Astra Saga, tome 1 : L’or des dieux, de Philippe Ogaki (Delcourt, 2021)

Le désastre du Ragnarök a beau avoir marqué profondément le paysage galactique, les espèces survivantes à cette extermination réciproque des Ases et des géants Jötun semblent avoir la mémoire bien courte. L’empire qui a prospéré sur le champ de mines est menacé de l’intérieur par une rébellion et, de l’extérieur, par un Ase rescapé du Ragnarök. La flotte impériale va avoir fort à faire pour maintenir l’ordre et la cohésion des provinces…

Ce premier tome pose les bases d’une intrigue ample, mais d’autant plus intéressante que plusieurs des camps semblent traversés par des clivages internes. L’histoire de Sey instille le doute : un ordre aristocratique et inégalitaire comme l’empire est-il préférable au chaos ? Quels sont les ressorts de la guerre qui se dessine ? Le personnage de Hlin nous a troublés également. Cette jeune aristocrate à l’intelligence exceptionnelle sera-t-elle celle qui sauvera l’empire ou le précipitera-t-elle au contraire vers sa destruction ?

Plongée directement dans le feu de l’action, je n’ai pas trouvé évident de prendre mes repères face aux aller-retours entre présent et passé, à la multitude de personnages, à la complexité de la trame et aux références à la mythologie nordique dans un space opera aux accents steampunk. Les choses se décantent heureusement et les tomes à venir finiront sans aucun doute de clarifier l’imbrication des différents fils narratifs. Je me suis rendu compte que j’aurais été grandement aidée si j’avais lu d’abord la quatrième de couverture qui n’est pas seulement un avant-goût de l’intrigue, mais une courte introduction à l’univers. Mes moussaillons, qui aiment de plus en plus la SF et s’embarrassent moins que moi de ne pas tout saisir dès le début quitte à voir les choses se mettre en place chemin faisant, ont adoré.

Ils sont avant tout tombés sous le charme des illustrations à la précision quasi-photographique : la profusion de détails, la clarté et le dynamisme du trait représentent un vrai tour de force. La colorisation (qui a mobilisé une équipe de cinq personnes !) est très belle également. Ce travail graphique soigné fait la part belle aux batailles spectaculaires, mais aussi aux paysages, aux machines et aux visages.

Une série ambitieuse et originale qui a piqué notre curiosité : nous ne manquerons pas la suite.

Lu en décembre 2021 – Delcourt, 14,95€

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