Le fil d’Ariane, de Jan Bajtlik (La Joie de Lire, 2019)

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Tonnerre de Zeus ! Nous avons beau réviser régulièrement notre mythologie grecque grâce aux merveilleux feuilletons de Murielle Szac ou aux BD publiées ces dernières années par Casterman, les méandres et les ramifications de ces légendes transmises à travers les siècles sont si touffus qu’on en perdrait presque son latin. Enfin, son grec ! Ce serait presque à devenir fou. Rien que démêler les branches singulièrement entrelacées de l’arbre généalogique des occupants de l’Olympe représente un travail herculéen… Je ne vous parle même pas des innombrables revirements qui ont ponctué la guerre de Troie, ou des intrigues à tiroir déclenchées par les idylles de Zeus !

Typhon

Et pourtant, les mythes grecs sont merveilleux. Ils nous laissent médusés et émus, devant l’imagination débordante que pouvaient avoir nos ancêtres, il y a plus de 2000 ans. Ils sont incontournables, tant ils ont façonné les arts, la littérature, l’imaginaire et les expressions… Si, comme nous, vous souhaitez donc prendre le taureau minotaure par les cornes, ne boudez pas votre chance et précipitez-vous pour suivre Le fil d’Ariane qui vous guidera à travers le dédale ! L’idée de l’auteur-illustrateur polonais Jan Bajtlik est lumineuse : restituer l’essentiel des mythes grecs sous forme de fabuleux labyrinthes, illustrés et légendés, permettant de suivre pas à pas la création du monde et de l’Olympe, les douze travaux d’Hercule ou encore les péripéties de l’Iliade et de l’Odyssée. Ainsi présenté, ce n’est pas sorcier ! Regardez plutôt :

Guerre de Troie

Charybde Scylla

Ile d'AéaCelles et ceux qui sont déjà experts s’amuseront à reconnaître les mille et uns protagonistes de leurs épisodes préférés. Les autres apprendront une foule de choses en chemin, notamment grâce aux excellentes explications disponibles dans les dernières pages. Les plus jeunes (mais pas que !) s’abandonneront avec volupté au plaisir ludique de chercher son chemin dans l’enchevêtrement prodigieux de ces labyrinthes qui ont déjà occupé Antoine et Hugo pendant des heures ! Toute la famille est conquise par ces double-pages à la fois titanesques et ciselées de façon presque maniaque, jusque dans les moindres détails, réservant de nouvelles surprises à chaque relecture.

Détail

Vous l’aurez compris, Le fil d’Ariane est un objet-livre hors classe que l’on a un immense plaisir à tenir entre ses mains et que je vais m’empresser d’offrir autour de nous. Si je pouvais m’autoriser à jouer les Cassandre (en espérant tout de même que quelqu’un par ici prenne un peu au sérieux ce que je raconte !), je prédirais que beaucoup céderont pour leur plus grand plaisir au chant des sirènes au charme de ce livre et qu’il sera plébiscité par toutes et tous. Et que nous entendrons reparler de cet auteur !

Découvert en janvier 2020 – La Joie de Lire, 24,90€

Histoires de fleuves, de Timothy Knapman, illustré par Ashling Lindsay et Irène Montano (Sarbacane, 2019)

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Les fleuves offrent un fil conducteur prodigieux pour explorer le monde ! À la fois frontière, lieu d’échanges et trait d’union entre des régions parfois distantes de milliers de kilomètres, ils sont aussi des écosystèmes, des lieux chargés d’histoire où résonnent légendes, mémoire des civilisations qui se sont succédé sur leurs rives et écho de mille et une aventures… Tirant partie de cette richesse, Histoires de Fleuves nous invite à une série d’expéditions captivantes dans les méandres de cinq fleuves mythiques.

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Au fil des pages, le Nil, le Mississippi, le Rhin, le Yangtsé et l’Amazone se déplient (littéralement) sous nos yeux, de la source à l’embouchure, restituant délicieusement les sensations et les couleurs d’un vrai voyage. Les illustrations sont luxuriantes. Non seulement elles rendent hommage à la géographie, l’histoire et la biodiversité de chaque fleuve, mais elles invitent à rêver d’évasion, d’aventures, d’explorations… Au fil de l’eau, on s’arrête à l’envi pour découvrir les anecdotes, les histoires et légendes charriées par chaque fleuve et l’on apprend une foule de choses : le Mississippi, par exemple, nous entraîne des terres gelées du Minnesota au golfe du Mexique, nous murmurant en route la légende d’un monstre mystérieux et l’histoire de peuples amérindiens et de la guerre de Sécession, avant de faire résonner la musique de la Nouvelle-Orléans…

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Au passage, cette lecture nous a fait prendre conscience de l’importance des fleuves en littérature, nous donnant le plaisir d’évoquer de belles lectures faites ensemble. Comment sillonner les rives du Mississippi sans penser aux aventures de Tom Sawyer et Huckleberry Finn, ou encore au Célèbre catalogue Walker & Dawn ? Celles de l’Amazone et du Nil sans évoquer L’explorateur et La déesse indomptable ? Le Yangtsé nous était moins familier, mais nous n’avons pris que plus de plaisir à le découvrir.

Un album stimulant qui ravit aussi bien les yeux que l’esprit et l’imaginaire !

Extraits

« Que le spectacle commence ! De 1830 à la fin des années 1930, de véritables théâtres flottants naviguaient sur le Mississippi, vers le sud comme le nord. Ils faisaient escale dans les villes bordant le fleuve et présentaient des spectacles musicaux, des ballets ou du cirque avec de vrais chevaux. Certains pouvaient accueillir jusqu’à 3400 spectateurs ! »

« LORELEI, LE ROCHER CHANTANT. Un jour, un homme prétendit avoir été ensorcelé par une belle jeune fille. Alors qu’on l’emmenait en prison, elle se jeta dans les eaux tumultueuses du Rhin. Depuis, les marins parlent d’une femme assise sur un « rocher chantant ». Envoûtés à leur tour par la beauté du chant, ils perdent le contrôle de leur bateau et chavirent. »

Lu en janvier 2020 – Sarbacane, 18,50€

Curieux mammifères, de Florence Guiraud (Saltimbanque, 2019)

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N’y allons pas par quatre chemins : Curieux mammifères est le plus beau documentaire qu’il nous ait été donné de lire depuis longtemps. Époustouflantes, les immenses illustrations de Florence Guiraud rendent grâce à la beauté et à la diversité des membres de la grande famille des mammifères. Leurs compositions attirent intelligemment notre attention aux étonnantes formes de nez, trompes, cornes, queues, pelages et autres cuirasses qui permettent aux différentes espèces de s’adapter à leur environnement. Mais surtout, elles restituent comme aucune autre les frémissements, la douceur, la vulnérabilité aussi, de ces animaux dont elles nous font sentir si proches…

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Ces graphismes émouvants vaudraient à eux seuls le détour. Cela dit, la qualité du texte est à la hauteur – il ne nous arrive pas souvent de lire (et relire !) un documentaire de bout en bout ! Florence Guiraud propose des éclairages complémentaires, combinant informations sur l’évolution, anecdotes historiques et restitution de croyances et mythes relatifs à certains animaux… On ne peut qu’être ébahi des super pouvoirs des différentes espèces. Il y a celles qui voient à des kilomètres dans le désert, celles qui plongent à 900 mètres de profondeur, celles qui réalisent des bonds fabuleux, celles qui disposent d’un radar naturel pour se mouvoir de nuit… Ce documentaire sort des sentiers battus en nous faisant découvrir de nombreux animaux dont nous ignorions jusqu’à l’existence : une mine d’informations aussi stupéfiantes que réjouissantes !

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Cet enthousiasme est à la mesure du désarroi ressenti en constatant que l’histoire est toujours la même. La recherche du profit et les superstitions alimentent le braconnage, le commerce d’ivoire, de fourrures, de cornes, contribuant ainsi à faire disparaître ces espèces une à une. À l’image du pangolin, au bord de l’extinction : traqué pour sa viande et ses écailles, il s’immobilise enroulé lorsqu’il se sent menacé et les braconniers n’ont plus qu’à se pencher pour le ramasser…

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Un majestueux cabinet de curiosité dont chaque double page charrie sa dose de grains dans le sablier de notre conscience. Indispensable !

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Extraits

« Les cornes ont plusieurs fonctions. Tout d’abord, c’est un signe de reconnaissance. Dans la savane, elles permettent aux antilopes et aux gazelles de se distinguer entre espèces. Elles sont aussi un atout de séduction et un signe de supériorité : les femelles préfèrent les mâles qui possèdent les plus grandes cornes. Celles-ci sont également un moyen de défense. »

« Il y eut jusqu’à 300 espèces d’éléphants, mais aujourd’hui il n’en reste plus que trois : l’éléphant de forêt, l’éléphant de savane et l’éléphant d’Asie. »

« Dans ces régions désertiques, les prédateurs abondent. Heureusement, le suricate possède une vue incroyable qui lui permet d’identifier un ennemi à des kilomètres de distance. Alors que certains membres du groupe cherchent la nourriture, d’autres surveillent et se tiennent prêts, pour les avertir, à pousser des cris stridents, sortes de vocalises bien spécifiques. L’organisation dans leur société est basée sur l’entraide et l’altruisme. Tout repose sur la coopération et le partage du travail. Chacun contribue à la protection du groupe, à l’entretien du terrier, à la surveillance des petits. Et même la défense contre des prédateurs, comme le cobra, se fait à plusieurs. Prédateurs, ils n’hésitent pas à s’attaquer à plusieurs à ces serpents venimeux ou à des scorpions dont ils se délectent. »

Lu (et déjà relu !) en décembre 2019 – Saltimbanque, 22€

Biomimétisme – La nature comme modèle, d’Emmanuelle Walker et Séraphine Menu (La Pastèque, 2019)

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D’où viennent les idées, intuitions et hypothèses à l’origine des trouvailles scientifiques ? Question passionnante !

Grâce à ce splendide documentaire lu à voix haute avec les garçons, nous avons réalisé toute l’inspiration puisée par les humains dans… la nature. Et oui, elle est décidément bien faite ; les écosystèmes et les organismes sont parfois d’une sophistication sidérante. Leur observation est une véritable mine d’idées permettant de comprendre certaines lois, à l’image de Newton qui aurait développé sa théorie de la gravité en voyant une pomme tomber d’un arbre…

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L’analyse de la nature suscite aussi et surtout des innovations et inventions. De l’ornithoptère de Léonard de Vinci, inspiré du vol des oiseaux, à la colle industrielle, mise au point en étudiant la façon dont les moules se fixent au rocher, en passant par le train japonais Shinkansen, pensé par analogie à la morphologie du martin-pêcheur et du hibou, les exemples sont multiples et souvent inattendus. Ils concernent pour beaucoup d’enthousiasmantes recherches en cours et couvrent des domaines variés : chimie, ingénierie, électricité, médecine, architecture…

Quelle bonne idée de consacrer un album à ces thématiques passionnantes ! Le résultat est très réussi. Avec son grand format généreux (plus de 72 pages !), sa couverture cartonnée, ses illustrations sobres et classe et ses belles associations de couleurs, ce livre ravit l’œil autant que l’esprit.

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Une lecture qui fait du bien, à une époque où l’on a parfois du mal à croire qu’il soit possible que nature et progrès ne s’opposent pas… Il y a aussi quelque chose de réjouissant à découvrir les idées ingénieuses empruntées aux animaux. Comme par exemple cette matière transparente produite par certaines abeilles souterraines pour protéger leur nid, dont on explore actuellement les potentialités pour remplacer le plastique. Les garçons ont été particulièrement fascinés par les constructions, comme l’Eastgate Building, construit au Zimbabwe… en s’inspirant du système de régulation thermique des termitières !

Un livre qui donne envie de sortir, de regarder la nature différemment et de laisser libre cours à son imagination !

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Extrait : « As-tu déjà vu une chauve-souris voler ? Elle se déplace à une vitesse folle, en pleine nuit, sans pour autant entrer en collision avec quoi que ce soit. Cette précision a intéressé les scientifiques. Ils ont découvert que la chauve-souris utilisait des ultrasons pour se repérer dans l’espace (ce qu’on appelle « l’écholocation ») et ont développé ensuite un appareil similaire : le radar, qui détecte la présence d’objets dans une zone en envoyant des ondes électromagnétiques. »

Lu à voix haute en décembre 2019 – La Pastèque Éditeur, 22€

Grecomania, d’Emma Giuliani et Carole Saturno (Les Grandes Personnes, 2016)

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Notre île est riche de trésors. J’emploie généralement le mot au sens figuré pour parler de pépites littéraires, précieuses par leur texte, leur sonorité, leur aptitude à nous transporter ou à nous interroger… Mais là, c’est différent : le nouvel album d’Emma Giuliani et de Carole Saturno est un joyau au sens propre et plein du terme. Majestueux et élégant, Grecomania exerce une attraction magnétique sur toute la famille : impossible de ne pas avoir envie de s’y plonger si vos yeux se posent dessus. Le voyage dans le temps s’amorce aussitôt grâce à la qualité du texte et au charme des illustrations qui rendent un hommage moderne à l’univers esthétique de la Grèce ancienne… Après avoir marqué les esprits avec Egyptomania, Emma Giuliani et Carole Saturno parviennent à innover magnifiquement dans le champ (pourtant encombré) des livres sur la Grèce antique.

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Cette parution tombe à pic pour nous, puisque Antoine a l’histoire des civilisations antiques au programme de son année de 6ème. Depuis plusieurs années déjà, nous faisions notre miel de la mythologie grecque et des récits homériques, notamment grâce aux feuilletons de Murielle Szac. Grecomania nous a permis de retrouver nos protagonistes préférés parmi les divinités de l’Olympe et les héros de l’Iliade et de l’Odyssée. Mais ce n’est pas tout. L’album se démarque en effet par des contenus extrêmement complets – les pages sur la démocratie n’ont, par exemple, absolument rien à envier aux cours magistraux de science politique suivis pendant mes études ! Rien ne manque. Nous avons découvert, captivés, l’histoire et la géographie de la Grèce antique, la vie quotidienne, les merveilles architecturales héritées de cette époque, la démocratie athénienne, le rôle des guerres et l’alphabet grec, etc.

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Grâce à l’ingéniosité de la présentation et de la mise en forme, cette densité d’information ne doit en rien dissuader de découvrir ce livre avec des enfants à partir de l’école primaire – les lecteurs les plus jeunes se régaleront des splendides illustrations (en veillant quand même à y aller doucement avec leurs menottes…). Comme pour Egyptomania, les deux autrices font un usage intelligent et créatif des frises chronologiques, cartes, rabats dépliants et éléments pop-up. Tout cela contribue à organiser, animer et égayer la lecture. Un vrai show ! Si avec ça, vos enfants ne se passionnent pas pour l’Antiquité…

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Lu à voix haute en novembre 2019 – Éditions des Grandes Personnes, 29,50€

Mon petit monde, de Emmanuelle Houssais (Éditions du Ricochet, 2019)

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Une expédition pour explorer votre « petit monde », ça vous tente ? Saviez-vous que nous avons plus de bactéries en nous qu’il y a d’étoiles dans le système solaire ? Plus de mille rien que dans la bouche ! Si cela vous affole, continuez de lire et plongez-vous dans le nouveau documentaire d’Emmanuelle Houssais, paru au mois d’octobre aux éditions du Ricochet. Vous allez découvrir que contrairement aux idées reçues, cette prolifération est plutôt une bonne nouvelle…

Bactéries, bacilles et autres microbes font partie de l’univers des enfants auxquels on demande par exemple de respecter des règles d’hygiène qui ne leur semblent pas toujours tomber sous le sens ! On connaît moins la diversité de l’univers microscopique de ces organismes, présents dans tous les milieux, et le rôle essentiel qu’ils jouent pour le fonctionnement des plantes et des êtres vivants. C’est donc un sujet original et passionnant dont s’est emparée Emmanuelle Houssais.

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L’objet-livre est très attrayant : le grand-format et les illustrations chatoyantes permettent de plonger en immersion dans l’infiniment petit. Comme toujours chez cet éditeur (voir par exemple leur documentaire récent sur les îles), le texte n’est pas rébarbatif, mais se raconte comme une histoire. Il est à la fois précis, intéressant et accessibles à des enfants très jeunes, comme j’ai pu le constater en lisant Mon petit monde à mes garçons de 8-10 ans et à leurs cousines qui ont 5 et 7 ans. Tous ont été ébahis par l’histoire des bactéries sur Terre et la diversité des missions qu’elles assurent. Certaines sont redoutables, d’autres sont de véritables héroïnes avec une panoplie de super-pouvoirs leur permettant de nourrir, protéger, attaquer, guérir, camoufler ou au contraire éclairer, durcir les dents… Les représentations des différentes bactéries au début et à la fin de l’album sont fascinantes (nous avons évidemment vérifié qu’elles sont parfaitement fidèles !).

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Une jolie manière de convaincre, sans avoir besoin de verser dans le moralisme, de l’importance de se laver les mains, mais aussi de sortir prendre l’air et d’avoir une alimentation diversifiée !

Lu à voix haute en novembre 2019 – Éditions du Ricochet, 16€

Egyptomania, d’Emma Giuliani et Carole Saturno (Les Grandes Personnes, 2016)

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« L’Égypte est un don du Nil. » Hérodote, Vème siècle avant J.-C

Pour les « égyptomaniaques » que nous sommes, quel plaisir de sillonner l’Égypte ancienne en nous plongeant dans un album à la beauté divine, pharaonique pourrait-on dire ! Un album précieux, orné à chaque page de somptueux motifs égyptiens aux couleurs dorées et éclatantes. À tel point qu’on le parcourt en retenant son souffle, avec l’impression de pénétrer dans quelque pyramide sacrée…

Le Nil et ses saisons

L’album brosse une fresque de l’Égypte ancienne : son histoire, sa géographie et son économie façonnées par le Nil, les détails de la vie quotidienne, les métiers, les cultes et les fameuses pyramides. Tout cela est expliqué avec clarté et précision. La lecture est sublimée par les splendides illustrations. Les autrices font un usage très créatif de rabats et de parties mobiles qui semblent par exemple donner vie aux saisons qui se succèdent le long du Nil, ou nous donner l’impression d’entrer pas à pas dans un temple, une pyramide, un sarcophage…

Les Dieux

Ce format permet de lire ce documentaire à partir du plus jeune âge – ces dernières années, combien d’enfants de passage ont été attirés comme des aimants par ce grand livre dans notre bibliothèque ! En grandissant, et jusqu’à l’âge adulte, les lecteurs auront envie d’explorer les moindres recoins et aimeront se plonger par exemple dans la grande double-page finale qui présente une frise chronologique et des informations précises sur les hiéroglyphes, les reines et les pharaons célèbres ainsi que les musées qui exposent des objets issus des fouilles égyptiennes… Nous avons ainsi été ravis de redécouvrir cet album à l’occasion de l’année de 6ème d’Antoine, l’Égypte ancienne étant au programme d’histoire.

Un régal pour les yeux et l’esprit, accessible de 7 à 77 ans ! On en redemande, et je me réjouis déjà de poursuivre très bientôt le voyage en Grèce, grâce au nouveau documentaire que les deux autrices font paraître ce mois-ci…

Extraits

« Le Nil a donné le tempo. C’est autour de ses crues que s’est défini le calendrier égyptien, autour de ses trois saisons que le travail s’est structuré : AKHET, quand le Nil monte et que les rives sont inondées, de juillet à octobre ; PERET, quand le Nil redescend, de novembre à février, déposant le limon qui enrichit la terre, comme un engrais naturel, temps du labour et des semailles ; et CHEMOU, l’intense période des moissons, de mars à juin. »

« LE PAPYRUS : Avant de devenir le papier sur lequel les Égyptiens écrivaient, le papyrus est d’abord une plante. On prélève des lamelles au creux de sa tige, qu’on superpose et imbibe d’eau pour qu’elles se collent jusqu’à former des feuilles. Les bottes de papyrus servaient aussi à fabriquer des barques pour naviguer sur le Nil. »

Lu et relu depuis la parution en 2016 – Éditions Les Grandes Personnes, 24,50€