Karlsson sur le toit (d’Astrid Lindgren, 1955)

Karlsson sur le toitPetit-Frère est le benjamin ordinaire d’une famille suédoise ordinaire habitant dans une rue ordinaire de Stockholm. Il éprouve les plaisirs et les frustrations d’un gamin de son âge : il adore jouer avec ses deux amis et se blottir dans les bras de sa maman ; il se sent parfois seul par rapport à son grand frère et à sa grande sœur qui sont plus proches en âge ; et, avant tout, il adorerait avoir un chien. Rien que de bien ordinaire, me direz-vous. Mais notre histoire commence lorsque Petit-Frère fait une rencontre absolument extraordinaire : celle de Karlsson, petit bonhomme à la langue bien pendue et sûr de lui, débordant d’idées et d’imagination, et doté d’une hélice lui permettant de voler et de rejoindre sa petite maison… sur le toit de l’immeuble ! L’existence ordinaire de Petit Frère prend alors un nouveau tour, rythmé d’aventures incroyables. À tel point que toute la famille doute : Karlsson existe-t-il vraiment, ou seulement dans l’imagination de Petit Frère ?

Nous avions déjà dévoré les trois tomes des aventures de Karlsson à l’automne 2016, quand les enfants n’avaient que 5 et 7 ans. Depuis, Karlsson était devenu une référence incontournable de notre univers littéraire familial, que les enfants ont fait lire à toute la famille et que nous évoquons très régulièrement avec beaucoup de plaisir. À l’époque, les garçons s’étaient beaucoup identifiés à Karlsson qui se permet beaucoup de comportements proscrits : il se laisse complètement aller au jeu, expérimente tout ce qui lui passe par la tête sans tabou, se vante et ment sans vergogne, s’empiffre de sucreries, ne partage pas ses bonbons mais aime à jouer les justiciers… ravissant les petits lecteurs qui aimeraient parfois pouvoir se conduire ainsi ! En relisant le roman quelques années plus tard, les garçons se sont plus identifiés à Petit-Frère et indignés du comportement égoïste de Karlsson. Mais restent intacts le plaisir du jeu, qu’Astrid Lindgren sait si bien restituer, et l’amusement que procurent les répliques cultes de Karlsson (« Du calme, pas de panique ! » ou « Tout ça c’est purement matériel » quand il a détruit quelque chose…).

Je ne le répéterai jamais assez : quel dommage qu’Astrid Lindgren ne soit pas plus lue en France ! Chacun de ses livres est une ode à l’enfance et au jeu qui donne un plaisir de lecture intense aux petits lecteurs et lectrices qui commencent à lire des romans. Ils sont des références incontournables en Europe du Nord, en Allemagne ou en Russie et d’après Wikipedia, ils se sont vendus à plus de 165 millions d’exemplaires dans le monde. Pourquoi si peu d’écho chez nous ? Peut-être le côté transgressif, voire subversif d’une Fifi Brindacier, d’un Kalle Blomqvist, d’une Ronja fille de brigand ou d’un Karlsson sur le toit vont ils trop à rebours des principes éducatifs plus stricts qui prévalent en France ? Pour ma part, je tiens énormément à l’idée de permettre à mes enfants, par la littérature, d’imaginer des expériences, de rêver des aventures qui restent hors de portée dans la réalité…

Par ici pour voir ce que je dis du tome 2 et du tome 3 de cette série !

Extraits :

« C’est seulement à ce moment-là que Petit-Frère se demanda comment il allait pouvoir monter sur le toit, lui qui ne savait pas voler.

– Du calme ! Pas de panique ! dit Karlsson. Tu grimperas sur mon dos et, hop !, on montera chez moi. Mais fais bien attention de ne pas mettre tes doigts dans mon hélice !

– Tu es sûr que tu auras la force de me porter ?

– On verra bien. J’espère que j’arriverai au moins à faire la moitié du chemin, malade et misérable que je suis. Mais j’aurai toujours la possibilité de te lâcher si je sens que je n’y arrive pas.

Petit-Frère trouvait l’idée d’être lâché à mi-chemin un peu inquiétante.

– Mais je suis sûr que ça va bien se passer, poursuivit Karlsson. À condition que mon moteur ne cale pas.

– Si tu cales, on tombe, fit remarquer Petit-Frère.-

Splash ! Tu as raison, mais tout ça c’est purement matériel, rétorqua Karlsson en faisant un geste nonchalant de la main. »

« Comme maman était fâchée avec Karlsson, il n’avait pas osé lui demander l’autorisation de l’inviter. Karlsson se mit à bouder comme jamais.

– Je ne joue plus si je ne suis pas invité, déclara-t-il. Moi aussi j’ai le droit de m’amuser !

– D’accord, je t’invite, se dépêcha de dire Petit-Frère.

Tant pis pour la réaction de sa mère. Organiser son anniversaire sans Karlsson n’était pas possible.

– Qu’est-ce qu’on va manger ? se renseigna Karlsson quand il avait fini de bouder.

– Un gâteau, bien sûr. Un gâteau avec huit bougies.

– Ah bon ? J’ai une proposition à te faire.

– Laquelle ?

– Demande à ta mère de te préparer plutôt huit gâteau avec une bougie ? »

 

Lu à haute voix en octobre 2016 et relu en mai 2019 – Le livre de Poche, 4,90€

2 réflexions au sujet de « Karlsson sur le toit (d’Astrid Lindgren, 1955) »

  1. Ping : Le meilleur Karlsson du monde, d’Astrid Lindgren (Livre de Poche, 1968 pour l’édition originale en suédois, 2008 pour la traduction française) | L'île aux trésors

  2. Ping : Le retour de Karlsson sur le toit (d’Astrid Lindgren, 1962 pour l’édition originale en suédois) | L'île aux trésors

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