Calpurnia et Travis, de Jacqueline Kelly (2009 pour l’édition originale en anglais, 2017 pour la traduction française)

« Les garçons étaient-ils tous aussi bêtes, ou bien était-ce l’apanage de ces frères dont la malchance m’avait affublée ? »

Calpurnia & Travis-couverture

Le premier tome de Calpurnia avait déjà tout pour devenir une pépite de notre trésor littéraire familial : un décor dépaysant nous faisant voyager dans le Texas du début du 20ème siècle, une héroïne attachante et très drôle, une ribambelle de frères aux mésaventures réjouissantes, un grand-père doté d’un art incroyable de communiquer la passion des sciences et un message résolument émancipateur. Cette lecture avait été un grand coup de cœur pour Hugo, semblant presque avoir été écrite sur mesure pour lui. Depuis tout petit, il fait preuve d’une créativité sans borne (et parfois un peu fatigante pour son entourage, il faut bien l’admettre) pour les expérimentations de toutes sortes. Et comme Travis, le petit frère de Calpurnia, il est l’ami des bêtes – de toutes ! – et rêve de pouvoir enfin en adopter une. Hugo était donc pleinement entré dans l’univers de Calpurnia et s’était délecté de chaque chapitre. Depuis, il réclamait avec insistance la suite…

Et nous n’avons pas été déçus par ce deuxième volet, tout à fait à la hauteur du premier. Nous y retrouvons Calpurnia à l’orée de l’année 1900, sa soif de découvertes et de liberté intactes. Intrigues familiales et scientifiques s’entremêlent joyeusement pour aiguiser la curiosité du lecteur : les expériences de Travis, qui ne recule devant aucun défi lorsqu’il s’agit de domestiquer les animaux les plus improbables, seront-elles toujours aussi désastreuses ? Les mentalités finiront-elles par évoluer pour comprendre tous les bienfaits de la science – et toute l’injustice de la condition féminine ? Quelles seront les conséquences du terrible ouragan qui ravage les côte du Texas ? La destinée d’un triton nommé Sir Isaac Newton peut-elle ne pas être extraordinaire ? Tout cela est captivant, et raconté avec beaucoup de vie et d’ironie par Calpurnia. Avec, en bonus, une citation de Darwin en tête de chaque chapitre !

Il ne nous reste plus qu’à espérer que l’histoire ne s’arrête pas là et que Jacqueline Kelly reprenne un jour la plume !

L’avis de Linda et de Pepita, c’est par ici !

Lu à voix haute en juin/juillet 2019 – L’école des loisirs, 18,50€

Extraits

« L’idée de recevoir de l’argent de quelqu’un qui m’avait autant donné me choquait. Il m’avait transmis une passion qui me comblait. Il m’avait ouvert les yeux sur le monde des livres, des idées et de la connaissance. Il m’avait fait découvrir la nature, la science. J’aurais pris une pièce de la main de n’importe qui mais pas de mon grand-père. »

« Travis essuya de nouvelles larmes.
– Pauvre Scruffy. Il voudrait juste faire partie d’une meute. Mais voilà : les chiens ne veulent pas de lui, les coyotes non plus, et les hommes veulent le noyer ou lui tirer dessus. En plus, il est orphelin et il a perdu tous ses frères et sœurs.– Pauvre Scruffy, dis-je à mon tour, en toute sincérité. »

Une réflexion au sujet de « Calpurnia et Travis, de Jacqueline Kelly (2009 pour l’édition originale en anglais, 2017 pour la traduction française) »

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