Girl. Boy. Sea, de Chris Vick (Sephyr, 2019)

Suite du voyage littéraire de l’été aujourd’hui avec un roman jeunesse anglais qui nous entraîne au large des côtes marocaines. Cette couverture splendide ne vous dit rien ? Ce n’est pas surprenant, Girl. Boy. Sea n’a pas encore été traduit en français. J’espère de tout cœur que son succès outre-manche attirera l’attention des éditeurs et que ce joli roman trouvera bientôt sa place dans les rayons de nos librairies. En attendant, les polyglottes pourront le découvrir en anglais ou en allemand.

Bill a réchappé de justesse au naufrage de son voilier, le voilà seul en pleine mer. Seul ? Pas complètement, Aya s’est elle aussi miraculeusement maintenue à flot. Les voilà perdus, deux inconnus de cultures complètement différentes sur un minuscule canot, pris en étau entre un soleil de plomb et un océan peuplé de prédateurs. Ont-ils la moindre chance d’échapper à la mort ?

Cette histoire est terriblement palpitante : la question de la survie des deux protagonistes place tout ce roman sous haute tension. Tout – tout ! – semble possible et nous avons retenu notre souffle lors de plusieurs scènes terrifiantes. Mais il ne s’agit pas que de cela. Nouée comme une robinsonnade, l’intrigue surprend par plusieurs rebondissements inattendus, gagne en profondeur, en intensité aussi. Notamment grâce à des personnages aussi lumineux que mystérieux dont les relations évoluent de façon captivante. Le roman explore plusieurs dilemmes moraux liés au retour à l’état de nature : a-t-on d’autre choix, en pareille situation, que de partager le peu de ressources disponibles et de s’entraider entre inconnus ? Jusqu’où est-on prêt à aller pour survivre ?

Très riche, le roman montre la beauté et la dureté de la nature, la perte de repères qui brouille toute notion de « normalité », le réconfort des mots et des histoires, n’hésitant pas à mêler une aventure on ne peut plus contemporaine et un soupçon de fable. Et puis il y a le magnifique twist final !

La puissance d’un ouragan, la profondeur d’un océan, l’un de ces romans que l’on referme avec l’impression d’avoir été très loin. Avis aux éditeurs !

Lu à voix haute en juillet 2022 – Édition allemande chez Beltz Verlag, 15€

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