Sous haute dépendance, de Ursula Poznanski (2010 pour la version originale en allemand, 2013 pour la traduction française chez Bayard Jeunesse)

Erebos est un INCROYABLE jeu vidéo. Mais inutile de vous précipiter, il n’est pas en vente et n’est disponible que sur invitation, dans le cadre de règles strictes : ne parler du jeu à personne, suivre à la lettre les instructions du Messager et être à la hauteur des quêtes qu’il distribue, sésame pour progresser rapidement. De quoi devenir complètement accro ! Mais le jour où l’homme s’adresse directement à Nick, et non à son avatar, pour lui confier une mission dans le monde réel en échange duquel il a la surprise de recevoir le T-shirt de son groupe préféré, il devient clair qu’Erebos n’est pas seulement un jeu particulièrement réussi. Comment le jeu peut-il le connaître aussi bien ? Jusqu’où mènera-t-il ses joueurs ? Quel est le sens du combat orchestré par le Messager et qui tire les ficelles du jeu ?

Ce roman récompensé par le prix allemand de la littérature jeunesse est un best-seller dans l’espace germanophone (un million d’exemplaires vendus). On comprend pourquoi, à la lecture de ces pages intensément addictives. On entre d’abord avec Nick dans le jeu, se demandant fébrilement ce dont il s’agit et ce qui nous attend – et se surprenant à s’agacer autant que lui de voir l’aventure interrompue par les intrusions parentales et les contraintes du quotidien. On s’alarme de plus en plus du fonctionnement suspect du jeu, puis l’intrigue bascule définitivement dans le monde réel et vire au thriller, jusqu’à un final haletant. L’ensemble est crédible et prenant, servi par une plume efficace : mon moussaillon de douze ans et moi n’avons fait qu’une bouchée des 442 pages de ce roman.

Au-delà d’une intrigue bien construite, j’ai trouvé que le roman abordait de façon intéressante, en toile de fond, les dérives des jeux vidéo et des réseaux. L’idée n’est pas de diaboliser les jeux vidéo qui, heureusement, ne servent généralement pas de conspiration du type de celle d’Erebos. Il n’empêche que le roman montre bien les mécanismes qui créent l’addiction, les conséquences sur la vie sociale et l’équilibre psychologique, ainsi que l’intrusion effarante dans la sphère privée que permet un usage inconsidéré des nouvelles technologies et des réseaux sociaux.

Cette lecture ravira aussi les fans de mythologie grecque (les plus avertis auront déjà tiqué en découvrant le titre du jeu vidéo) auxquels l’univers d’Erebos fait abondamment allusion.

Un très bon petit thriller pour ados !

PS : Comme souvent, les couvertures des éditions française et allemande sont complètement différentes. Laquelle préférez-vous ? Pour ma part, je penche fortement vers la couverture allemande qui a quelque chose d’orwellien qui correspond très bien au roman.

Lecture commune avec Antoine, en version originale allemande – Éditions Loewe, 9,95€

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