ABC, d’Antonio Da Silva (Le Rouergue, 2020)

Bamako-Lyon, c’est une sacrée page que tourne Jomo, seize ans et 1m92 de volonté, de courage et d’énergie. Et un talent inné pour le basket. Fera-t-il le poids, loin de ses proches et de son quartier, dans ce monde ultra-compétitif du sport professionnel ? Cette histoire d’exil et de sport de haut-niveau nous a très vite happés. Mais bientôt, nous avons découvert que le principal défi n’était pas là : il est aussi (et surtout) temps pour Jomo d’apprivoiser enfin cet alphabet face auquel il est si vulnérable. Un apprentissage ponctué de ces rencontres extraordinaires qui vous ouvrent des mondes…

Convaincus de nous plonger dans une histoire « de basket », nous avons été pris de court – même si le titre aurait pu nous mettre la puce à l’oreille ! Nous n’en avons pas moins été sensibles à la gentillesse qui fleurit dans le microcosme de la MJC, à la fragilité terrible de celui qui n’a pas appris à lire (une forte prise de conscience pour Hugo), à la rencontre magnifique que l’amour des mots cimente sous nos yeux. Tout cela est porté par la plume imagée d’Antonio Da Silva qui insuffle à ce texte une mélancolie particulière, une sensibilité à fleur de peau caractéristique des séquences de vie décisives.

La vie est parfois terrible, nos rêves plus grands que nous (même quand on mesure 1,92m), le roman n’en euphémise rien. J’ai trouvé qu’il montrait délicatement comment, même face à une épreuve terrassante, l’entraide et les projets qui donnent du sens à la vie permettent d’avancer. Hugo a été très (trop) touché par cette lecture et en a conclu qu’il aurait préféré que « ça parle plus de basket ». Sans doute était-il jeune pour un roman qui s’adresse aux ados.

Attachant, Bouleversant, Captivant.

PS : Et je ne vous ai même pas expliqué le rôle de premier plan du Portugal dans cette affaire… Et tant que j’y suis, j’aurais pu parler de Tony Parker, de la famille d’un républicain espagnol, d’une militante syndicaliste tunisienne, et de bien d’autres encore. Mais vous verrez !

Extraits

« Entre les deux aéroports, j’avais mué, mon ancienne vie était tombée quelque part entre le Maroc et la mer Méditerranée. »

« C’était la première fois que j’entrais dans une classe où les élèves étaient aussi vieux que la prof.

Et exclusivement des femmes.

Sur le coup, ça m’a surpris, plus tard, j’ai compris qu’elles avaient plus de courage que n’importe quel homme. Car il faut de la volonté pour s’asseoir à une table et accepter qu’on vous aide pour quelque chose d’aussi banal qu’écrire son nom. »

« J’ai écouté, émerveillé, l’histoire de ce renard qui voulait être apprivoisé par un petit garçon venu des étoiles. Personne ne m’avait jamais lu quelque chose d’aussi beau. »

Lu à voix haute en avril 2021 – Le Rouergue, 12,80€

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :