La Passe-Miroir, livre 4 : La tempête des échos, de Christelle Dabos (Gallimard Jeunesse, 2019)

Après trois tomes épatants, ce dernier volet m’a malheureusement perdue dans la tourmente, égarée entre endroit et envers par les échos qui se multipliaient en tous sens, les rectos-versos en miroir, les inversions inverses et autres inventions paradoxales nées de l’imagination foisonnante de Christelle Dabos.

Reconnaissons que les révélations sont au rendez-vous : vous saurez tout sur Dieu, l’Autre, la Déchirure, la genèse des Arches et la nature des forces qui font voler le monde en éclats. La boucle est bouclée, y compris pour des personnages que l’on n’avait plus croisés depuis longtemps. Lumière est donc faite sur l’entièreté des questions qui nous avaient laissée en suspens tome après tome – un vrai tour de force compte tenu de l’ampleur et de l’ambition de ces intrigues entremêlées !

Et pourtant, l’enquête qui entraîne Ophélie dans les méandres de la mémoire d’Eulalie Dilleux et dans les couloirs du mystérieux Observatoires des déviations m’a semblé longue et laborieuse. Difficile de garder le fil face à l’éclatement de l’intrigue – pourquoi Babel est-elle soudainement prise d’une frénésie xénophobe ? Que fabriquent Archibald et ses compagnons à l’autre bout du monde ? – et surtout lors de longs développements ésotériques. J’ai désespérément essayé de m’accrocher, mais j’ai eu du mal à suivre les rebondissements intempestifs, à visualiser les scènes, à saisir les mécanismes : par exemple, quel est le sens des « inversions » qui semblent se traduire chez les uns par un renversement physique, chez d’autres par des traits androgynes ou encore par des maladresses de comportement ? Au final, j’ai perdu mes repères y compris sur les points les plus fondamentaux : quel était encore exactement le dessein poursuivi par Eulalie lors de la création des Arches ? Pourquoi déjà, au début de la série, Thorn s’y intéressait-il au point d’arranger son mariage autour de ces enjeux ? Quel était l’intérêt des Doyennes d’Anima dans l’affaire ?

Ainsi, ce tome conclusif me laisse sur l’impression qu’il aurait gagné à être franchement élagué : le dénouement sidérant de cette histoire n’en aurait été que plus percutant.

Cela dit, je ne regrette pas ce périple littéraire en compagnie d’Ophélie, si droite et farouchement attachée à la vérité, et de tous les autres qui m’ont marquée et transportée à travers cette dure époque épidémique !

Lu en juillet/août 2021 – Gallimard Jeunesse, 19,90€ (paraîtra en Poche chez Pôle Fictions le 7 octobre 2021)

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