Anne de Redmond, de Lucy Maud Montgomery (Monsieur Toussaint Louverture, 2021)

« Tu es la première fille d’Avonlea à aller à l’université et tu sais bien que les pionniers sont toujours accusés d’être des fous et des rêveurs. »

Anne tourne une page en quittant son village adoré pour étudier à Redmont. Ainsi déracinée, c’est un vrai défi de trouver l’assurance nécessaire face à ceux qui estiment qu’une jeune femme devrait avant tout se marier ou que la perspective d’aller à l’université rend Anne suffisante. Et pourtant, nous lecteurs ne doutons pas un instant du destin extraordinaire auquel elle est promise ! Redmont assouvit non seulement sa soif d’apprentissages, mais lui promet de nouvelles rencontres et l’occasion de goûter aux joies de la colocation et de la vie étudiante.

Si Hugo a immédiatement eu envie de se plonger dans ce nouveau tome de la série, il a été moins intéressé que par les deux précédents. Peut-être parce que la protagoniste entre dans un âge et dans des préoccupations qui ne sont plus les siens, peut-être aussi parce que ce tome est plus lisse. On est, forcément, curieux de savoir ce que deviendront les ambitions littéraires, professionnelles et romantiques d’Anne. Mais ces pages vivent moins de l’intrigue que des joyeux bavardages et des péripéties que le quotidien réserve aux étudiants de Redmont comme aux habitants d’Avonlea – dont nous avons des nouvelles grâce au courrier et aux vacances qu’Anne passe à Green Gables.

« J’imagine qu’il a poussé à partir d’une graine tombée là par hasard, il y a des années, dit Anne rêveusement. Comme il a grandi et s’est épanoui et a tenu bon, seul ici, entouré d’étrangers, ce courageux petit arbre ! »

Quant à elle, Anne grandit, se laisse moins souvent aller à son imagination et prend conscience que la vie ne sera pas forcément telle qu’elle l’a toujours rêvée. Ce tome est baigné de la mélancolie d’une enfance révolue dont j’ai regretté, avec Anne, les passions et les bouillonnements qui nous avaient tant réjouis dans les tomes 1 et 2. Jusqu’au dernier tiers qui fait tourner les pages plus vite en plaçant le récit sous la tension d’une romance qui n’est pas celle qu’on attendait…

Un charmant moment de lecture, hors du temps et de la réalité. Rendez-vous en janvier 2022 pour découvrir comment Anne continuera à tracer son chemin vers l’âge adulte – puisque vous imaginez bien que si la jeune fille est confrontée à certaines réalités, elle n’est pas prête pour autant à abandonner ses idéaux !

Lu à voix haute en août 2021 – Monsieur Toussaint Louverture, traduction de Laure-Lyn Boisseau-Axmann, 16,50€.

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