Le mystérieux cercle Benedict, de Trenton Lee Stewart (2007 pour l’édition originale en anglais, 2013 pour la traduction française)

Lu en décembre 2017

Orphelin et surdoué, Reynie souffre de la solitude et des persécutions des autres élèves et passe le plus clair de son temps dans la bibliothèque ou à lire le journal. C’est ainsi qu’un beau jour, il tombe sur une annonce mystérieuse : « TU ES UN ENFANT ? TU POSSÈDES DES APTITUDES EXCEPTIONNELLES ? TU SOUHAITES VIVRE UNE EXPÉRIENCE UNIQUE ? ». Intrigué par cette l’opportunité de cette « expérience unique », Reynie décide de se présenter à l’examen organisé le week-end suivant. Il est loin de se douter du caractère pour le moins déroutant des épreuves et des rencontres extraordinaires auxquelles elles le mèneront. Il s’agit pourtant de contribuer à une mission dangereuse qui fera des jeunes recrues de véritables agents secrets infiltrés dans la pension dirigée par un scientifique sur le point d’utiliser toutes ses redoutables connaissances en ingénierie et en neurosciences pour prendre le pouvoir. L’amitié, l’intelligence, l’ingéniosité et la solidarité des enfants seront-elles suffisantes pour mettre un coup d’arrêt à cette vaste entreprise de manipulation ?

Nous n’avons fait qu’une bouchée de ce roman de 630 pages qui s’est révélé très addictif, grâce à son intrigue très bien construite et au découpage savant des chapitres pour donner irrésistiblement envie de poursuivre la lecture. À la faveur des vacances de Noël, nous avons largement prolongé la demi-heure quotidienne de lecture !

Au-delà de ce récit palpitant, Le mystérieux cercle Benedict a séduit toute la famille par ses personnages hauts en couleur et par les multiples énigmes et messages codés intégrés dans l’histoire de façon à nous donner la possibilité, très ludique, de chercher à les résoudre en même temps que les enfants. Mais surtout, les péripéties de Reynie et ses amis, permettent à Trenton Lee Stewart de nous interroger, un peu à la manière de J.K. Rowling dans Harry Potter, sur des questions passionnantes : tolérance vis-à-vis des différences, importance du sens critique et de la réflexivité, instrumentalisations politiques des peurs et des avancées scientifiques, résistance et dilemmes éthiques face aux manipulations, rôle de l’école, mémoire et amnésie, fondement des liens familiaux… L’auteur maîtrise parfaitement l’équilibre entre ces problèmes angoissants et la dose d’humour et de rêve qui rend ce roman adapté à de jeunes lecteurs – puisque ce sont toujours les jeunes et courageux héros qui finissent par triompher des complots des adultes.

« Reynie s’attendait à ce qu’elle se présente, mais au lieu de cela, elle se contenta d’essuyer quelques miettes de gâteau sur sa bouche.
– Tu voulais me demander quelque chose ? reprit-elle.
– Oh oui. Est-ce que je pourrais téléphoner à ma tutrice, Miss Perumal, s’il vous plaît ? Personne ne sait où je me trouve, et je crains qu’elle ne s’inquiète.
– C’est très délicat de ta part, Reynard, mais rassure-toi : nous avons déjà prévenu Miss Perumal. Tu n’as donc plus à t’en préoccuper.
La femme-crayon s’apprêtait de nouveau à partir.
– Madame ? Excusez-moi, madame ?
Elle s’arrêta.
– Oui. Qu’y-a-t-il encore, Reynard ?
– Pardonnez-moi de vous demander cela, madame, je ne le ferais pas si ce n’était pas très important pour moi… c’est que… vous ne seriez pas en train de me mentir, par hasard ? »

« Les enfants embrassèrent du regard leur nouvelle école. Les bâtiments de pierre grise de la Pension se ressemblaient tant, et ils étaient si proches les uns des autres, qu’il était difficile d’affirmer avec certitude où finissait l’un et où commençait le suivant. Ils étaient disposés en une sorte de U tout autour de la grand-Place pavée, et reliés par des chemins et des escaliers de pierre. Sous cet angle, avec la tour qui se dressait juste derrière la résidence, l’ensemble donnait moins l’impression d’une école que d’une forteresse. »

« À vous entendre, on dirait qu’il n’y a aucune règle ici, remarqua Sticky.
– C’est vrai, George, répondit Jillson. Pratiquement aucune. Vous pouvez vous habiller comme vous voulez, pourvu que vous ayez un pantalon, une chemise et des chaussures. Vous pouvez faire votre toilette aussi souvent que vous voulez, ou jamais, du moment que vous êtes propres pour aller en classe. Vous pouvez manger ce que vous voulez, et quand vous voulez, durant les heures d’ouverture du réfectoire. Le soir, vous pouvez éteindre aussi tard que vous voulez avant dix heures. Et vous pouvez vous promener où vous voulez dans l’enceinte de la Pension, tant que vous ne quittez pas les allées et les couloirs à bande jaune.
– À vrai dire, intervint Reynie, tout cela ressemble beaucoup à un règlement.
Jackson le foudroya de ses yeux de glace.
– Comme c’est ton premier jour ici, Reynard, je ne m’attends pas à ce que tu comprennes, mais c’est une des lois de l’existence que tu apprendras à la Pension : bien des choses qui ressemblent à des règles n’en sont pas, et on a toujours l’impression qu’il y a plus de règles qu’il n’en existe en réalité.
– Ça fait donc deux lois que j’apprendrai, observa Reynie.
– C’est exactement ce que j’essaie de t’expliquer. »

Livre de poche, 7,90€

Le-mysterieux-cercle-Benedict

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  1. Ping : La couronne d’argent, de Robert C. O’Brien (1968 pour l’édition originale en anglais) – L'île aux trésors. Lectures et aventures du soir

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