Le prix commémoratif Astrid Lindgren, Goncourt de la littérature jeunesse

Inger Nilsson, interprète de Fifi Brindacier, et Astrid Lindgren. Source: WDR

On considère souvent qu’Astrid Lindgren, célébrissime autrice suédoise à l’origine notamment de la non-moins célèbre Fifi Brindacier, a contribué à l’autonomisation d’un genre littéraire destiné aux enfants. À tel point que lorsqu’un équivalent du prix Nobel de littérature a été créé pour mettre en lumière des œuvres adressées à la jeunesse, c’est son nom qui lui a été donné. Le prix commémoratif Astrid Lindgren, doté de 5 millions de couronnes suédoises (environ 550.000 euros), a été décerné pour la première fois en 2003. C’est alors Maurice Sendak, auteur-illustrateur notamment de l’album culte Max et les maximonstres, et Christine Nöstlinger, autrice autrichienne dont on connaît notamment Le môme en conserve, qui avaient été récompensés. Ce prix contribue à rendre visible, à l’international, la richesse inouïe de la littérature jeunesse, même si on peut regretter qu’il ne bénéficie pas, de loin, de la même attention que le Nobel. En cette semaine anniversaire du blog qui coïncide avec le salon du livre jeunesse de Montreuil, j’avais envie de parler de ce prix…

L’année dernière, pour la première fois, c’est un auteur français qui a reçu cette reconnaissance de taille : Jean-Claude Mourlevat, l’un des chouchous des moussaillons qui aiment le lire dans le registre de l’humour ou du roman animalier comme de la fantasy et de la dystopie (voir le billet que je lui ai consacré au moment de la remise de la récompense). Dans les années passées, le prix est allé à d’autres auteur.ice.s que nous aimons sur L’île aux trésors, comme Philip Pullman, Kitty Crowther ou Shaun Tan.

On peut toujours questionner les biais et les effets des prix littéraires. Cela dit, la création de Prix dédiés à la jeunesse contribue à légitimer ces littératures en célébrant, comme en littérature générale, des démarches d’auteur.ice.s assumées. Le prix Astrid Lindgren est essentiel de ce point de vue, au même titre, en France, que le prix Vendredi (le Goncourt ado), le Prix Sorcières décerné par des libraires et bibliothécaires ou les Pépites du salon du Salon du livre jeunesse (qui ont d’ailleurs été annoncées hier). Comme l’explique Sophie van der Linden à propos du prix Vendredi, p. 131 du guide Tout sur la littérature jeunesse : « C’est aussi un moyen de donner une perception du roman pour adolescents et de ses écrivains dégagée des impératifs de lecture, et de déployer un discours sur sa seule littérarité. »

Pépites 2021 du Salon du livre jeunesse de Montreuil. Source: Actualitte.com

Pour ma part, j’aime toujours parcourir la liste des auteur.ice.s nominés pour le prix. Je me suis rendu compte qu’un certain nombre comptent parmi nos chouchous et se sont déjà faits une place sur notre île. Parmi les auteurs français, c’est le cas de Béatrice Alemagna, Timothée de Fombelle, de Marie-Aude Murail, François Place, Claude Ponti ou encore François Roca. Mais on retrouve aussi des écrivains d’horizons plus lointains, comme Elizabeth Acevedo, Anne Brouillard, Thomas Lavachery, Jon Klassen, Jakob Wegelius, Quentin Blake, Anthony Browne ou Jason Reynolds. Leurs livres sont incroyablement divers, mais sont tous de ceux qu’on n’oublie jamais.

J’aime aussi et surtout lire la liste du prix Astrid Lindgren parce qu’elle permet de faire des découvertes venues du monde entier, même si tou.te.s ne sont pas traduit.e.s en français. Je regarde toujours du côté des auteurs germanophones que nous avons la chance de pouvoir lire en allemand- cette année notamment Kirsten Boie, Nikolaus Heidelbach et Andreas Steinhöfel pour l’Allemagne, Renate Welsh et Lisbeth Zwerger pour l’Autriche. J’ai également noté des noms d’auteur.ice.s que j’avais déjà envie de découvrir, comme Frances Hardinge, Malorie Blakman, Roddy Doyle ou Kate Dicamillo.

Et évidemment, on fait dans la liste des trouvailles venues d’autres pays européens et plus lointains. En regardant un peu les publications traduites, j’ai eu envie de découvrir des tas de titres relevant de registres divers et variés ! Si vous insistez, je vous dirai que j’aurais très envie de lire en famille : Le mystère des dragons disparus, de LIang Xiong (Chine), La propriété de Rutu Modan (Isräel), L’été de Garmann de Stian Hole (Norvège), Tête de mule de Øyvind Torseter (idem), Le journal de Blumka d’Iwona Chmielewska (Pologne), L’appartement d’Alexandra Litvina (Russie), Des chiens et des frites de Pija Lindenbaum (Suède) et Ma mère est un gorille (et alors ?) de Frida Nilsson (idem).

Bref, on aurait tort de s’arrêter aux livres primés mais les Prix comme celui-ci sont tout de même une chouette manière de dénicher des pépites !

PS: Si vous avez envie de découvrir les livres d’Astrid Lindgren, n’hésitez pas à regarder du côté de Ronya, fille de brigand, Karlsson sur le toit, L’as des détectives ou Rasmus et le vagabond.

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