Rascal, de Sterling North, illustré par Isabelle Simler (L’école des loisirs, 2020 pour cette édition en français)

Les lecteurs de ce blog connaissent notre penchant pour les livres qui donnent le premier rôle aux bêtes de tout poil : chat, chien, lapin, coq, mouton, souris ou même scarabée, tout ce petit monde est le bienvenu sur L’île aux trésors. Mais alors un raton-laveur, on n’avait jamais fait.

Et pourtant en rencontrant Rascal, on se demande bien pourquoi ces ingénieuses bestioles sont tellement sous-représentées en littérature. Voilà une boule de fourrure pleine de curiosité et de vivacité – il n’y a bien que les voisins les plus obtus et jaloux de leur maïs pour ne pas en apprécier le charme ! Adopté par le jeune Sterling, Rascal intègre sa famille iconoclaste qui compte un père accaparé par ses recherches, une corneille, quelques mouffettes, des marmottes et un canoë en construction. Mais ce petit monde sauvage est-il fait pour cohabiter ainsi avec des humains ?

Il y a dans leur existence un vent de liberté et d’aventure qui a quelque chose des romans de Mark Twain. Cette escapade au cœur du Wisconsin le plus sauvage fait rêver, rend nostalgique d’une époque où l’enfance pouvait être synonyme de journées entières passées dans la nature. La forme lente et méditative du récit peut toutefois décontenancer, surtout celles et ceux qui ne seraient que moyennement fascinés par la pêche et les longues descriptions de paysages. Cela ne nous a pas empêchés de savourer les délicieuses anecdotes qui ponctuent le récit, comme les déboires de Poe la corneille avec les méthodistes du presbytère voisin. Et de nous laisser gagner par la tendresse et le respect avec lesquels Sterling évoque ses animaux.

Un grand bol d’air et une charmante découverte !

L’avis de Linda

Extrait

« Wowser était le chien, exceptionnellement intelligent et raisonnable, qui gardait notre maison, les pelouses et les jardins, et tous mes animaux. Mais son gabarit – quatre-vingt-cinq kilos de grâce et d’élégance – lui permettaient de n’avoir recours que très rarement à la violence. Il pouvait mettre n’importe quel chien sur le carreau comme un fox-terrier ferait d’un rat. Wowser n’attaquait jamais. Sous les provocations et les insultes, il finissait simplement par tourner sa tête aux grands yeux las et tristes vers l’agresseur, et, plus chagriné que fâché, le saisissait par la peau du cou et le balançait dans le caniveau. »

Lu à voix haute en février/mars 2022 – L’école des loisirs, traduction de Michèle Poslaniec, 7,80€

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