Lire à voix haute à des enfants – pourquoi et comment ?

Vous l’aurez compris, les livres et la lecture occupent une place très importante dans notre vie de famille ! Il ne se passe pas un jour sans qu’Antoine et Hugo ouvrent un livre. Et cette passion compte de plus en plus pour eux. Les lectures évoquées sur ce blog ne sont pourtant pas celles qu’ils découvrent en autonomie, mais celles que nous partageons chaque soir – des lectures « offertes », à voix haute. Dans la nouvelle rubrique du blog, j’aimerais parler de ce rituel quotidien de lecture partagée.

« L’histoire du soir » (ou celle du « temps calme » du début d’après-midi, ou de tout autre moment de la journée opportun…) est une pratique partagée par beaucoup d’amoureux des livres. De multiples études ont fait la démonstration des vertus de cette pratique sur le plan psychologique et pédagogique, notamment – j’y reviendrai un autre jour. Mais surtout : tous ceux qui en font l’expérience savent à quel point ces moments de partage, de calme, de rêverie et de complicité avec son enfant sont précieux et n’y renonceraient pour rien au monde ! Je connais plusieurs parents qui ont lu des textes à voix haute à/avec leurs enfants jusqu’à l’adolescence, voire après – et je comprends maintenant très bien pourquoi.

Et pourtant, la capacité à créer et à préserver ces instants privilégiés semble bien fragile dans un contexte de rythmes de vie de plus en plus effrénés et d’hyper-connexion. L’enquête Effort éducatif des familles révèle qu’en France, très peu de pères lisent à leurs enfants de façon quotidienne. Une autre enquête récente suggère qu’au Royaume-Uni, seuls 15% des parents le font, en déclin marqué au cours des cinq dernières années. Ces évolutions s’expliquent probablement par la conjonction et l’interaction de nombreux facteurs individuels et sociaux. Et, quand l’enfant grandit, par l’impression que la lecture à voix haute n’est plus nécessaire dès qu’il maîtrise lui-même la lecture…

All join in Quentin Blake

Je sais bien que chaque parent et chaque enfant sont uniques et que ce qui nous plaît n’apportera peut-être pas la même chose à une autre famille… Je sais aussi que même pour ceux qui apprécient la lecture, ce n’est pas toujours évident de dégager le temps et l’attention nécessaire… Mais plusieurs expériences m’ont donné envie d’évoquer ici les lectures offertes aux enfants : le souvenir émerveillé de lectures d’albums avec ma mère quand j’étais enfant ; le ravissement des lectures offertes à notre classe de CM1 par l’instituteur ; notre propre pratique familiale et tout ce qu’elle nous a apporté ; les échanges avec d’autres familles partageant la même flamme ; le plaisir des enfants auxquels j’ai eu l’occasion de raconter des histoires, à la maison ou lors de sorties scolaires par exemple ; le bonheur des élèves de la classe de maternelle de Hugo que j’ai accompagnés régulièrement à la bibliothèque il y a quelques années… Autant de petites madeleines qui me donnent irrésistiblement envie de transmettre à d’autres le goût de la lecture offerte et d’échanger avec d’autres adeptes de la « lecture du soir »…

Dans cette nouvelle rubrique, je reviendrai donc sur plusieurs questions récurrentes dans nos échanges avec d’autres familles : pourquoi lire à voix haute à des enfants ? À quel âge peut-on commencer et comment peut-on s’y prendre ? Comment choisir ses lectures ? Comment est-ce que cela se passe lorsque les enfants grandissent ? Je m’appuierai pour cela sur notre propre expérience, qui est bien sûre singulière : je serai ravie de recevoir vos propres retours d’expérience, anecdotes et suggestions !

dimanche matin lecture
Dimanche matin lecture à la maison…

Je commence donc aujourd’hui avec une question essentielle : pourquoi instaurer un rituel de lecture à voix haute ? Je suis convaincue que les livres constituent des alliés essentiels pour accompagner nos petites têtes blondes. Bien sûr, on lit fréquemment que cette pratique est très favorable aux apprentissages : ses vertus ne sont plus à démontrer, en particulier sur le plan du langage, de l’apprentissage de la lecture, du développement de l’empathie ou de la découverte du monde. On s’en rend bien compte en pratique – j’y reviendrai dans un autre post un de ces jours. Mais ce n’est pas sur cet aspect que j’ai envie d’insister en priorité aujourd’hui.

Avant tout, la lecture en commun est un moment de partage, de tendresse et de plaisir partagé qui contribuer à renforcer les liens d’attachement. Dans un quotidien bien rythmé, Antoine et Hugo reçoivent vraiment ces instants d’attention privilégiée comme un cadeau. Ils sont une manière de leur témoigner à quel point ils sont importants pour nous. Cette parenthèse quotidienne de rêve, faisant la part belle à l’imaginaire, nous permet de nous soustraire aux préoccupations quotidiennes pour un moment de calme, de lenteur et d’attention exclusive. C’est véritablement stupéfiant de voir à quel point quelques minutes de lecture permettent aux enfants les plus vifs et turbulents (et je sais de quoi je parle !) de se poser et de retrouver le calme avant d’aller dormir : cela vaut vraiment le coup d’essayer ! Notamment chez les très jeunes enfants, le rituel de lecture du soir peut permettre d’accompagner le moment délicat que représente, pour certains, la séparation au moment de se coucher.

Et l’évasion dans un livre permet souvent de désamorcer les tensions et de prendre un peu de distance vis-à-vis des petits soucis du quotidien. Chez nous, les lectures donnent souvent lieu à des confidences, des questions et des moments privilégiés d’échange que nous n’aurions pas forcément eus sinon. Il est parfois plus facile d’aborder certaines questions de façon indirecte, voire implicite, à travers une histoire que de manière frontale… Ces échanges permettent de mieux se connaître : nous ne sommes pas nécessairement captivés, touchés, interpellés ou heurtés par les mêmes choses. Et c’est passionnant d’en parler.

L’histoire du soir permet de redécouvrir la lecture, car on lit différemment quand on le fait à haute voix pour quelqu’un d’autre. Moi qui lis beaucoup et de manière un peu compulsive, j’ai redécouvert certains livres en les parcourant plus lentement, en prenant le temps de me représenter pleinement le texte afin de mieux le transmettre… La lecture offerte permet aussi bien sûr de communiquer ce goût des livres à ses enfants, de les initier à l’état d’esprit permettant de décélérer pour pouvoir se plonger en immersion dans un livre. Quand le goût de la lecture se transmet de génération en génération, cela peut contribuer à créer une belle complicité autour de certains livres qui finissent par composer un univers de références partagées par toute la famille… Chez nous, nombreux sont les repas de famille où nous parlons de Karlsson sur le toit, Tom Sawyer ou encore Veruca Salt. Ils finissent par devenir une galerie de personnages qui font presque partie de la famille et dont les aventures peuvent être évoqués aisément puisque tout le monde les connaît !

Et vous ? Avez-vous fait cette expérience et comment est-ce que cela s’est passé ? Ou est-ce que cela vous tente ?

buch herz
Source: https://www.smarticular.net/gruende-warum-du-taeglich-in-einem-buch-lesen-solltest/
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