idées… lumineuses !

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Des idées, Truffe et machin n’en manquent pas. Ce petit roman est en réalité un recueil de trois aventures de ces deux lapereaux aussi audacieux qu’inséparables. Nous les avons suivis avec délice dans leur chasse aux idées et la traque de leurs ombres. Leur entrain est communicatif et nous avons beaucoup ri de voir les deux compères entrer si pleinement dans leurs jeux qu’ils finissent par être dépassés par leur propre imagination. Ces situations sont sublimées par les illustrations de Camille Jourdy qui évoquent merveilleusement l’esprit d’enfance. Et les dialogues débordent d’humour et de jeux de mots.

Hugo n’a pas boudé son plaisir et, impatient de connaître la suite, il a lu seul la troisième histoire. Truffe et machin peut donc être lu sans difficulté par de (très) jeunes lecteurs.

Un joli hommage à l’enfance, à l’imagination et au jeu !

Pour finir de vous convaincre, l’avis d’Aurélie est par ici, celui de Pepita par là… Merci à elles pour cette découverte !

 

Lu à voix haute en janvier 2019 – Éditions MeMo, 8€

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Carnivore (d’Adèle Tariel et Jérôme Peyrat, 2018)

Laissez-vous entraîner dans l’enquête palpitante menée avec brio avec un petit grillon dans une forêt luxuriante ! Quel être carnivore fait donc régner la terreur en faisant disparaître un à un chacun des insectes ? Interrogatoires, conjectures et observations mettront le courageux détective sur une piste absolument inattendue…

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Tout contribue à faire de cet album un immense bonheur de lecture à voix haute : le texte aux rimes divertissantes, les illustrations colorées qui rendent grâce aux prodiges de la nature et nous donnent l’impression de voyager dans une contrée exotique… Et avant tout, impossible de ne pas se passionner par cette énigmatique affaire de disparition. On apprend même au passage plein de noms d’insectes tous plus amusants les uns que les autres. Nous avons retrouvé avec plaisir certains des insectes de James et la grosse pêche (l’un de nos Roald Dahl favoris), mais aussi fait la connaissance de plusieurs bestioles sympathiques dont nous n’avions jamais entendu parler alors que renseignement pris, elles vivent par chez nous !

Coup de cœur familial à recommander sans hésiter aux lecteurs à partir de 3-4 ans ! Et qui me donne bien envie de découvrir Cargo, le nouvel album de ces talentueux auteurs…

Mille mercis aux éditions Père Fouettard de nous avoir permis de découvrir cet album splendide ainsi qu’à Bouma pour cette suggestion de lecture (son avis est disponible ici !).

Lu à voix haute en janvier 2019 – Éditions Père Fouettard, 14€

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La feuille d’or (de Kristen Hall et Matthew Forsythe, 2018)

En ce jour de Noël, c’est un album lumineux que j’ai eu le plaisir de découvrir avec Hugo et ma nièce de quatre ans et demi ! Il s’agit de l’une de ces lectures dans lesquelles le décor ravit autant que l’intrigue – en l’occurrence, il s’agit d’une forêt dont la faune et la flore évoque le Canada, dont nous suivons les transformations au fil des saisons. On ne peut que s’émerveiller de la palette changeante de couleurs offerte par la nature, restituée avec une grande sensibilité par l’illustrateur et par l’autrice :

« Au printemps, les feuilles reviennent. Tout est vert dans la nature. Vert jungle, vert laurier, vert mousse, vert menthe, vert sapin, vert avocat et, bien sûr, vert sève. »

 

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La beauté presque miraculeuse de la forêt culmine dans une petite feuille dorée qui, un beau jour, brille et étincelle. Évidemment, chacun des animaux convoite la feuille d’or et souhaiterait se l’approprier. Obnubilés par leur dispute, ne risquent-ils pas d’ignorer à quel point les trésors de la nature sont éphémères ?

Hugo et sa cousine ont pris beaucoup de plaisir à reconnaître les animaux de la forêt et surtout à chercher les petits éclats d’or au fil des pages. Cette histoire nous a rappelé celle du Petit poisson Arc-en-ciel qui avait eu beaucoup de succès dans la famille il y a quelques années. Tour à tour curieux, émerveillés, attristés et de nouveau optimistes, les enfants ont vécu cette lecture intensément.

Un album splendide qui invite avec force à s’émerveiller de la beauté de la nature – tout en montrant à quel point notre monde peut être vulnérable face aux égoïsmes. L’écriture suggestive de Kirsten Hall, les illustrations chaleureuses de Matthew Forsythe et la touche d’espoir qui enlumine la fin de l’histoire en font un album lumineux qui paraît à point, à un moment où petits et grands en ont bien besoin.

Lu à voix haute (plusieurs fois de suite !) en décembre 2018 – Éditions Little Urban, 16,50€

La feuille d'or

Le Petit loup de papier (de Céline Person

IMG_1048.JPGCes créatures, personnages et décors de papier que les enfants, petits ou grands, esquissent avec tant d’implication… Leurs contours sont le plus souvent drôles ou pour le moins singuliers, mais si le dessinateur s’applique vraiment, il arrive que l’être de papier semble vivant, sur le point de s’animer ! Comme cet irrésistible petit loup de papier qui, pour contrer l’ennui et la solitude, se détache du frigo et part à la découverte du vaste monde.

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Il souffle un vent de fantaisie, un soupçon de magie sur cet album qui nous entraîne dans une balade initiatique. Les illustrations semblent un peu estompées et il en émane une grande douceur. Le cheminement du petit loup donne à réfléchir sur la solitude, la valeur de l’amitié et la difficulté de grandir, entre appréhensions et envie de découvrir le monde. Un concentré de rêve et de poésie qui rend joliment grâce à l’esprit de l’enfance.

L’avis de Hugo: Hugo, qui adore rêver en contemplant ses dessins, a eu immédiatement envie de lire cet album aux allures de conte. Son plaisir s’est confirmé au fil des pages et il s’est même lancé en rédigeant son propre avis : « Il s’agit d’un petit loup de papier qui se sent seul et qui part à l’aventure. Il rencontre beaucoup de gens sur son chemin mais le monde pourrait être dangereux pour un petit loup de papier ! Je ne vous en dis pas plus pour ménager le suspense… J’ai adoré ce livre et je lui ai mis cinq étoiles. J’ai aimé les illustrations, l’aventure, la magie de l’histoire et aussi la fin. Je le conseillerais aux enfants qui aiment l’aventure et les animaux ! »

 

Un grand merci aux éditions Circonflexe de nous avoir permis de découvrir cet album !

Lu à voix haute en décembre 2018 – Éditions Circonflexe, 15€

Petit loup de papier

Louis Armstrong (de Pierre Ducrozet, Zaü et Jacques Bonnaffé, 2012)

Louis Armstrong portrait.jpgQui aurait cru le petit Louis, cet enfant qui déambulait pieds nus dans les rues de la Nouvelle Orléans à l’aube du XXème siècle deviendrait l’une des figures les plus marquantes de l’histoire du jazz ? Pierre Ducrozet conte avec talent l’histoire extraordinaire de Louis Armstrong. Une histoire qui est aussi celle du jazz, dont on suit les développements à travers le destin et les rencontres de ce trompettiste, cornettiste, chanteur et compositeur de légende. Une histoire qui est, finalement, celle des Etats-Unis. Cette lecture a d’ailleurs fortement résonné chez nous avec celle du Célèbre catalogue Walker & Dawn, dont l’intrigue s’inscrivait dans le même contexte historique. Les deux livres restituent avec finesse les contrastes qui divisent les États-Unis, des rives du Mississippi à l’immensité de Chicago et de New York, et l’irrépressible soif de liberté, d’émancipation face au poids des conventions et de la ségrégation.

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Louis-Armstrong-extraitLes illustrations de Zaü, si vivantes qu’elles semblent animées, et la voix captivante de Jacques Bonnaffé, qui lit l’histoire de Louis sur le CD assorti au livre, portée par de nombreux extraits musicaux, permettent une véritable immersion. Cette lecture, offerte aux garçons par mes parents qui savent si bien dénicher des trésors littéraires qui leur plaisent (et que je remercie affectueusement au passage !), a énormément marqué Antoine et Hugo. Il s’est agi pour eux d’une rencontre avec le jazz – et elle leur a indéniablement fait forte impression. Il faut dire que le cornet et la voix de Louis Armstrong ont de quoi laisser bouche bée ! En témoigne cette interprétation d’une chanson que j’adore, St James Infirmary !

Cet album a aiguisé leur curiosité et leur a vraiment donné envie d’aller plus loin. Après avoir refermé le livre, nous avons découvert de nombreux morceaux de musique de la Nouvelle Orléans, de blues et de swing, et reparlé très souvent de Louis Armstrong. Écouté et réécouté la chanson que Claude Nougaro a écrite en son hommage. J’espère que de nombreux lecteurs et lectrices auront le même plaisir à découvrir Louis Armstrong !

Éditions Bulles de savon, 19€

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Zarbi – enfant zèbre (de Suzanne Galéa et Floriane Ricard, 2018)

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ce n’est pas forcément facile d’être un enfant « zèbre » – terme proposé par la psychologue Jeanne Siaud-Facchin pour désigner les enfants « surdoués ». Spontanément, beaucoup pensent à ces petits génies capables très jeunes de performances (intellectuelles, artistiques…) extraordinaires. En réalité, la littérature montre que la particularité des enfants zèbres n’est pas seulement quantitative, telle que mesurée classiquement par un indice de QI, mais aussi et surtout qualitative, avec souvent les particularités suivantes :
– un fonctionnement cognitif différent avec une pensée « en arborescence » plutôt que structurée par une séquence linéaire ;
– des perceptions sensorielles très intenses typiquement associées à une conscience aiguë des choses et une hypersensibilité émotionnelle.

Particularités pouvant notamment permettre d’appréhender des problèmes complexes de façon intuitive, de percevoir intensément l’état émotionnel ou de développer un sens affirmé de la justice. Les conséquences peuvent aussi ne pas être toutes aussi positives. Outre les problèmes d’ennui à l’école, elles peuvent comprendre, pêle-mêle : une incapacité à « filtrer » pouvant causer des problèmes d’attention ; une sensibilité exacerbée, notamment vis-à-vis des critiques et des reproches ; un état d’anxiété et de vigilance permanente ; une surchauffe mentale ; et surtout un sentiment de décalage par rapport aux autres susceptible de peser sur la confiance en soi… D’où le sentiment de beaucoup de personnes concernées que ces particularités ne sont pas faciles à vivre – ni pour les enfants, ni pour leurs parents. Les observations montrent que le diagnostic et le fait de mettre en mot ces spécificités sont déjà très importants pour surmonter ces difficultés potentielles. Ce n’est pourtant pas forcément facile d’expliquer ce qui précède à des enfants, a fortiori s’ils sont très jeunes.

C’est l’objectif parfaitement atteint de cet album qui donne la parole à Zarbi, une enfant-zèbre qui évoque sa différence avec ses mots à elle, très évocateurs et accessibles, portés par des illustrations pleines de sensibilité.

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L’objet livre est vraiment beau, avec sa couverture à la texture zébrée et aux couleurs chatoyantes. Les autrices sont parvenues à exprimer le ressenti que peuvent avoir les enfants-zèbres de façon simple, percutante et touchante. Nous sommes loin, ici, de l’image fausse d’enfants « petits génies ». Zarbi nous explique l’effervescence permanente dans sa tête, ses inquiétudes, l’intensité de ses émotions, son sentiment de décalage, son aspiration à ressembler aux autres et sa détresse de ne pas y parvenir. Elle raconte aussi sa conscience de la préoccupation de ses parents et de la maîtresse, puis sur un mode optimiste, ce que lui a apporté la compréhension et l’acceptation de sa différence.

Zarbi Hugo.jpgHugo a repéré ce livre parmi les nouvelles parutions et a eu immédiatement envie de le lire ; je remercie beaucoup les éditions Rue de l’échiquier jeunesse de nous avoir permis de le découvrir. Mes deux garçons se sont jetés sur cet album avec avidité et ont été très touchés par cette histoire qui leur a visiblement beaucoup parlé. Ils ont tous les deux regretté que le récit ne se poursuive pas et auraient apprécié de passer plus de temps avec Zarbi…

J’espère sincèrement que Zarbi sera lu largement pour contribuer à faire mieux comprendre et accepter les particularités des enfants-zèbres, à rebours des stéréotypes. À cet égard, il me semble que cet album est important pour les enfants directement concernés, mais aussi pour tous les autres…

Éditions Rue de l’échiquier jeunesse, 2018, 16,50€

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Zoé et la boule à neige (de Lorette Berger et Ben.Bert)

Au moment où les enfants commencent à se débrouiller pour lire seuls et se sentent capables de « s’attaquer » à des romans avec plus de texte, tout l’enjeu pour eux consiste à amorcer ce type de lecture avec une histoire suffisamment passionnante pour persévérer jusqu’à la dernière page, sans être trop exigeante pour éviter que le petit lecteur ou la petite lectrice ne se décourage… Ce savant équilibre me semble très réussi pour Zoé et la boule à neige.

Capture d_écran 2018-11-16 à 20.06.05L’histoire est jolie comme un conte. Zoé est une petite fille gourmande et rêveuse qui guette la neige de Noël avec anxiété. La vie n’est pas toujours comme on la souhaite, mais à cette période de l’année, les choses les plus merveilleuses ne peuvent-elles pas se produire ? Zoé est loin d’imaginer ce qui l’attend lorsque sa vieille voisine glisse un énigmatique petit paquet dans son cartable… Agréablement surprenante, l’intrigue me semble avoir de quoi captiver les lecteurs et lectrices en herbe. La forme me semble également très adaptée : le roman n’excède pas une cinquantaine de pages, divisée en brefs chapitres dont la lecture est aérée et appuyée par des illustrations.

C’est Hugo (actuellement en CE1) qui a repéré ce petit roman et je remercie les éditions ThoT de nous avoir permis de le découvrir. Le moins que l’on puisse dire est que la lecture a été concluante, puisque Hugo a dévoré cette histoire en une seule fois ! Nous avons eu beaucoup de plaisir à reparler par la suite des aventures de Zoé.

Ma seule réserve concernerait les illustrations qui sont un peu curieuses, avec des personnages déformés qui ne m’ont pas parlé. Mais pour être toute à fait transparente, la tête aplatie de Zoé a fait rire les garçons !

Voici donc un chouette petit roman pour apprentis lecteurs, à découvrir au coin du feu pendant les vacances de Noël – ou cet été, histoire de se rafraîchir un peu les idées !

Lu en novembre 2018 – Éditions ThoT, 8€

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