L’heure des oiseaux, de Maud Simonnot (Éditions de l’Observatoire, 2022)

« C’est son heure préférée, celle où la forêt devenue bleue renaît. Cette heure merveilleuse, suspendue avant l’aube, où tous les chagrins s’effacent, où tous les espoirs semblent permis. L’heure aux oiseaux. »

La plume cristalline de Maud Simonnot m’avait laissée sous le charme à la lecture de L’Enfant céleste même si ce roman au rythme lent ne correspond pas au type de textes qui m’attirent d’habitude. C’est donc avec curiosité que j’ai découvert que L’heure des oiseaux développait une « enquête » : j’étais particulièrement avide de voir se rencontrer la tension narrative que l’on pouvait attendre de ce nouveau registre et l’écriture poétique de l’autrice. Je me suis lancée dans la lecture sans même avoir lu la quatrième de couverture.

Ce nouveau roman s’inspire d’un scandale sordide révélé dans les années 2000 quant aux sévices infligés durant plusieurs décennies aux pensionnaires d’un orphelinat de l’île de Jersey. Deux fils narratifs s’imbriquent pour ne progressivement faire qu’un.

D’une part, l’histoire ancienne de Lily, enfant solaire qui cherche la force de résister aux épreuves subies à l’orphelinat dans la beauté de la nature environnante, dans son imaginaire et dans son amour pour un petit garçon.

D’autre part, la quête contemporaine d’une jeune ornithologue qui tente de faire la lumière sur le passé de son père. Cette investigation n’est pas de celles qui mettent sous tension un récit. La chape de silence maintenue par les îliens ne l’empêche étrangement pas de se dérouler de façon linéaire et on comprend vite où cela va nous mener.

Il s’agit donc plutôt de dénoncer la violence inconcevable dont certains humains sont capables et la lâcheté et le cynisme qui ont entravé la protection des enfants et l’enquête sur l’affaire de l’orphelinat de Jersey. Cette noirceur est soulignée à chaque page par le contraste avec la beauté paradisiaque de l’île, sublimée par les mots de l’autrice. Le fil conducteur des oiseaux nourrit une exploration subtile des traces imprimées à la fois sur les lieux et dans les existences individuelles, de la vulnérabilité et la lumière de l’enfance.

Une lecture en demi-teinte en raison de la simplicité de l’intrigue, malgré une plume toujours très belle et un propos poignant.

Lu en janvier 2023 – Éditions de l’Observatoire, 17€

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