Toute une vie en chiffres, de Bruno Gibert (Actes Sud Junior, 2019)

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Je l’ai déjà constaté ici : Bruno Gibert a le don de parler de façon simple et percutante de tout ce qui nous dépasse. Avec cet album, qui sort aujourd’hui, il s’attaque à une question de taille : qu’est-ce qu’une vie ? Pas facile pour les enfants de prendre conscience que la vie a un début et une fin. Pas évident non plus pour nous de répondre à leurs questions et angoisses, tant il nous est nous-mêmes difficile de prendre la mesure de ce que représente une vie…

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Bruno Gibert offre une série de pistes avec un parti pris original et intelligent : ces éléments sont présentés sous forme de chiffres illustrés. L’idée est simple, mais lumineuse : prendre pour étalon une vie de 90 ans, nous permettant de réaliser ce que cela représente en moyenne à travers différents indicateurs tous plus évocateurs les uns que les autres… Une vie, c’est souffler 90 fois son gâteau d’anniversaire. C’est 492 dimanches et 32850 jours. Mais c’est aussi 30 années de sommeil, 11000 heures passées aux toilettes, 50000 litres d’eau bus, etc. Une vraie mine d’informations ! Mais n’insistez pas, je ne vous dévoilerai pas combien une vie compte de litres de sueur, de mètres de cheveux, d’heures passées à téléphoner, à étudier, à travailler ou à se déplacer…

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Certains chiffres donnent le vertige (4 milliards de battements de cœur !), d’autres nous rendraient presque mélancoliques – on ne naît et on ne meurt qu’une fois, et on passe un sacré temps accaparé par des questions purement matérielles. Alors bien sûr, il s’agit de valeurs moyennes dont la pertinence est sans doute limitée si on s’éloigne du contexte français et occidental – ou masquant comme toutes moyennes d’immenses disparités. Mais l’exercice n’en reste pas moins fascinant et donne à réfléchir sur le temps disponible, l’urgence de définir des priorités, mais aussi l’empreinte écologique d’une vie humaine…

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Cet album offre un plaisir ludique intense en permettant de prendre précisément la mesure de phénomènes difficiles à appréhender intuitivement. Voilà qui a énormément parlé à Antoine et Hugo qui ont pu donner libre cours à leur passion parfois épuisante, mais obstinée, pour les chiffres… Ils en sont restés bluffés : « Mais comment a-t-il pu calculer cela ? » Cerise sur le gâteau, l’auteur explique sur la double page finale les bases de ses calculs, sources à l’appui. De quoi ravir les garçons qui ont évidemment aussitôt entrepris de tout vérifier !

Un album ludique, poétique, vertigineux, qui interroge notre condition d’être vivant, l’immensité et la brièveté de la vie. Renversant !

Lu à voix haute en octobre 2019 – Actes Sud Junior, 14,90€

Cap sur les îles !, d’Emmanuelle Grundmann, illustré par Céline Manillier (Éditions du Ricochet, 2019)

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Vivent les albums qui transcendent les frontières entre les genres ! C’est précisément l’audace des documentaires publiés par les Éditions du Ricochet, qui ne se lisent pas comme des ouvrages à visée pédagogique, mais comme des livres d’histoires joliment écrites et illustrées qui offrent de belles lectures à voix haute…

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Le thème des « îles » n’est évidemment pas pour nous déplaire ici. Elles font forcément rêver d’archipels déserts, de plages idylliques et, bien sûr, de trésors enfouis ! Plus sérieusement, on constate vite la richesse de ce fil rouge pour explorer le monde. Après avoir souligné l’incroyable diversité des îles qui parsèment la surface du blog, l’album nous parle de leur formation et, surtout, de leurs particularités en termes de biodiversité. Puisqu’une île déserte ne le reste jamais longtemps, rapidement colonisée par les plantes et les animaux les plus inattendus ! On apprend comment ils gagnent les îles, s’y installent et s’y transforment… C’est alors la théorie de l’évolution (rien de moins !), mise en évidence par Darwin en comparant les espèces de différentes îles, qui nous est expliquée. Tout cela est raconté comme une histoire vivante et rythmée, avec des mots évocateurs qui ont parlé à Hugo.

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Le texte, porté par les illustrations luxuriantes de Céline Manillier, s’appuie sur de nombreux exemples surprenants et amusants. Connaissiez-vous le coco fesse, par exemple, dont les graines de vingt kilos dérivent au gré des courants marins ? Le surmulot qui peut donner naissance à vingt millions d’individus en trois ans ? Nous avons même eu le plaisir de retrouver certains de nos animaux préférés, comme l’inquiétant dragon de Komodo par exemple ! L’album se fait un peu imagier au fil des pages, nous révélant le nom des espèces animales et végétales qui peuplent les îles. Hugo s’est beaucoup intéressé à ces dénominations intrigantes – fou masqué, seigle de mer… – même s’il a regretté que certaines des espèces mentionnées dans le texte n’y soient pas incluses. Je pense plus généralement que selon leur âge, les enfants auront une lecture différente et se focaliseront plutôt sur les images, sur le rythme du texte ou sur le détail parfois poussé de son contenu. Les plus grands liront avec intérêt les deux pages proposées à la fin de l’album pour approfondir.

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Voilà de quoi nous donner envie de découvrir d’autres albums de cet éditeur que nous ne connaissons pas encore ! Les thématiques couvertes sont aussi variées qu’actuelles : pôles, espèces diverses, changement climatique, volcans…

 

Darwin semble décidément fasciner en littérature jeunesse ! Pour en savoir plus sur lui et sa théorie de l’évolution, n’hésitez pas à lire Le voyage de Darwin, de Giacomo Scarpelli et Maurizio Quarello, paru cette année également chez Sarbacane, ou encore le magnifique roman Calpurnia, de Jacqueline Kelly.

Lu à voix haute en septembre 2019 – Éditions du Ricochet, 13,50€

Sur mon île (de Myung-Ae Lee, 2019)

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La littérature, et la littérature jeunesse en particulier, offre souvent une parenthèse de rêve, une opportunité de faire abstraction des préoccupations quotidiennes et de s’évader dans des mondes imaginaires où tout est possible… Elle peut aussi permettre de parler de la réalité, des splendeurs et des misères du monde réel avec les enfants – parfois plus aisément qu’en les abordant de façon frontale. Car les petits sont sensibles au monde qui les entoure. Ils perçoivent les grandes questions de société et l’actualité, sans toujours être armés pour les décoder. Ce contexte est pourtant souvent essentiel car il préoccupe les adultes autour d’eux, mais aussi dans la mesure où il affecte leurs comportements et motive certains principes de vie. Par exemple, il n’a pas toujours évident de faire comprendre à nos enfants pourquoi nous consommons le moins possible et en privilégiant, dès que la situation le permet, les matériaux durables et les objets d’occasion… Nous sommes évidemment soucieux de les préserver des réalités sociales trop dures. Mais impossible de leur expliquer pourquoi nous ne achetons pas de jouets en plastique sans leur parler de surconsommation, de déchets et de pollutions.

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Sur mon île est un album précieux qui permet précisément de parler, à hauteur d’enfant, du « continent de plastique » qui grandit dans l’océan Pacifique, alimenté par les déchets au gré des courants marins. Nous découvrons cette gigantesque décharge à travers la perspective d’un oiseau qui évoque la consommation massive d’objets en plastique qui paraissent à première vue inoffensifs. Mais dont on perçoit bientôt, grâce à un jeu subtil sur les couleurs, la dissémination dans les cours d’eau et le milieu marin – dévastatrice pour le paysage, mais aussi pour les animaux… Les mots sont d’autant plus touchants qu’ils sont simples. Et pourtant, les dessins de Myung-Ae Lee sont si splendides et densément évocateurs qu’ils se suffiraient presque à eux-mêmes. Avec intelligence, il donnent beaucoup à réfléchir à notre portion de responsabilité individuelle dans ce drame écologique…

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Myung-Ae Lee prend donc ses jeunes lecteurs au sérieux, mais parvient parfaitement à se placer à hauteur d’enfant. Parce que le ton de l’oiseau-narrateur reste sobre et ne verse à aucun moment dans le pathos. Parce que les dessins permettent de montrer la réalité en choquant moins qu’une photographie. Parce que les initiatives prises pour limiter l’ampleur des dégâts sont évoquées, elles-aussi. Parce que la nature reste belle et continue de fourmiller de vie sur chacune des illustrations de l’album. Parce que la mort des animaux n’est pas explicitement évoquée – l’album se prête à des prolongements sous forme d’échange avec les parents qui jugeront ce que leur enfant peut entendre et sous quelle forme…

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Sur mon île_détail.jpgUn album fort, émouvant et important, qui a su captiver mes deux garçons, mais aussi mes deux nièces plus jeunes, dont l’une est en maternelle. Tous l’ont dévoré avec curiosité et l’ont beaucoup apprécié, ce qui ne m’a pas étonnée. Les enfants aiment quand le monde leur est rendu intelligible… Sur mon île montre qu’il est possible de parler avec eux des questions les plus terribles. Le souffle poétique, la densité du texte et la sensibilité des illustrations en font un modèle en la matière.

Lu à voix haute en mai 2019 – La Martinière Jeunesse, 13,90€

L’art en bazar (de Ursus Wehrli, 2013)

L'art en bazar_couvertureLes adeptes du ménage et de l’ordre vous le diront : ranger, c’est tout un art ! Mais en matière d’art, justement, l’ordre n’est pas la priorité. Ce registre de création ne peut-il pas être défini précisément en opposition à la rationalité, à la fonctionnalité et aux formes d’activités séquencées et réplicables ? N’est-il pas un lieu par excellence de questionnement subversif, voire de remise en cause des ordres établis ?

Ursus Wehrli nous donne précisément à réfléchir sur ce qui constitue une œuvre d’art en prenant nos convictions à contre-pied, avec un projet aussi provocateur que réjouissant : l’artiste entreprend en effet de « mettre de l’ordre » dans d’illustres tableaux ! Qu’il s’agisse de toiles de la Renaissance, de peintures expressionnistes ou d’art abstrait, rien ne lui résiste ! Tel un maniaque du rangement, il procède avec méthode et une approche systématique redoutablement efficace, voyez plutôt…

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Face à tant d’audace, on oscille entre perplexité eu égard au caractère absurde de l’entreprise, admiration de la méticulosité du travail réalisé (puisque nous avons évidemment vérifié que chaque élément des tableaux était bien ordonné !) et de la beauté surprenante du résultat. Cet album a donné lieu à de vifs débats dans la famille entre ceux qui préféraient la version ordonnée ou désordonnée de chaque tableau… Un album fascinant permettant de découvrir ou de revisiter des œuvres incontournables !

Lu et relu – Milan, 14,95€

 

1 temps (de Henri Meunier et Aurore Petit, 2018) et Chaque seconde dans le monde (Bruno Gibert, 2018)

Difficile pour les tous petits de prendre conscience du temps ! C’est à n’y rien comprendre : les moments de jeux prennent fin en un clin d’œil alors que la journée de classe (ou l’attente de son anniversaire !) peut sembler très longue – mais pas aussi interminable que de patienter pour une durée indéfinie dans une salle d’attente ou dans un avion. Une journée ou une minute peuvent sembler immenses… ou négligeables ! Pour nos têtes blondes, chaque saison représente une éternité et un an dure un siècle et pourtant, la perspective très lointaine de parvenir au bout de la vie les inquiète. Impossible de réaliser le temps de la vie de leurs parents et de leurs grands-parents ; mais les enfants ne s’en passionnent pas moins pour les dinosaures, les chevaliers et les autres acteurs d’un passé antédiluvien. Sujet difficile, donc, que le temps. Mais il structure la journée, l’année et la vie et il s’agit donc là d’un enjeu incontournable. Il est tellement plus facile de patienter jusqu’au retour d’un parent ou jusqu’aux vacances quand on peut se représenter le temps que cela représente !

1 temps.jpgHenri Meunier, Aurore Petit et les éditions du Rouergue nous proposent un merveilleux album pour aborder concrètement cette thématique avec les enfants. Nous observons un enfant qui lance un caillou dans l’étang. Au fil des pages, des heures, des saisons, des années, le décor se transforme, nous invitant de façon très ludique à scruter les traces du passage du temps : transformations du paysage, cheminement des randonneurs, trajectoire de l’avion et de l’escargot, chenille qui se transforme… Le lecteur est également interpellé par le texte : qui du caillou, de l’enfant ou de l’étang était là le premier ? Combien de temps le caillou met-il à tomber ? S’agit-il vraiment du même enfant ? Le temps a-t-il un début et une fin ? On se laisse volontiers entraîner dans cette agréable et amusante méditation qui nous ferait presque oublier le temps qui ne cesse de s’écouler… Jusqu’à ce que, plouf, le livre touche à sa fin et nous ramène aux préoccupations du présent !

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Lu à voix haute en janvier 2019 – 1 temps, Le Rouergue, 14,50€

 

Chaque seconde dans le monde.jpgJe profite de cette chronique pour évoquer un autre bel album sur le sujet du temps que mes parents ont eu l’idée formidable d’offrir à Hugo pour Noël – et qui remporte depuis un succès immense auprès des deux garçons qui le feuillettent presque chaque jour ! Il s’agit de Chaque seconde dans le monde, paru en 2018 chez Actes Sud. L’idée est aussi simple que géniale : chaque double-page présente des statistiques sur ce qui se passe dans le monde au cours d’une seconde. On apprend des choses inouïes, vertigineuses, voire inquiétantes : chaque seconde, deux personnes meurent, mais quatre bébés naissent ; quatorze livres et quarante smartphones sont vendus, 1200 kilos de bifteck et 6000 kilos de sucre sont consommés, la Terre avance de 30 kilomètres autour du soleil, etc., etc. ! Les illustrations stylisées se détachent avec élégance de l’arrière-plan coloré en jouant sur les contrastes. Pour Antoine et Hugo qui adorent mesurer toutes sortes de choses, cet album est une mine d’information inestimable ! Et au-delà du plaisir ludique de prendre précisément la mesure de phénomènes difficiles à appréhender intuitivement, le défilement des chiffres excessifs et leur mise en regard habile donne à réfléchir sur les dérives du productivisme et de la société de consommation.

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Chaque seconde dans le monde – Actes Sud, 14,90€

La ruée vers l’art (de Clémence Simon, 2018)

Le street art appartient sans doute aux mouvements artistiques contemporains les plus dynamiques. Ces graffiti, sculptures et pochoirs intégrés aux constructions urbaines font sortir l’art des musées, en transformant la rue en « musées à ciel ouvert » accessibles à tous, et donnent à réfléchir aux citadins de passage…

La ruée vers l’art nous permet de découvrir près d’une vingtaine d’œuvres de street-artistes de renommée, qui ont toutes en commun de détourner des peintures ultra-célèbres. Chacune est présentée par une grande photo s’étendant sur une double page, assortie d’un rabat proposant une description, quelques pistes d’interprétation et des informations sur l’œuvre d’art détournée.

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Joconde.jpgNous nous sommes beaucoup amusés à découvrir certains tableaux que les garçons ne connaissaient pas encore, mais aussi à en reconnaître d’autres : la Joconde, les fresques de Lascaux visitées l’année dernière, un portrait d’Arcimboldo étudié à l’école maternelle, La Grande Vague de Kanagawa que nous avons en poster… Antoine et Hugo ont été abasourdis par la prouesse technique que représentent certaines œuvres de street art, comme ces tableaux monumentaux réalisées sur des immeubles vertigineux. Les photos montrent très bien comment les artistes jouent sur les échelles en créant des motifs démesurés que l’on distingue de loin, mais dans lesquels s’intègrent d’autres sujets dont on prend conscience en approchant – comme cet énorme robot composé d’objets électro-ménagers, ou la silhouette de Napoléon dans laquelle fourmillent personnages de dessins animés et symboles…

Nous avons aussi été très intéressés par les problématiques sociales auxquelles ces différentes œuvres et les explications passionnantes de Clémence Simon invitent à réfléchir, en particulier (pêle-mêle): qu’est-ce que l’art ? Les artistes de la grotte de Lascaux ne seraient-ils pas aujourd’hui exposés au risque de voir un employé municipal effacer leurs fresques au kärcher ? Les mondes des jeux vidéos et des galeries d’art sont-ils irréconciliables ou peut-on imaginer des ponts ? N’y a-t-il pas urgemment besoin de mieux considérer toutes sortes de formes de travail invisible, en particulier le travail ménager souvent assumé par des femmes ? Beaucoup d’œuvres évoquent la société de consommation et la crise écologique, à l’image de cette Joconde moderne, « fashion-victim » au regard vide qui ne s’aperçoit pas que la nature environnante est à l’agonie et qu’elle est en train de sombrer. Ou ce robot colossal composé en agglomérant non pas des légumes, comme le faisait le peintre Arcimboldo, mais des tonnes de produits-ménagers usagers entassés en montagnes de déchets.

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Cet album joue donc sur un choc très stimulant entre chefs-d’œuvre ayant marqué l’histoire et street art – choc également entre art et objets du quotidien, comme ce seau ménager qui, déversé, déverse une vague qui ressemble à s’y méprendre à celle de Hokusai. Une façon très ludique de découvrir en famille l’histoire et l’actualité de l’art !

Lu à voix haute en janvier 2019 – Arola, 19€

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Louis Armstrong (de Pierre Ducrozet, Zaü et Jacques Bonnaffé, 2012)

Louis Armstrong portrait.jpgQui aurait cru le petit Louis, cet enfant qui déambulait pieds nus dans les rues de la Nouvelle Orléans à l’aube du XXème siècle deviendrait l’une des figures les plus marquantes de l’histoire du jazz ? Pierre Ducrozet conte avec talent l’histoire extraordinaire de Louis Armstrong. Une histoire qui est aussi celle du jazz, dont on suit les développements à travers le destin et les rencontres de ce trompettiste, cornettiste, chanteur et compositeur de légende. Une histoire qui est, finalement, celle des Etats-Unis. Cette lecture a d’ailleurs fortement résonné chez nous avec celle du Célèbre catalogue Walker & Dawn, dont l’intrigue s’inscrivait dans le même contexte historique. Les deux livres restituent avec finesse les contrastes qui divisent les États-Unis, des rives du Mississippi à l’immensité de Chicago et de New York, et l’irrépressible soif de liberté, d’émancipation face au poids des conventions et de la ségrégation.

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Louis-Armstrong-extraitLes illustrations de Zaü, si vivantes qu’elles semblent animées, et la voix captivante de Jacques Bonnaffé, qui lit l’histoire de Louis sur le CD assorti au livre, portée par de nombreux extraits musicaux, permettent une véritable immersion. Cette lecture, offerte aux garçons par mes parents qui savent si bien dénicher des trésors littéraires qui leur plaisent (et que je remercie affectueusement au passage !), a énormément marqué Antoine et Hugo. Il s’est agi pour eux d’une rencontre avec le jazz – et elle leur a indéniablement fait forte impression. Il faut dire que le cornet et la voix de Louis Armstrong ont de quoi laisser bouche bée ! En témoigne cette interprétation d’une chanson que j’adore, St James Infirmary !

Cet album a aiguisé leur curiosité et leur a vraiment donné envie d’aller plus loin. Après avoir refermé le livre, nous avons découvert de nombreux morceaux de musique de la Nouvelle Orléans, de blues et de swing, et reparlé très souvent de Louis Armstrong. Écouté et réécouté la chanson que Claude Nougaro a écrite en son hommage. J’espère que de nombreux lecteurs et lectrices auront le même plaisir à découvrir Louis Armstrong !

Éditions Bulles de savon, 19€

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