Patchou, l’alpaga du Pérou, de Li Lamarre, illustrations d’Odile Santi (Éditions courtes et longues, 2020)

Puisque les voyages forment la jeunesse, que diriez-vous, après notre petit tour au Venezuela il y a quelques jours, de visiter le Pérou ? Je vous promets un panorama de massifs escarpés et de prairies verdoyantes à couper le souffle, saturé de couleurs aux mille reflets.

Patchou ne voit rien de toute cette beauté, tout absorbé qu’il est par sa propre apparence. Sa toison est si sublime que l’alpaga refuse qu’on la tonde. Ce qui ressemblait à de la vanité se révèle très vite un fardeau, lorsque la laine de Patchou devient si épaisse qu’elle perd son attrait et commence à peser lourd, l’empêchant d’avancer. Rejeté par ses semblables, il entame une quête solitaire à la recherche de la confiance en lui qui lui permettra d’être heureux et de s’ouvrir aux autres…

La profusion lumineuse des paysages andins inspire à Odile Santi, jeune illustratrice lilloise, des illustrations flamboyantes et oniriques, d’une grande intensité expressive. On se repait de l’immensité des espaces, du paysage paré de couleurs fauvistes, de la chaleur des lueurs crépusculaires, d’une intrigante construction nivelée évoquant le Machu Picchu et de la beauté des animaux.

Évidemment, le cheminement sur les lignes de crêtes, avec ses obstacles à franchir, ses haltes et ses hésitations, sont autant de métaphores qui invitent à tirer parti des épreuves pour méditer, prendre confiance, s’accepter tel que l’on est et s’ouvrir à la vie et aux partages. Des leçons de vie inspirantes face à l’individualisme et la dictature du paraître. Cela dit, les dialogues de l’alpaga avec les vigognes qui l’aident à avancer en mettant des mots sur son ressenti m’ont semblé souvent redondants avec l’histoire : « Ton épuisement a été bénéfique. Il t’a permis de regarder en toi et de découvrir le bel être que tu es. Ce cheminement intérieur, personne d’autre ne pouvait le faire à ta place. Tu as connu beaucoup de souffrances et tu en as tiré de précieux enseignements. »

Une fable vaut souvent mieux que de longs discours. J’ai eu le sentiment que le message prenait ici un peu le pas sur l’intrigue. Sans doute faut-il appréhender cette lecture plutôt comme une déambulation contemplative.

Toujours est-il que mes nièces de 8 et 6 ans ont été contentes de lire cet album avec moi. Nous l’avons refermé, ivres de couleurs chaudes et d’ondes positives, avec l’impression d’avoir été très loin. Un bel objet-livre pour gâter ses rétines et son âme !

Lu à voix haute en août 2020 – Éditions courtes et longues, 20€

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