L’incroyable histoire du coq qui ne voulait pas fermer son bec, de Thomas Gerbeaux et Pauline Kerleroux (La Joie de Lire, 2021)

Illustration de fond: extrait de La ferme des animaux, de George Orwell, illustré par Quentin Gréban (Mijade, 2021)

Si vous ne connaissez pas le coq Maurice, c’est qu’il serait grand temps de vous plonger dans Les incocks ou Salut les coco ! Artiste très en verve de bon matin, star des basse-cours, grand sensible et porte-parole des gallinacés opprimés, voilà qu’il est attaqué en justice. Qui souhaite si ardemment lui clouer le bec – et surtout, pourquoi ? Forte de sa nouvelle vocation de journaliste, Jeanne mène l’enquête en marge du procès et entend bien faire la lumière sur cette sombre affaire…

« – Vous avez pensé à chanter moins fort ? Ou moins tôt ?
– Pourquoi pas en playback pendant que vous y êtes ? Un coq doit chanter comme un coq. »

Thomas Gerbeaux sait à merveille s’inspirer de faits divers pas si anecdotiques pour inventer des histoires pleines d’humour et de sagesse que Pauline Kerleroux met en couleurs. Le registre est résolument farfelu : les petites filles conversent avec les animaux, les volatiles aiment le rock et l’on ne s’étonne plus que les humains s’appellent Petitchat ou Cabillaud. Les sujets n’en sont pas moins essentiels : liberté et justice, campagnes d’opinion à grand renfort de fake news et de stéréotypes, importance du travail journalistique dans ce contexte, maltraitance animale. Passionnés par le sort de Maurice, mes moussaillons ont été très intéressés de découvrir au passage comment se déroule un procès – du tirage au sort des jurés aux plaidoiries et au jugement. Comme vous l’imaginez, ils ont été également sensibles aux valeurs de respect des animaux qui traversent les romans de ce duo comme un fil rouge : le tube Coco ciao est même en passe de devenir l’hymne familial ! Mais surtout, ils ont ri des jeux de mots, des dialogues et des clins d’œil à chaque page.

Un très bon moment de lecture, donc, même s’il n’a pas égalé le coup de cœur ressenti pour L’incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace dont le format plus ramassé m’avait semblé plus percutant et le choix des couleurs plus séduisant. La barre était placée très haut ! Si, par chance, l’auteur et l’illustratrice ont envie de prolonger cette série, nous prendrons le premier billet pour L’île aux Moutons : force est de constater que l’on s’y trouve… comme un coq en pâte.

PS: Me croirez-vous si je vous raconte que dans la lecture à voix haute entamée dans la foulée de celle-ci, l’un des personnages (tout ce qu’il y a de plus humain) s’appelle… Maurice Lecoq ? Devinerez-vous de quel livre il s’agit ?

Lu à voix haute en octobre 2021 – La Joie de Lire, 11,90€

2 commentaires sur “L’incroyable histoire du coq qui ne voulait pas fermer son bec, de Thomas Gerbeaux et Pauline Kerleroux (La Joie de Lire, 2021)

Ajouter un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :