Le premier défi de Mathieu Hidalf, de Christophe Mauri (Gallimard Jeunesse, 2011)

C’est une cour fastidieuse avec, évidemment, son souverain, ses notables, ses hiérarchies, ses carrosses, ses cérémonies, ses festins interminables, et ainsi de suite. Des rouages qui ne semblent grippés que par un petit grain de sable obstiné : un garnement passé maître dans l’art de déclencher des catastrophes, de préférence le jour de l’anniversaire du roi – qui se trouve être aussi le sien. Langue bien pendue, sens aigu de ses droits associé à une effronterie et une imagination sans bornes lorsqu’il s’agit de parvenir à ses fins, Mathieu Hidalf exaspère (surtout son père) ou égaye (presque tous les autres, ravis de rigoler un peu), mais ne laisse personne indifférent. C’est bien simple, on ne parle plus que de cela dans le royaume : Mathieu parviendra-t-il cette année à surpasser sa dernière bêtise ?

« Une bêtise, l’ombre d’une bêtise, le simulacre d’une bêtise, la rumeur d’une bêtise, l’idée même d’une bêtise, et tout le monde se rappellera le jour de l’anniversaire de Mathieu Hidalf comme celui de la plus grosse punition jamais infligée à un enfant ! C’est bien compris ? »

Voilà une série qui commence sur les chapeaux des roues, portée par la plume malicieuse de Christophe Mauri. L’intrigue est menée tambour battant, déployant au passage plusieurs arcs qui seront repris dans les tomes ultérieurs. L’univers importe avec bonheur dans une société de cour digne de Molière des éléments de merveilleux et des clins d’œil aux contes. Les personnages sont outrancièrement drôles. Hugo, qui aime l’humour et le second degré, est littéralement tombé sous le charme de cette série dont il a dévoré tous les tomes dans la foulée. Je le comprends : il y a quelque chose de jubilatoire chez cet anti-héros qui suit ses envies envers et contre tout, s’autorisant tout ce que beaucoup d’enfants aimeraient pouvoir faire sans (heureusement) pouvoir se le permettre. C’est puéril, bien sûr, mais sa façon ingénieuse et subversive de tourner en dérision les abus d’autorité est aussi indéniablement réjouissante.

Un roman pétillant d’humour et d’intelligence : on en redemande !

Extraits

« C’est mon anniversaire, docteur, et je vais rater celui du roi à cause d’un chien et d’un père tortionnaire. De quoi souffre-t-il ?
– Votre père ?
– Non, pardi ! Mon chien !
– D’un mal de tête.
– Un mal de tête ! s’indigna Mathieu. Et moi, quand je prétends que j’ai mal à la tête, on ne me laisse pas jouer dans ma chambre toute la journée, que je sache ? Un simple mal de tête ?
– Étant donné qu’il en a quatre, son mal de tête est potentiellement problématique, rétorqua le médecin. »

« Monsieur le fastidieux Armémon du Lac, consul de Darnar, vous fait savoir qu’il se rend fastidieusement à la salle Cérémonie pour assister à l’arrivée fastidieuse du roi. »

Lecture commune avec Hugo réalisée en avril/mai 2021 – Gallimard Jeunesse, 7,10€

2 réflexions au sujet de « Le premier défi de Mathieu Hidalf, de Christophe Mauri (Gallimard Jeunesse, 2011) »

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