Les Facétieuses, de Clémentine Beauvais (Sarbacane, 2022)

Laissez tomber Marx, Bourdieu et Piketty et jetez-vous plutôt sur le dernier Clémentine Beauvais : un ouvrage édifiant qui fait ENFIN la lumière sur des rouages insoupçonnés de la reproduction des inégalités !

C’est un concours de circonstances improbable qui met l’autrice sur la piste de ce qui restera sans nul doute dans les annales comme L’AFFAIRE DES MARRAINES LA BONNE FÉE : alors qu’elle traverse une mauvaise passe, voilà qu’on lui commande un texte sur le destin tragique de Louis XVII (vous savez bien, l’infortuné fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette). Clémentine trouve bien l’idée un peu morbide, mais elle a besoin d’argent et se laisse surtout bientôt interpeller par la question dont vous conviendrez qu’elle s’impose : comment la marraine la bonne fée du jeune prince a-t-elle pu l’abandonner à un sort aussi atroce ?

L’enquête conduit Clémentine de librairies confidentielles en placards secrets du château de Versailles, recoins parisiens et farouches bibliothèques. Vers des mondes insoupçonnés où frémissent la limonade à la rose et les plumes de paon, peuplés d’historiens féministes ou réactionnaires, de brocanteurs et même de gardes de la couronne britannique.

Se succèdent les péripéties mirifiques, truffées de quiproquos et de clins d’œil hilarants à
– l’Histoire (une affaire de pain et de brioche, ça vous rappelle quelque chose ?)
– aux contes (what else?)
– au monde de la recherche (savoureux noms d’éditeurs et titres imaginaires d’ouvrages universitaires, plus vrais que nature, foi de chercheuse !)
– et au milieu de la littérature jeunesse (il n’y a qu’un auteur pour avoir depuis l’âge de cinq ans l’idée d’écrire sur un jeune troubadour dans l’Estonie médiévale, non ?).

« Certes, on prétend parfois que la fantasy permet de parler du monde réel depuis l’extérieur, mais personnellement je préfère ne pas me compliquer la vie et rester bien tranquille à l’intérieur. »

Le brouillage des genres, l’irruption de la réalité dans la fiction (à moins que ce ne soit le contraire) instillent le doute. C’est complètement foisonnant et fantaisiste, mais d’une logique imparable : on brûle de connaître le fin mot de l’histoire. Ajoutez à cela une réjouissante dose d’autodérision, et vous obtiendrez un bouquin 100% queer et facétieux qui m’a passionnée et fait éclater de rire à chaque page ou presque. Un must-read !

De la même autrice : Les petites reines, Brexit Romance et Âge tendre.

Lu en septembre 2022 – Sarbacane, 17€

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